BOURG-D’HEM (le) (23) : cimetière

Visité en août 2019

C’est une personnalité de premier plan qui attend le taphophile au cimetière du Bourg d’Hem : l’historien Marc BLOCH (1886-1944). Avec son ami Lucien Febvre, il fonda en 1929 la revue des "Annales d’Histoire économique et sociale". Il exerça une influence décisive sur le renouvellement de la science historique en l’ouvrant aux méthodes des autres sciences sociales. Ses nombreux ouvrages ont jeté une lumière inédite sur l’histoire médiévale. Les plus connus sont Les Rois thaumaturges (1924) et surtout La société féodale (1939-1940).

Juif discriminé par une haute administration universitaire antisémite à partir de 1940, résistant de la première heure, Marc Bloch adhéra au mouvement "Combat" puis devint en 1943 membre de la direction régionale des Mouvements Unis de la Résistance. Arrêté le 8 mars 1943 et torturé par la Gestapo de Klaus Barbie, il fut fusillé non loin de Lyon. Jusqu’au bout, et dans des conditions éminemment difficiles, il poursuivit ses recherches.

Ses restes furent rapatriés dans ce cimetière, où il possédait une maison, en 1977. La dépouille de Simonne Vidal, son épouse, décédée sous un faux nom à l’hôpital de Lyon en 1944, n’a quant à elle jamais pu être identifiée. Cette photo de sa tombe est un scoop dans la mesure où elle ne figure pas ailleurs sur le net.

Un processus en vue de sa panthéonisation fut lancé en 2024 par Emmanuel Macron : la famille s’est opposée à une translation du corps, et ce sont donc deux cercueils cénotaphes qui entrèrent le 23 juin 1926 dans le caveau numéro 13 de la nécropole parisienne, parfois nommé "caveau Macron", où sont installés Missak Manouchian et ses camarades, Maurice Genevoix ou encore Joséphine Baker.

Les cénotaphes contiennent des médailles, le testament spirituel de Marc Bloch en 1941, des photos et des lettres de son épouse à ses enfants, un poème de Marc Bloch à son épouse et une page de son livre de référence Apologie pour l’histoire (publié de manière posthume en 1949). Des fougères sont également présentes, symbolisant la maison familiale creusoise du hameau des Fougères acquise en 1930 par le couple Bloch.

Dans un coin du cimetière se trouvent les tombeaux de la famille de La Celle de Châteauclos, famille aristocrate locale.

On remarquera également cette glaçante épitaphe.

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