95 - VAL-D’OISE
SANNOIS (95) : cimetière
Les cimetières de Sannois (l’ancien et le nouveau ne sont séparés que par la rue de la Horionne) sont l’archétype de beaucoup de cimetières de banlieue : très minéral, peu arboré, de taille imposante du fait des extensions. Beaucoup de dalles sans grand intérêt, mais également quelques personnalités intéressantes.
L’ensemble étant pentu, le haut du cimetière ancien offre une vue sur l’agglomération qui porte loin. Face à la superficie, je n’ai pas eu le temps de faire une visite exhaustive du lieu : certaines tombes de personnalités m’ont donc échappées.
Il reste un cimetière humble : peu d’œuvres d’art.
Curiosités
– En mars 2014, une dizaine de tombes ont été englouties lorsque la terre s’est brutalement ouverte sur d’anciennes galeries souterraines des carrières de gypse.
Célébrités : les incontournables...
Aucune
... mais aussi
– Achille ARCHAMBAULT (1792-1852) : l’un des cochers préférés de Napoléon Ier grâce à son agilité. Il suivit ainsi les campagnes napoléoniennes et accompagna l’Empereur dans son exil à Elbe, dans l’aventure des Cent-Jours et durant la campagne de Belgique de 1815, puis fut sélectionné pour partir en exil avec Napoléon à Sainte-Hélène. Il fut naturellement sollicité pour se joindre, en 1840, à la l’expédition qui devait ramener les cendres de Napoléon en France. À son retour d’exil, il s’installa à Sannois.
– L’As de l’aviation de la Première Guerre mondiale Yves BARBAZA (1893-1971), crédité de cinq victoires aériennes homologuées.
– Marcel BARBU (1907-1984) : entrepreneur et réformateur social issu d’un milieu très modeste, il fonda à Valence en 1941 la communauté de travail Boimondau (boîtes de montres du Dauphiné), un modèle autogestionnaire novateur où la hiérarchie est repensée, les salaires égalitaires et l’épanouissement intellectuel des ouvriers favorisé. Il s’investit plus tard dans la création de logements sociaux et de coopératives pour améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière, en particulier à Sannois. Brièvement député de la Drôme en 1946, il se présenta comme candidat indépendant, qualifié de "candidat des chiens battus" après une intervention télévisée marquante, et obtint un peu plus de 1 % des suffrages face à Charles de Gaulle, qui le traitait d’« hurluberlu » et de « brave couillon ».
– Le peintre Henry Victor BURGY (1831-1901), principalement connu pour ses paysages sereins capturant la lumière du sud de la France ainsi que des châteaux historiques.
– La peintre Julie DELANCE-FEURGARD (1859-1892), élève de de Jean-Léon Gérôme, de Léon Bonnat
et de Paul Delance (qu’elle épousa), elle commença à exposer au Salon des artistes français dès 1880. Les femmes n’ayant pas encore accès à l’École des Beaux-Arts, elle s’inscrivit à l’Académie Julian qui elle leur était ouverte. Elle y côtoya Marie Bashkirtseff et Louise Catherine Breslau, laquelle peignit son portait dans le jardin de la maison de Sannois (Sous les pommiers).
–
Le peintre académique Victor GUÉTIN (1872-1916), ancien élève de Jules Lefebvre, Benjamin-Constant et Tony Robert-Fleury, qui obtint en 1898 un « deuxième second grand prix » au Prix de Rome, un « premier second grand prix » l’année suivante, puis le 1er grand Prix de Rome en 1902 avec son œuvre La résurrection de la fille de Jaïre.
– L’otorhinolaryngologiste Marcel LERMOYEZ (1858-1929), qui créa à Saint-Antoine (Paris) le premier
service hospitalier uniquement consacré à la pratique de l’otorhinolaryngologie. Il était membre de l’Académie nationale de médecine. Il donna son nom à un syndrome, caractérisé par des acouphènes et une perte d’audition avant une crise de vertige.
– L’enseigne de vaisseau Marc LI SEN LIÉ (1956-1985), qui pilotant un avion lors d’un exercice au large de
la Sicile percuta la mer et coula en 30 secondes. Son corps resta prisonnier de l’épave, mais sa mémoire est rappelée sur le caveau familial.
– MIETTE (Marie Caroline Isabelle Louis-Pontio : 1868-1917), chanteuse et compositrice de café-concert,
elle se produisait sur scène en s’accompagnant elle-même, principalement au banjo (son instrument de prédilection) ou à la guitare. En tant qu’autrice-compositrice, elle a créé et édité plusieurs chansons de l’époque, allant du répertoire humoristique ou grivois aux morceaux de genre typiques de son temps (comme la Chanson nègre ou La légende des petits toutous). Elle repose dans le caveau Germain.
– François MOREELS (1903-1980) : Coureur cycliste professionnel belge ayant participé à 4 éditions du Tour de France dans les années 1920 et 1930.
– L’architecte Georges MORIN-GOUSTIAUX (1859-1909), qui a notamment réalisé l’hôpital français de San
Francisco, le pavillon des États-Unis à l’Exposition universelle de 1900, le monument commémoratif du cimetière de Puebla au Mexique et les magasins généraux du quai d’Austerlitz à Paris, devenus désormais la Cité de la Mode et du Design.
– Louis de ROBERT (1871-1937) : écrivain et journaliste, il se lia très jeune d’amitié avec Pierre Loti (qui en fit son secrétaire particulier) puis avec Emile Zola, qu’il assista dans le combat dreyfusard. Il fut lauréat du prix Femina en 1911 pour Le Roman du malade. Il était un ami proche et correspondant de Marcel Proust.
– Jean-Arthur ROGUENANT (1854-1911) : ingénieur et essayiste, principalement connu pour ses liens avec les cercles littéraires de la Belle Époque et son ouvrage sociologique primé Patrons et ouvriers, ouvrage d’économie sociale analyse sur les relations de travail qui fut couronné en 1906 par un prix de l’Académie des Sciences morales et politiques. Il a côtoyé de nombreuses figures intellectuelles et littéraires de son époque, entretenant des correspondances notables avec l’écrivain Marcel Schwob, Jules Renard, Tristan Bernard ou Lucien Descaves.