Autrice de bande dessinée, peintre et réalisatrice franco-iranienne, mondialement reconnue pour son chef-d’œuvre autobiographique Persepolis. Figure majeure du combat pour la liberté et opposante farouche au régime théocratique iranien, elle grandit à Téhéran au sein d’une famille d’intellectuels très progressistes. Témoin de la chute du Chah puis de la révolution islamique de 1979, elle subit très jeune la restriction des libertés et la guerre Iran-Irak.

Elle publia Persepolis entre 2000 et 2003, roman graphique en noir et blanc racontant son enfance et sa jeunesse face à la répression. Véritable phénomène mondial, l’œuvre s’est vendue à plus de 2 millions d’exemplaires. Elle signaégalement d’autres œuvres phares comme Broderies (2003) et Poulet aux prunes (2004). En 2007, elle co-réalisa l’adaptation cinématographique de Persepolis avec Vincent Paronnaud. Le film d’animation remporta le Prix du Jury au Festival de Cannes et fit d’elle la première femme nommée pour l’Oscar du meilleur film d’animation.

Profondément humaniste, elle utilisa sa notoriété mondiale pour porter la voix du peuple iranien opprimé, notamment lors du mouvement "Femme, Vie, Liberté" né en 2022, pour lequel elle coordonna un livre hommage. Son indépendance d’esprit se manifesta de manière éclatante lorsqu’elle refusa la Légion d’honneur en janvier 2025. Elle dénonça alors l’hypocrisie de la politique de visas de la France vis-à-vis des étudiants, dissidents et artistes iraniens.

Selon le communiqué officiel de ses proches, l’artiste n’a pas survécu au chagrin immense provoqué par la perte de son mari, le producteur et scénariste suédois Mattias RIPA, décédé le 8 avril 2025. Elle s’est éteinte un peu plus d’un an après lui, son entourage expliquant qu’elle était devenue « incapable de surmonter son absence » et que son cœur avait littéralement lâché face au poids de la solitude ». Ils reposent tous deux ensemble sous une pyramide à degrés. L’épitaphe (en français et en suédois) proclame : « Ce fut court mais ce fut riche, Si la réponse est l’amour, De la vie nous attendions l’éternité. Quelle déception. »


Retour vers le Père Lachaise