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TRINTIGNANT Jean-Louis (1930-2022)
Acteur reconnaissable à sa voix grave, douce et envoûtante, il s’est imposé comme une figure légendaire du cinéma européen à travers une carrière étalée sur plus de six décennies. Personnalité complexe et discrète, il excellait dans l’art de jouer des rôles ambigus, tour à tour séducteur timide, cynique ou profondément tourmenté. Après avoir crevé l’écran en 1956 aux côtés de Brigitte Bardot dans le film Et Dieu… créa la femme réalisé par Roger Vadim, il accéda au rang de star mondiale grâce à Un homme et une femme de Claude Lelouch, récompensé par la Palme d’or et l’Oscar du meilleur film étranger. En 1969, sa performance magistrale de juge d’instruction intègre dans le thriller politique Z de Costa-Gavras lui valut le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. Après s’être fait plus rare, il effectua un retour bouleversant en 2012 dans Amour de Michael Haneke, où sa prestation, face à Emmanuelle Riva, lui permit de remporter le César du meilleur acteur en 2013.
Au-delà des plateaux de tournage, Jean-Louis Trintignant nourrissait deux grandes passions dévorantes :
• La course automobile : neveu du célèbre pilote Maurice Trintignant, il a lui-même couru à haut niveau, participant notamment plusieurs fois aux célèbres courses des 24 Heures du Mans.
• La poésie : passionné par les textes de Jacques Prévert, Guillaume Apollinaire ou encore Louis Aragon, il a consacré une grande partie de sa fin de vie à monter sur scène pour de vibrants récitals poétiques.
Avec la réalisatrice Nadine Trintignant, il eut trois enfants, dont l’actrice Marie Trintignant, avec qui il partageait une complicité fusionnelle sur scène et dans la vie ; et dont la mort tragique en 2003, sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat, le laissa à jamais brisé.
Dans le caveau de famille, il repose avec ses parents (son père Raoul fut maire de Pont-Saint-Esprit), son frère Fernand Pierre (1928-1974), et Philippe (1953-2025), dont j’ignore le lien de parenté.
Deux oncles de Jean-Louis avaient été coureurs automobile : Louis (1903-1933), mort accidentellement, qui repose dans ce même cimetière mais dans une autre tombe, et Maurice (1917-2005), qui reposerait au cimetière de Sainte-Cécile-les-Vignes (84) où je n’ai pas trouvé le tombeau.
Post-scriptum
Merci à Philippe Broyard pour les photos.