67 - BAS-RHIN
STRASBOURG (67) : cimetière nord
Cimetière non traité de manière exhaustive
C’est en 1914 qu’est adoptée la création du Cimetière Nord. Les premiers travaux sont exécutés entre 1914 et 1916 et la première inhumation est faite le 20 novembre 1917, d’après le registre du cimetière. C’est le plus grand cimetière de Strasbourg, il s’étend sur 18 hectares. Conçu comme un vaste jardin à la française avec en son centre une grande pièce d’eau, ses bâtiments ont été réalisés par Fritz Beblo en 1917. Le bassin s’est formé lors de l’extraction du sable et du gravier pour la construction et a été intégré ensuite à l’organisation générale de l’espace funéraire.
Une des particularités de ce lieu réside dans les nombreuses niches ménagées dans le mur de clôture pour recevoir les urnes contenant les cendres des défunts, à une période où la crémation était encore relativement peu répandue.
Y reposent :
– Le médecin Pierre BUCHER (1869-1921), directeur de revue alsacien connu comme un ardent défenseur
de l’appartenance de l’Alsace à la France pendant la période allemande. Membre du cercle de Saint-Léonard, il défendit et promu la francité de l’Alsace notamment par sa direction de la Revue alsacienne illustrée et ces implications dans plusieurs cercles et associations francophiles alsaciennes. Il fut le principal fondateur du Musée alsacien de Strasbourg.
– Paul DOPFF (1885-1965), qui fut architecte en chef de la ville de Strasbourg de 1920 à 1940, puis
Directeur général des Travaux municipaux après 1945.
– Robert FORRER (1866-1947) : archéologue, antiquaire, écrivain et graphiste d’origine suisse, établi à
Strasbourg à partir de 1887, il devint en quelques années une personnalité de premier plan de la vie culturelle et intellectuelle alsacienne. Membre du Kunschthafe, il prit notamment une part active à la création de la Revue alsacienne illustrée et à celle du Musée alsacien, et fut longtemps le conservateur bénévole du Musée préhistorique et gallo-romain, futur Musée archéologique de Strasbourg. Passionné par le Moyen Âge, il constitua d’importantes collections personnelles liées à cette période.
– Le conservateur de musée Hans HAUG (1890-1965) : directeur des musées de Strasbourg de 1944 à
1965, il a occupé une place de premier rang dans la vie culturelle et artistique de Strasbourg. Il a enrichi de nombreuses œuvres françaises le musée des Beaux-Arts et a créé le musée de l’Œuvre Notre-Dame. Il a organisé de nombreuses expositions et fut également dessinateur. Historien d’art, il a rédigé de nombreuses publications, centrées en particulier sur l’architecture et les arts céramiques. Avec lui repose son épouse, Geneviève LEVALLET (1892-1984), historienne d’art spécialiste du XVIIIe siècle. Sa stèle funéraire, en grès rose, reproduit une sculpture du XVe siècle, conservée au Musée de l’Œuvre Notre-Dame, et rappelle son attachement à ce musée. La sculpture représente un pissenlit à tous les stades de son existence, du bouton à la floraison, avec une inscription ”O Mensch zart, bedenck der Blumen Art” (ô homme fragile, songe au destin des fleurs).
– Le peintre Jacques PAJAK (1930-1965) : initié très tôt à la peinture auprès de son père d’origine
polonaise, il explora de nombreux médiums : peinture, dessin, gravure, céramique, collage, mais aussi écriture, architecture, opéra et cinéma. Formé aux Arts décoratifs de Strasbourg puis à l’Institut des hautes études cinématographiques de Paris, Pajak se distingua dès les années 1950 par ses recherches liées à l’abstraction lyrique. Une décennie plus tard, il développe un style figuratif à forte dimension expressionniste, où visages et corps, souvent grimaçants et tourmentés, font écho aux drames politiques et sociaux de son époque, notamment à la guerre d’Algérie. Il mourut dans un accident de voiture.
– Le Compagnon de la Libération Alfred REILINGER (1900-1968) : engagé dans l’armée, il
mena une carrière de médecin militaire. Après l’armistice de 1940, il se rallia aux FFL après être parvenu en Égypte. Il participa à la campagne de Syrie, puis reçut pour mission de réorganiser le service de santé des troupes du Levant. Il prit part à la campagne de Tunisie en tant que chef du service de santé de la 1re division française libre. En août 1944, il débarqua en France et fut chargé de réorganiser les services régionaux de santé publique au fur et à mesure de la libération du territoire. Il fut fait Compagnon de la Libération.
– Auguste SARTORY (1881-1950) : microbiologiste et universitaire français, il fut professeur à la faculté de pharmacie de Paris et doyen de la faculté de pharmacie de Strasbourg. La plupart de ses travaux ont porté sur la cryptogamie et la microbiologie. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques. Sa concession échue, ses restes furent menés à l’ossuaire n°1, mais une plaque dans le cimetière rappelle sa présence.
– Le musicologue André TUBEUF (1930-2021) : écrivain, philosophe et critique musical, il
collabora principalement au magazine Le Point, mais aussi à l’Avant Scène Opéra, Harmonie et Lyrica, puis Diapason enfin Classica, à quoi s’ajoutèrent d’innombrables conférences et autant d’émissions radiophoniques. Il a écrit un Dictionnaire amoureux de la musique, paru chez Plon.
Post-scriptum
Merci à Nicolas Badin pour les photos.
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