ORSAY (91) : cimetière

Visité en mars 2012

Disposé en pente, avec en son centre le carré destiné aux tombes militaires, le très peu connu cimetière d’Orsay contient la dépouille de deux individus qui marquèrent chacun leur époque. Ils justifieront la visite dans ce cimetière qui n’offre sinon que peu d’intérêts pour le taphophile.


Curiosités


 Le monument aux morts est imposant et figure un soldat tenant couronne mais marchant d’un pas volontaire. Tout autour, en hémicycle, les tombes des soldats tombés se démarquent par leur inhabituelle ornementation.

 Dans un temple en gloriette figure une jolie première communiante en habit, représentée en priant.

 Sur une tombe, une sculpture assez massive représente deux jeunes gens dans... une auto-tamponneuse !


Célébrités : les incontournables...


 Jo ATTIA
 Jean-Louis TIXIER-VIGNANCOUR

On cherchera en vain dans ce cimetière la tombe du leader fasciste britannique Oswald MOSLEY (1896-1980). Mort à Orsay, ses cendres auraient été dispersées dans un étang de la ville, peut-être celui de la propriété qu’il habitait, le Temple de la Gloire.


... mais aussi


 Le mathématicien Gérard BLOCH (1920-1987), qui fut un des membres éminents de la Quatrième Internationale.

 L’architecte Eugène DUBREUIL (1782-1862) repose dans un tombeau composite qui mérite une description : il se remarque tout d’abord par l’imposante "chapelle Saint-Eugène" devant laquelle, outre la pierre tombale, se trouve un gros rocher sur lequel sont inscrits ses réalisations, ainsi qu’un tombeau bien plus ancien mais désormais illisible. Architecte du Roi, directeur des Bâtiments, Dubreuil participa, entre 1824 et 1848, à la réalisation de tous les grands chantiers royaux de la région : Palais et parc de Saint-Cloud, de Fontainebleau et de Meudon, manufacture de porcelaine de Sèvres, domaines du Vésinet...

 Le physicien Jean TEILLAC (1920-1994). Chercheur à l’Institut du Radium, il

passa sa thèse de doctorat en physique nucléaire sous la direction d’Irène Joliot-Curie. Successeur de Frédéric Joliot-Curie, il dirigea de 1958 à 1976 la section Physique-Chimie de l’Institut Curie et devint professeur à la faculté des sciences de Paris. Il fut parallèlement directeur de l’Institut du radium dès 1959, ainsi que de l’Institut de physique nucléaire d’Orsay de 1959 à 1970. En 1970, l’Institut du radium et la Fondation Curie fusionnèrent pour donner naissance à l’Institut Curie. Il fonda en 1971 l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules du CNRS, qu’il dirigea jusqu’en 1975. Il devint alors haut-commissaire à l’énergie atomique, CEA, de 1975 à 1993.

 Le peintre Jean-Louis VIARD (1917-2009), qui s’orienta également

vers la gravure et la tapisserie. Ancien prix de Rome de gravure, illustrateur d’ouvrages, il enseigna également le dessin dans un très grand nombre de structures.

 Le peintre paysagiste d’origine hongroise Ferenc SZIKSZAY (1871-1909), qui laissa de nombreux paysages maritimes bretons. Son identité est quasiment illisible sur sa tombe.

Post-scriptum

Merci àGérard Lepoint pour la photo Viard

Commentaires

25/09/2012 à 12:02

votre liste n’est pas exhaustive

MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes) 26/09/2012 à 18:44

@aux fins limiers :

J’ai ouï-dire que le chanteur et acteur Gérard RINALDI , décédé il y a quelques mois, serait inhumé en ce cimetière d’Orsay !

A vérifier !

A moins que ce ne soit une rumeur de "Charlots " en goguette !

Xavier 1er/08/2015 à 09:51

Bonjour,

En novembre 2010, la rédaction de Jazz Magazine a assisté à l’enterrement de la jazzwoman Mimi Perrin (1926-2010) dans ce cimetière.

Cordialement,
Xavier

Faller Jean 23/11/2015 à 09:20

Il y a également au cimetière d’Orsay la tombe de Louis Clément Faller, peintre paysagiste alsacien de l’école de Barbizon (cf Benezit). Il a également une rue à Orsay. Tombe "Famille Longuemare Faller"

Christophe 7/06/2025 à 15:57

Repose dans ce cimetière l’ancien acteur Patrick Claude Jeffries-Britten plus connu sous son pseudonyme de cinéma Patrick Auffay, né le 21 mars 1946 à Berlin mais qui grandit à Paris. il est connu pour avoir tourné enfant sous la direction de François Truffaut. Sa mère, l’historienne Arlette Cotton de Bennetot, après avoir été secrétaire du général de Gaulle dans la France libre, faisait alors partie des forces françaises d’occupation.

