91 - ESSONNE
SAINTE-GENEVIÈVE-DES-BOIS (91) : cimetière russe (cimetière de Liers)
Visité en avril 2010
L’étonnant cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois résulte d’un greffon surprenant, et finalement assez récent, entre une communauté de diaspora et un petit cimetière de banlieue. Pour comprendre son évolution, il est nécessaire de revenir à ses origines.
Le cimetière de Liers
En 1879 fut ouvert le nouveau cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois, dont le nom officiel est « cimetière de Liers » [1]. Il est extrêmement important de le rappeler dans la mesure où la plupart des gens l’ont oublié. Pire encore, certains sites et blogs aux relents douteux fustigent la présence de tombes « non orthodoxes » dans le cimetière russe, oubliant qu’à l’origine, il s’agit d’un cimetière communal comme les autres.
Malgré la présence écrasante de tombes orthodoxes, ce cimetière communal apparaît encore de part et d’autres des divisions russes. Dans la partie gauche, une petite division contient les sépultures les plus anciennes de la commune, tandis que les tombes les plus contemporaines occupent la partie droite. La confusion est renforcée du fait que certaines tombes orthodoxes occupent également la partie communale, même si elles le font de manière beaucoup moins dense.
C’est ainsi que parmi les sépultures anciennes du cimetière de Liers se trouve celle de Hippolyte COCHERIS (1829-1882), archiviste paléographe, conservateur de la bibliothèque Mazarine, qui fut Conseiller général de Seine et Oise et maire de Sainte Geneviève des Bois. Il laissa plusieurs ouvrages sur l’histoire de la Seine-et-Oise. Avec lui repose son épouse, la femme de lettres Pauline COCHERIS-WAGREZ (1828-1905), auteure d’ouvrages très différents allant de « L’Empire d’Allemagne » à « Pédagogie des travaux à l’aiguille ». Leur belle tombe se signale par un médaillon.
Du même ordre, dans la partie plus récente se trouve la tombe de la peintre Roberte CHEVALIER (1907-2000). Rattachée au courant postimpressionniste, son œuvre se caractérise principalement par des nus, des scènes animées de personnages féminins et des paysages urbains ou bucoliques. Sa tombe est ornée d’un petit médaillon en bronze.
L’arrivée des Russes
Le Cimetière Russe, le plus important de l’émigration Russe dans le monde, doit son existence à la présence d’une maison d’accueil créée en 1926 à l’initiative de la Princesse Mechtchersky. L’une de ses élèves, la jeune anglaise Miss Dorothy Paget, donna les capitaux nécessaires à l’achat d’une propriété à Ste Geneviève-des-Bois, destinée à l’hébergement des personnes âgées d’origine Russe qui avaient du fuir leur pays à la suite de la révolution bolchévique de 1917. De leur collaboration naquit "La Maison Russe" dans les bâtiments du château de la Cossonerie : le succès fut rapide en raison de l’afflux de nombreux émigrés russes au lendemain de la Révolution de 1917. En 1927, la première personne pensionnaire de la Maison russe fut inhumée dans le cimetière de Liers. C’est autour des tombes des pensionnaires de cette maison que ce forma peu à peu ce que l’on appelle aujourd’hui le "Cimetière Russe". Très vite on commença à y enterrer les personnes décédées soit dans la région parisienne, soit en province ; voire à l’étranger.
Ce cimetière n’est donc pas un « cimetière russe » stricto-sensu, c’est-à-dire une nécropole prévue dès l’origine à cet effet, mais un « cimetière communal à caractère fortement orthodoxe » en raison des aléas de l’histoire. La partie « russe » du lieu ne se distingue pas du cimetière communal et en fait partie administrativement.
