La photographe Kate BARRY (1967-2013) était la fille du compositeur

britannique John Barry et de Jane Birkin. Elle fut en grande partie élevée par Serge Gainsbourg, puis à l’âge de treize ans par son beau-père, le cinéaste Jacques Doillon. Elle collabora à divers magazines et revues, et réalisa de nombreuses couvertures de disques. Plus effacée que ses demi-sœurs Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon, du moins sur la scène médiatique, elle mourut après avoir chuté de son appartement situé au 4e étage, rue Claude-Chahu à Paris 16e, sans que l’on puisse déterminer s’il s’agit d’un suicide ou d’un accident.

Elle repose sous une tombe simple mais constamment fleurie, décor changeant au rythme des saisons.

Photo de Charlotte Gainsbourg par Kate Barry.
Cette photo figure dans le clip de la chanson, posée sur un banc proche de la tombe.
Entre-nous s’immisce
L’éclat de l’empyrée [1]
Où pousse l’oxalis [2]
Nos cœurs restent scellés
 
En allant sur ta tombe
Sais’tu sur qui je tombe ?
Une certaine Miss Rathle
Pourquoi son nom me parle
De mystères et de drames
Sans savoir je fantasme
Un destin pourquoi pas
Qui se lierait a toi
 
Sa mère Marie-Camille
Repose a ses cotes
Elle survit a sa fille
Encore 38 années
D’elles deux je ne sais rien
Mais le dialogue muet
Face a ta pierre scellée
M’inspire d’affabuler

La tombe à gauche de celle de Kate Barry est effectivement une tombe familiale Rathle. Y reposent "miss" Christiane Rathle (1933-1967) et sa mère, Marie-Camille Angelidis (1911-2005). On ne trouve quasiment rien sur cette famille sur le net, sinon une mention d’une chanteuse de négrospirituals des années 60 du nom de Christiane Rathle (est-ce la même ?). On apprend néanmoins qu’elle mourut à Villejuif et qu’elle était la fille de Ibrahim Rathle (qui ne semble pas reposer ici). Un rapide coup d’œil sur Facebook permet d’y trouver une Christiane Rathle Ibrahim (Ibrahim est son nom d’épouse) vivant au Caire... Bref, on se permet de faire comme Charlotte et d’affabuler ! J’ignore si cette famille, qui a sans doute des descendants (la tombe est bien entretenue, et le dernier décès pas si lointain), sait que sa tombe familiale passe désormais à la postérité !

Entre-nous s’immisce

L’éclat de l’empyrée
Où pousse l’oxalis
Nos cœurs restent scellés
 
A ta droite ce visage
Proche de l’asphyxie
La tête dévissée
En mal d’insuffler
L’oxygène au trépas
Une fois le parc clos
Veille sur elle du haut
Des airs de l’au-delà
Une faible inclination
Je tourne les talons
Inaudible "salut"
Sait-on jamais si tu
M’entends a mon insu
Je chercherai ton ombre
Et parmi les vivants
Et parmi les décombres

Concernant la tombe de droite, c’est beaucoup plus simple : il s’agit de la tombe du sculpteur Robert JUVIN (1921-2005), qui se spécialisa dans le travail de la pierre et du béton ; connu pour ses reliefs muraux montés. Il fut en particulier l’auteur de l’une des seize sculptures en haut-relief du Mémorial de la France combattante du Fort Mont-Valérien. C’est l’une de ses œuvres, ce fameux "visage proche de l’asphyxie" qui orne sa tombe.

Entre-nous s’immisce
L’éclat de l’empyrée
Où pousse l’oxalis
Nos cœurs restent scellés
 
Take one is over
Bid adieu to you old sister
Under cover
Going sober
Over and out
Les trois sépultures, associées désormais par la musique.

Depuis 2023, cette tombe est également devenue celle de Jane Birkin.

[1Domaine céleste où selon la mythologie vivaient les dieux.

[2Variété de plantes herbacées.