Sa carrière cinématographique se limite aux premiers films de François Truffaut et notamment dans le rôle de René Biget, l’ami d’Antoine Doinel. Il restera toutefois en contact avec Truffaut durant de longues années étant invités même parfois sur les plateaux de tournage.

il n’a que 13 ans lors du tournage des Quatre Cents Coups en 1959. Il obtint le rôle à la suite de la lecture d’un entrefilet de Carmen Tessier dans France-Soir, sa mère l’inscrit à un casting organisé par Philippe de Broca, alors assistant réalisateur. Initialement pressenti pour le rôle d’Antoine Doinel, c’est finalement Jean-Pierre Léaud qui sera choisi, Patrick jouera le copain d’Antoine Doinel, inspiré de Robert Lachenay, l’ami de Truffaut. Arlette Cotton de Bennetot décide que son fils adoptera un pseudonyme : Auffay, nom d’un village voisin de la commune de Bennetot en Normandie.

Le tournage se déroule pendant les vacances scolaires, en extérieur et sans autorisation administrative, ce qui amène les deux jeunes acteurs à être brièvement retenus par la police. De la prestation de Patrick Auffay à l’écran, on retient notamment sa complicité avec Jean-Pierre Léaud et la scène où René tente en vain de voir Antoine à la maison de correction.

Le succès du film impose à Patrick Auffay une célébrité qui entraine son renvoi du collège privé où il étudiait par crainte qu’il ne dissipe les autres élèves. Il voyage alors en Amérique du Nord pour soutenir le film aux festivals d’Acapulco et de New York où il noue des contacts avec le critique du Monde Jean de Baroncelli.

En 1962, François Truffaut lui demande d’incarner à nouveau René dans le sketch Antoine et Colette du film collectif L’Amour à vingt ans. Patrick Auffay bénéficie pendant le tournage du soutien de Suzanne Schiffman, à l’époque simple script, il est impressionné par l’ascendant de Marie-France Pisier qui pourtant débutait dans le cinéma.

Après 1962, il restera ainsi un « enfant oublié du cinéma  ». Arrêtant définitivement sa carrière cinématographique. Il restera toutefois en contact avec Truffaut car il l’invitera souvent sur ses tournages. Il s’était rapproché de l’association des Amis de François Truffaut et même s’il n’y fait pas carrière, le goût du cinéma ne le quittera jamais. C’est pourquoi Il conservera un temps des liens avec le monde du cinéma, notamment avec Henri Langlois qu’il rencontre à Istanbul à l’occasion d’un festival en 1970.

En redevant Patrick Jeffries-Britten, il reprend des études secondaires puis supérieures. Il étudie le droit, les langues orientales. Il obtient en 1971 un diplôme d’études supérieures de science politique sous la direction de Maurice Duverger, son mémoire est consacré au passage au multipartisme en Turquie, pays qu’il a découvert lors de son service national en coopération.

C’est un voyage à 18 ans qui sera à l’origine d’une autre de ses grandes passions, la Turquie. Il y passera deux ans comme coopérant entre 1970 et 1972, qui sera pour lui une seconde expérience marquante.

Puis ses études serony variées : Sciences Po Paris, la Faculté de droit du Panthéon et l’école des langues orientales. Il intègre ensuite le CNPF (MEDEF). La plus grande partie de sa vie professionnelle s’est ainsi déroulée au sein d’organisations patronales (syndicats de la métallurgie, de la plasturgie et de la presse) et particulièrement de leurs associations de formation.

Comme animateur, coordinateur ou directeur de centre de formation, il s’est spécialisé dans les problématiques de développement dans des structures et des milieux où marketing et vente sont des notions relativement nouvelles.

Il ouvre entre 1980 et 1999 trois centres de formation continue, technique et tertiaire à Paris-Romainville, Lyon-Vaulx-en-Velin et Strasbourg-Schiltigheim. Son rôle va de la recherche de locaux à l’aménagement, le recrutement, le démarrage et le développement.

A partir des années 2000, il œuvre au sein d’ITG, le leader du Portage salarial. Il monte des projets pilotes avec l’ASSEDIC de l’ouest francilien, Pôle Emploi, le pôle Leonard de Vinci et un opérateur privé. Il accompagne ainsi quelques centaines de cadres dans leur retour à l’activité ; il a aussi animé des stages de formation pour la grande distribution (FNAC, Conforama), et des stages de préparation à la retraite pour les salariés d’un grand groupe.

Installé en Vallée de Chevreuse à la fin des années 2000 à Orsay, il mettra son énergie au service d’une association locale. Son engagement lui vaut de recevoir la médaille de la Ville d’Orsay en janvier 2023 Il épouse Christelle Pons, le 28 novembre 2009.
Il meurt à l’âge de 78 ans le 24 aout 2024, Son Inhumation s’est déroulée le vendredi 30 août 2024 à 11H30 au cimetière d’Orsay Il s’était confié entre 2019 et 2022 à Armand Hennon pour son ouvrage paru en septembre 2024 aux éditions LettTotuf sous le titre "François Truffaut, la passion des secondes rôles".

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