Les patriarches de Russie Alexis II et Cyrille, ainsi que Vladimir Poutine, s’y sont rendus et ont fleuri plusieurs tombes. La fédération de Russie assurait depuis 2005 le paiement à la mairie de Sainte-Geneviève-des-Bois (dotation votée en deux fois par la Russie pour un total de plus d’un million d’euros) des concessions échues dont l’ayant-droit reste introuvable, afin d’éviter le déplacement des reliques dans un ossuaire et la revente de la concession comme le font toutes les municipalités. Mais depuis la guerre menée à l’Ukraine par la Russie depuis 2022, la mairie de Sainte-Geneviève-des-Bois refuse officiellement ces flux financiers. L’aménagement est à la russe (cadre pastoral, avec des abiétacées, des pins, et des grands bouleaux). Environ 15 000 Russes ou Français d’origine russe y sont inhumés dans 5 220 tombes. L’église orthodoxe de la Dormition fait partie intégrante de ce cadre typiquement russe
Sous les grands arbres, bouleaux, tilleuls, épicéas, pins c’est tout un livre d’Histoire qui se déroule, qui se déploie. Celle de la diaspora Russe qui se présente comme un fait unique dans l’histoire moderne non pas comme un "exode des Russes" mais exode de la Russie car la Russie "hors frontières" offrait la diversité d’un corps national complet. En réalité, toute l’élite de la Russie de la fin du XIXe siècle à la révolution bolchévique s’y trouve. C’est ainsi qu’au cours d’une longue visite l’on peut relever les noms de célébrités historiques du Monde Politique, Militaire, des Lettres, des Arts, sans compter celui de la Musique, du Ballet, du Théâtre, des Sciences Humaines, ainsi que le Monde Scientifique et Technique.
Pour ceux qui viennent de Russie le visiter, ce cimetière est un livre de leur histoire qu’ils découvrent avec d’autant plus d’émotion qu’il leur était jusqu’alors inconnu.
Le caractère paysager de ce lieu a permis en 1978, son inscription sur la liste des sites protégés du département de l’Essonne
curiosités
– Église orthodoxe Notre-Dame-de-l ’Assomption (église de la Dormition de la Mère de Dieu)
Église de style novgorodien (XVe siècle), elle fut construite en 1938-1939 selon les plans de l’architecte Albert Benois. L’intérieur est décoré de fresques réalisées par l’architecte et sa femme Marguerite (ils reposent tous les deux maintenant dans la crypte de l’église). L’église fut consacrée le 14 octobre 1939 par le Métropolite Euloge. L’église est blanche, surmontée d’un superbe bulbe bleu.
L’église et le cimetière sont inscris dans l’inventaire des Monuments historiques, et composent un ensemble unique en France.
– La crypte
La crypte est entièrement ornée de fresques murales réalisées par l’architecte Albert Benois et son épouse Margarita. Ayant gravement souffert d’infiltrations d’eau et de l’humidité au fil des décennies, la quarantaine de peintures de la crypte a fait l’objet d’un grand projet de sauvetage. La crypte entièrement restaurée a été solennellement bénie en décembre 2024. Elle est réservée à des personnalités cléricales et à des bienfaiteurs majeurs de la communauté.
Y reposent :
- Saint ALEXIS d’UGINE (Alexis Medvedkov : 1867-1934). Prêtre, il fut arrêté, emprisonné et torturé par la
Tchéka. Il arriva en France en 1930 pour prendre la tête de la paroisse orthodoxe Saint-Nicolas à Ugine (Savoie), une commune qui accueillait alors une importante communauté d’ouvriers russes. Il y mena une vie d’extrême pauvreté. Mort d’un cancer, il fut exhumé en 1956 lorsqu’on voulut déplacer sa tombe : les fossoyeurs découvrirent que son corps était parfaitement intact. Ses restes furent transférés une première fois dans ce cimetière, dans la crypte n°8. Canonisé en 2004, ses reliques reposent désormais au Monastère Notre-Dame-de-Toute-Protection à Bussy-en-Othe, dans l’Yonne.
- Le métropolite EULOGE (Vassili Gueorgievski : 1868-1946) : député à la deuxième Douma de l’Empire
russe en 1907, il devint archevêque des églises orthodoxes russes en Europe occidentale à partir de 1921 et fut une figure centrale de l’émigration russe en France après la Révolution de 1917. Il a notamment fondé l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris (crypte 2).
Tombeau du métropole Euloge et de l’archevêque Georges. - Le métropolite VLADIMIR (1873-1959). Issu d’une famille du clergé russe (son père, l’archiprêtre Michel
Tikhonitski, fut assassiné par les bolchéviques en 1918 et canonisé en 2003), il a dirigé l’Archevêché des églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale (attaché successivement au Patriarcat de Moscou, à l’Église hors-frontières, puis au Patriarcat œcuménique de Constantinople) de 1946 à 1959 (crypte 5).
