Elle fut l’actrice, à plus de cinquante ans d’écart, de Hiroshima mon amour d’Alain Resnais (1959) et d’Amour de Michael Haneke (2012), qui lui valut un César et une nomination aux Oscars. Pendant cinquante ans, elle déploya son jeu dépouillé et sa voix modulée au théâtre, à la télévision, et au cinéma. Une génération se rappelle de son rôle marquant dans Kapò de Gillo Pontecorvo, ou l’agnostique éprise d’un homme d’église, interprété par Jean-Paul Belmondo, dans Léon Morin, prêtre de Jean-Pierre Melville. En 1962, elle fut couronnée à la Mostra de Venise pour son interprétation dans Thérèse Desqueyroux de Georges Franju.
Elle disparut ensuite progressivement des écrans, refusant de nombreux projets, mais exerçant son métier d’actrice au théâtre, en toute discrétion, auprès de metteurs en scène de renom : Jacques Lassalle, Roger Planchon ou encore Claude Régy.
Dans les années 1980, elle réapparut au cinéma. Elle tient en particulier un second rôle remarqué dans Trois Couleurs : Bleu de Krzysztof Kie ?lowski en 1993 où elle interprètait la mère de Juliette Binoche. Très active jusqu’au bout, elle porta au cinéma comme au théâtre de nouvelles écritures, comme celle de Marguerite Duras.
En 2014 elle décrochait encore le prix Beaumarchais de la meilleure comédienne pour la pièce de Marguerite Duras Savannah Bay, au Théâtre de l’Atelier.
Commentaires
Emmanuelle Riva interpréta également au cinéma la femme de Jacques Brel dans le film d’André Cayatte, les risques du métier en 1967.
Quinze jours avant sa disparition, Emmanuelle Riva répondait, sur France Inter, à Laure Adler, faisant preuve 53 minutes durant d’une étonnante fraîcheur pour quelqu’une de 90 ans que l’on savait malade. Pas une hésitation, débit sans marque de l’âge, intelligence du propos"¦ Et on apprend sa mort. Surprenant.
Enterrement entre chiens et loups, et personne de notable à la cérémonie, on s’interroge. Jusqu’à ce que quelques mois plus tard, dans une interview, Jean-Louis Trintignant, pas du genre langue de vipère pourtant, laisse entendre qu’il avait détesté tourner avec Emmanuelle Riva ! Elle avait était désagréable durant tout film ! Le sinistre et mortifère "Amour" de Haneke, film couvert de lauriers, notamment à Cannes. Il lui reprochait de rejeter la faute sur les autres lors de ses défaillances pendant des prises de vue"¦ Comme quoi, il y a parfois des raisons aux cortèges maigrichons suivant certains enterrements. Je vois souvent ici des gens s’émouvoir de pareilles scènes, signes d’abandon, mais souvent il y a des motifs à ça...
quelle jolie femme et aussi quelle jolie voix , une actrice fabuleuse un peu oubliée je trouve