- L’archevêque GEORGES (Georges Tarassov : 1893-1981) : ingénieur chimiste, aviateur militaire puis
ecclésiastique, qui dirigea l’archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale de 1960 jusqu’à sa mort en 1981 (crypte 2)
- L’archevêque GEORGES d’EUDOCIADE (Georges Wagner : 1930-1993). D’origine allemande et de
tradition initialement protestante, il se convertit à l’orthodoxie durant sa jeunesse, étudia et enseigna à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris, puis prit la tête de l’Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes russes en Europe occidentale de 1981 jusqu’à sa mort (crypte 6).
- L’archevêque SERGE (Serge Konovaloff : 1941-2003), qui dirigea l’Archevêché des Églises orthodoxes
russes en Europe occidentale (sous le statut d’Exarchat du Patriarcat œcuménique de Constantinople) de 1993 jusqu’à sa mort en 2003 (crypte 11).
- L’archevêque Gabriel de COMANE (Guido de Vylder : 1946-2013) qui dirigea l’Exarchat patriarcal pour les
paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale (sous la juridiction du Patriarcat œcuménique de Constantinople) en tant que primat de 2003 à 2013.
- IOANN (Jean Léontchoukoff : 1866-1947) : évêque, il participa activement à la vie de la communauté émigrée à Paris durant la Seconde Guerre mondiale (crypte 3).
- L’archiprêtre Georges SPASSKY (1877-1934). Il devint en 1917 le principal aumônier (protopresbytre) de
la Flotte de la mer Noire. Durant la guerre civile russe, il participa activement à l’encadrement spirituel de l’armée blanche. Il s’installa ensuite en France où il officia à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris (crypte 7).
- L’archiprêtre Dimitri TROÏTSKI (1886-1939), premier recteur de l’église de la « Maison russe » de Sainte-
Geneviève-des-Bois (crypte 1).
- ALEXANDRE (Alexandre Semenov Tian-Chansky : 1890-1979), théologien, il fut consacré évêque
auxiliaire de l’archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale (crypte 12).
- CASSIEN (Serge Bezobrazov : 1892-1965) : un des membres fondateurs et professeurs de l’Institut de
théologie orthodoxe Saint-Serge dont il fut le recteur, il fut consacré évêque de Catane en 1947 (crypte 6).
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ROMAIN (Romain Zolotof : 1900-1995), évêque de Keramon (crypte 12)
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MÉTHODE (Vladimir Koulmann : 1902-1974), évêque (puis archevêque) de Campanie (crypte 11).
- Le peintre et architecte Albert BENOIS (1888-1960), issu de la célèbre dynastie d’artistes Benois d’origine
française. Il fut l’auteur de plusieurs églises orthodoxes dont celle-ci. On lui doit également dans le cimetière plusieurs tombeaux, dont celui de Bounine (crypte 9).
- Le comte Wladimir KOKOVTSOV (1853-1943) : ministre des finances du tsar de 1904 à 1914, il fut
président du Conseil des ministres de 1912 à 1914. Il repose ici car il fut un bienfaiteur de l’église. (crypte 4).
- La comtesse Olga Malevski-Malevitch (1868–1944) (crypte 10).
– Ce cimetière possède un certain nombre de carrés militaires, délimités par des chaînes, où les membres de la famille des militaires peuvent parfois reposer également. Les plus imposants sont :
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- L’Unité du général Mikhaïl Alexeev : armé blanche fondé en 1917 par le général Alexeef qui, lui, repose à Belgrade mais une chapelle lui tient lieu ici de mémorial, devant laquelle se trouve 15 tombes de ses soldats.
- L’Unité du général Mikhaïl Alexeev : armé blanche fondé en 1917 par le général Alexeef qui, lui, repose à Belgrade mais une chapelle lui tient lieu ici de mémorial, devant laquelle se trouve 15 tombes de ses soldats.
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- L’unité des cosaques du Don
47 tombes autour de celle du lieutenant-général Afrikan BOGAÏEVSKI (1873-1934), qui fut l’un des
principaux chefs des Armées blanches ainsi que de la République du Don durant la guerre civile russe. En 1920, il s’exila et devint le leader de l’Union de tous les Cosaques à l’étranger.
- L’unité des cosaques du Don
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- L’unité des Gallipoli, dont le monument fut érigé en 1961 par les anciens combattants de l’armée blanche en mémoire de ces anciens combattants russes de Gallipoli. Il s’agit d’une reproduction plus petite, par A. Benois, du monument original qui se trouvait sur le site de la bataille, en Turquie, et qui fut détruit par un tremblement de terre. On y dénombre 36 tombes.
On y trouve le cénotaphe du général Alexandre KOUTEPOV (1882-1930), proche collaborateur du général Wrangel, dirigeant de 1928 à 1930 de l’Union générale des
combattants russes, une organisation militante anticommuniste russe blanche. Il fut enlevé et assassiné par deux agents de la Guépéou en janvier 1930 à Moscou.
- L’unité des Gallipoli, dont le monument fut érigé en 1961 par les anciens combattants de l’armée blanche en mémoire de ces anciens combattants russes de Gallipoli. Il s’agit d’une reproduction plus petite, par A. Benois, du monument original qui se trouvait sur le site de la bataille, en Turquie, et qui fut détruit par un tremblement de terre. On y dénombre 36 tombes.
- L’unité du général Mikhaïl Drozdovski : son tombeau, édifié à Sébastopol, fut détruit durant la Seconde Guerre mondiale. En 1952, ses anciens soldats firent élever un monument devant lequel se trouvent 27 tombes.
- L’unité des corps de cadets russes : Cette unité, depuis sa création en 1731, étaient destinée aux enfants de la noblesse russe afin de les préparer à devenir officiers. Non délimité, il contient 127 tombes Outre 54 officiers gradés, on y trouve 3 princesses, 5 ecclésiastiques, 2 infirmières et un musicien.
- Le carré de la Légion étrangère
Ce carré fut inauguré en 1965 : il contient 9 tombes dont celle du général et diplomate Zinovi PECHKOFF
(1884-1966). Né dans une famille juive sous le nom de Zalman Sverdlov, il est le frère aîné de Iakov Sverdlov, qui deviendra l’un des principaux dirigeants de la Révolution bolchevique et le premier président du Comité central exécutif de l’État soviétique (le bras droit de Lénine). Zinovi eut un destin bien différent : pour échapper aux restrictions imposées aux Juifs dans l’Empire russe et par affinité culturelle, il se convertit au christianisme orthodoxe en 1902. Son parrain ne fut autre que l’écrivain Maxime Gorki, et en fit un temps son secrétaire. Engagé comme volontaire dans la Légion étrangère pour défendre la France en 1914, il fut amputé du bras gauche. Résistant en 1940, il fut promu général et entama ensuite une carrière diplomatique : Ambassadeur en Chine (1944), puis au Japon (1946).
Il existe également d’autres monuments dédiés à des corps d’armées.
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- Le monument des artilleurs
- Le monument des aviateurs
- Le monument des artilleurs
Diversité des tombes
On pourrait s’imaginer que ce cimetière, contemporain de la période la plus faste du Père Lachaise en terme de patrimoine funéraire, aurait suivi la même tendance ; celle des mausolées opulents à la riche statuaire. C’est d’autant plus vrai que les cimetières russes connaissaient cette ostentation, qu’ils conservèrent d’ailleurs durant tout le XXe siècle. Il n’en est rien ici, et pour plusieurs raisons. En premier lieu, il faut se rappeler que beaucoup de ces Russes blancs, parfois richissimes en Russie, vivaient dans une relative précarité, voire pour certains dans la misère. En second lieu, si les grandes dynasties industrielles, artistiques ou politiques du Second empire puis des débuts de la République, voulurent mettre en évidence leurs réussites terrestres au Père Lachaise ; le cimetière russe a conservé un caractère profondément religieux, et cela a évidemment eu des conséquences sur la statuaire.
Soyons clair : s’il existe évidemment des exceptions (on peut penser à l’extraordinaire tombeau de Noureev), ce cimetière ne brille ni par la diversité de ces tombes, ni par leur richesse ornementale. Les codes de l’ornementation funéraire reposent sur quelques principes reproduits à l’infini :
– Omniprésence des croix orthodoxes.
Rappel pour les néophytes : contrairement à la croix catholique, faite de deux branches, la croix orthodoxes en possède trois :
- la branche supérieure symbolise l’écriteau INRI,
- la branche du milieu est celle où sont étendus les bras du Christ,
- la branche inférieure témoigne d’une différence d’interprétation de ces deux dogmes du christianisme : pour les catholiques, les pieds du Christ auraient été par un seul clou. Pour les orthodoxes, ils l’auraient été séparément. La branche inférieure symboliserait donc la planchette sur laquelle ils se seraient trouvés. L’une des branches est dirigée vers le haut, vers le ciel destination du bon larron ; l’autre vers le bas, l’enfer attendant le mauvais larron. Souvent (mais pas systématiquement), le crane d’Adam forme la base de la crucifixion, selon le principe que le mont Golgotha où elle aurait eu lieu est l’endroit où il aurait été enterré. Régulièrement également sont représentés les instruments de la Passion (Saintes lances...).
Ces croix orthodoxes, très largement majoritaires, sont édifiées dans tous les matériaux possibles et plus ou moins ouvragés : bois, pierre, briques...
– Les icônes.
Dans le registre religieux, les icônes occupent également une large place. Elles ont des tailles très variables et sont diversement ornées. Le Christ et la Vierge dominent largement.
– Les tombes à clocheton.
Elles transforment une simple tombe en mini église.
– La Marine de guerre impériale.
Compte tenu du grand nombre d’officiers et de sous-officiers de la Marine inhumés dans ce cimetière, la drapeau de la Marine russe figure sur un grand nombre de tombeaux.
En revanche, la statuaire telle qu’on peut la trouver au Père Lachaise (hauts et bas reliefs, bustes et médaillons en bronze) sont ici quasi absents.
Les célébrités : les incontournables...
On considérera ici comme « incontournables » les personnalités potentiellement connues du public français. Il est évident que pour les Russes, d’autres grandes célébrités reposent dans ce cimetière.
– Ivan BOUNINE
– Serge LIFAR
– Rudolf NOUREEV
– Andreï TARKOVSKY
– Patrick TOPALOFF
– Georges VITALY
– Félix YOUSSOUPOF
On ne compte plus dans ce cimetière les membres de l’aristocratie russe, dont plusieurs Romanoff. On trouve ainsi plusieurs membres de la famille Tolstoï, dont Sergueï Tolstoï (1911-1996), petit-fils et biographe de Lev Tolstoï. Repose également ici le fils du célèbre joaillier Fabergé, plusieurs membres de la famille du compositeur Stravinsky (dont sa mère, sa première épouse et sa fille), le filleul du roi Alexandre Ier de Yougoslavie,
... mais aussi
– Le théologien Nicolas AFANASSIEF (1893-1966), mondialement connu pour ses travaux sur l’ecclésiologie
et son rôle majeur dans le mouvement œcuménique. Après avoir combattu dans l’Armée blanche, il s’exila en Europe. Il s’établit en France où il devint professeur de droit canonique et d’histoire de l’Église ancienne à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, poste qu’il occupa de 1930 à sa mort.
– Eugène AISBERG (1905-1980) : journaliste et vulgarisateur scientifique français d’origine ukrainienne, espérantiste, il donna de nombreuses conférences, dirigea des cours et organisa des expositions. En 1925, il s’installa à Paris et lança en 1928 La Télévision, première revue scientifique à parler de ce dispositif.
– Le pilote de l’Armée de l’Air Konstantin ALBRECHT (1890-1945), blessé au combat durant la Première
Guerre mondiale qui participa à la guerre civile russe. Il fut également acteur sous le nom de scène de C. Fosca.
– L’écrivain Victor ALEXANDROV-PERY (1910-1984), auteur de romans à succès consacrés à l’espionnage
et à la guerre. Avant de se consacrer pleinement à l’écriture, son parcours ressemble à un roman d’espionnage. Il fut tour à tour enfant errant pendant la guerre civile russe, collégien enfermé dans l’Allemagne pré-nazie, soldat en Grèce, mercenaire au Honduras, membre des services de renseignement américains et scénariste à Hollywood.
– L’actrice Nathalie ALEXEIEFF-DARSÈNE (1899-1973). Active principalement des années 1930 aux années 1950, elle s’est spécialisée dans les seconds rôles et les silhouettes marquantes.
– Grigory ALEKSINSKY (1879-1967) : révolutionnaire marxiste russe et écrivain, il fut député bolchevik à
la Deuxième Douma en 1907, mais il s’éloigna par la suite radicalement de Lénine, devenant l’un de ses opposants les plus virulents en exil. Il publia de nombreux ouvrages d’histoire politique, de souvenirs et de biographies, cherchant à faire connaître la réalité russe au public occidental.
– L’écrivain « dissident » Andreï AMALRIK (1938-1980), qui connut la déportation en Sibérie. Il fut l’auteur,
en 1984, de L’Union soviétique survivra-t-elle ?. Il mourut dans des conditions encore mystérieuses en se rendant en Espagne pour manifester pour les droits de l’homme.
– Sergueï ANDREEVSKY (1855-1930), gouverneur et sénateur impérial. Il fut l’un des premiers
pensionnaires de la Maison russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.
– Le violoniste Alexis ANDREIEFF (1899-1980), qui fut directeur du Conservatoire S. Rachmaninoff.
– Le poète et écrivain Vadim ANDREYEV (1903-1976). Exilé de Russie, il s’est installé en France où il a
activement participé à la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment depuis l’île d’Oléron.
– Mykhailo ANDRIIENKO-NECHYTAILO (1894–1982), peintre moderniste et décorateur de théâtre
ukrainien, rattaché à l’École de Paris.
– Le diplomate Constantin ANDRONIKOFF (1916-1997), qui effectua une brillante carrière au ministère des
Affaires étrangères de 1945 à 1976. Il fut l’interprète officiel en anglais et en russe de trois présidents de la République : Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing. Il enseigna également la théologie liturgique.
– L’ingénieur et inventeur Vadim ARCHAOULOFF (1859–1942). : Il est connu pour avoir inventé un procédé d’injection de carburant sans compresseur pour les moteurs Diesel (le système d’injection Archaouloff). Son brevet permettait d’utiliser la pression de compression du cylindre pour injecter le carburant. Ce système a continué d’être massivement utilisé et adapté sur les grands navires marchands tout au long du XXe siècle, y compris durant les années 1940.
– Le prince arménien Vladimir ARGOUTINSKY-DOLGOROUKOV (1872-1941). Esthète, il rassembla une
immense collection de dessins de Maîtres anciens, de porcelaines et de peintures russes des XVIIIe et XIXe siècles. En 1918, il fit don d’une part majeure de ses œuvres à l’Ermitage avant de s’exiler définitivement.
– Le comédien Hugues de BAGRATIDE (Bayazad Haïgazoun Bey Bagratide : 1890-1960), acteur de théâtre et de cinéma français d’origine arménienne. Actif des années 1920 aux années 1956, sa carrière s’est principalement déroulée en France. En raison de ses origines et de ses traits typés, le cinéma de l’époque l’a souvent cantonné à des rôles de personnages exotiques, de dignitaires, de juges ou d’officiels de diverses nationalités.
– Le décorateur André BAKST (1907-1972), qui a principalement marqué le monde du cinéma français d’après-guerre et du spectacle vivant. Fils du célèbre peintre, décorateur et costumier Léon Bakst, il a conçu les décors de plusieurs films français notables du milieu du XXe siècle, parmi lesquels Porte des Lilas (1957) de René Clair, Le Gorille vous salue bien (1958) ou encore Le Silence est d’or (1947). Dans la lignée de son père, il a collaboré à la création de décors et de costumes de ballets, notamment pour des reprises d’œuvres associées aux Ballets russes de Diaghilev comme L’Oiseau de feu.
–
Le médecin Alexey BAKUNIN (1874-1945), qui fut député à la seconde Douma. Dans la
même tombe repose sa fille, l’historienne Tatiana OSORGINA (1904-1995), spécialiste de référence de l’histoire de la franc-maçonnerie russe. Elle était l’épouse de l’écrivain et journaliste Mikhaïl Ossorguine, qui ne repose pas avec eux.
– La danseuse classique Alexandra BALACHOVA-OUCHKOFF (1887-1979), qui fut l’une des dernières
grandes prima ballerinas de la Russie tsariste. Après avoir interpréter les plus grands rôles du répertoire classique, elle se consacra à l’enseignement du ballet à Paris.
– Le musicologue, traducteur, dramaturge et musicographe Pierre BALASCHEFF (1920–1986).
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Le général Nikolaï BARATOV (1865-1932).
– L’historien Vsevolod BASANOFF (1897-1951), spécialiste de l’histoire romaine. Il fut directeur d’études pour la religion de Rome à l’École pratique des hautes études (EPHE) de 1945 à sa mort.
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Le juriste et ethnologue Alexandre de BASCHMAKOFF (1858–1943).
– Wassily de BASIL (Vassili Voskressenski : 1888-1951) : militaire, il quitta la Russie en 1919 et entreprit, sous le nom de « Colonel Basile », une carrière importante en tant qu’impresario et organisateur de troupes de ballet, apportant une contribution considérable au développement de la danse à travers le monde. Il fonda en 1932 les Ballets russes de Monte-Carlo, s’inspirant des Ballets russes de Serge de Diaghilev, sans posséder sa culture artistique ni son talent d’impresario.
– L’acteur et scénariste français d’origine russe Pierre BATCHEFF (Benjamin Batcheff : 1907-1932), il fut un visage marquant du cinéma muet et des avant-gardes des années 1920, et est resté célèbre pour son rôle principal dans le chef-d’œuvre surréaliste Un chien andalou (1929), réalisé par Luis Buñuel et Salvador Dalí. Il mourut prématurément à l’âge de 24 ans d’une overdose de drogue.
– Le Compagnon de la Libération Guy BAUCHERON de BOISSOUDY (1908-1972) Issu d’une famille de militaire (son
père, Antoine, était général ; son grand-père, Philippe, amiral), il s’engagea dans l’armée à 18 ans. Il choisit de servir dans l’infanterie coloniale. Il fut d’abord affecté en Extrême-Orient de 1933 à 1936 puis au Tchad de 1937 à 1940. Un des premiers officiers de l’Armée de terre à se rallier à la France libre, il prit une part importante au coup de force de Brazzaville le 28 août 1940. Blessé lors des opérations du Gabon, puis à nouveau devant aux portes de Damas, cette dernière blessure entraîna l’amputation de sa jambe droite. Promu chef de bataillon, il participa aux opérations de Libye. Il rejoignit l’état-major du général de Gaulle à Londres en 1943. Fin 1943, il fut désigné pour représenter les combattants de la France libre à l’assemblée consultative d’abord à Alger puis à Paris. Il assura, à partir de septembre 1944, la liaison entre le général de Gaulle, la 1re division française libre et la 2e division blindée. Il fut élu député du Tchad aux deux Assemblées constituantes en 1945 et 1946.
– La sculptrice Cléo BECLEMICHEFF (Cléopâtre Beclemicheff : 1898-1976), qui s’est largement illustrée dans la création de sculptures en bronze, se focalisant souvent sur les corps, la danse et le mouvement.
– Élisabeth BEHR-SIGEL (1907–2005). Née luthérienne en Alsace, elle est devenue une théologienne orthodoxe majeure, célèbre pour son engagement pionnier en faveur de la place des femmes dans l’Église et du dialogue œcuménique.
– Le diplomate Vladimir BELANOVICH (1884-1960), polyglotte (outre le français et le russe, il parlait couramment plusieurs langues orientales comme le sanskrit, l’arabe, le persan et le turc), qui enseigna le russe au jeune Jacques Chirac. Il l’initia à la culture russe et le poussa à traduire l’œuvre Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine. Chirac le décrivit plus tard dans ses mémoires comme un « incomparable initiateur de l’âme russe » et vint régulièrement se recueillir sur sa tombe.
– Alexandre BENNIGSEN (1913-1988) : historien , géopolitologue et islamologue d’origine russe, considéré
comme le père fondateur des études sur les nationalités et l’Islam en Union soviétique. Il a dirigé la chaire de l’Islam non arabe à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) à Paris et a enseigné dans plusieurs universités américaines, notamment à l’Université de Chicago.
– Le chef d’orchestre et compositeur Alexandre BERNARDI (1867-1943).
– Georgy BEZSONOV (1891-1970). Arrêté par le régime soviétique, il fut emprisonné au camp de transit et de travail de Solovki (sur la mer Blanche). En 1925, il réalisa l’exploit de s’en évader avec quatre autres détenus en traversant la frontière finlandaise. Il a consigné son expérience traumatique et son évasion dans un livre témoignage majeur, publié en français sous le titre Mes 26 prisons et mon évasion de Solovki (1928). Cet ouvrage a grandement contribué à documenter la réalité du système concentrationnaire soviétique en Occident bien avant L’Archipel du Goulag.
– L’homme d’affaires Aleksandr BEZOBRAZOV (1853–1931), qui prôna une politique étrangère très agressive en Extrême-Orient. Il s’opposa à l’évacuation de la Mandchourie par les troupes russes et poussa à une expansion commerciale et militaire en Corée, notamment en fondant une compagnie d’exploitation forestière sur le fleuve Yalou. Il joua un rôle clé dans le déclenchement de la guerre russo-japonaise de 1904-1905.
– Nikolaï BOBORYKINE (1887-1963), qui fut l’un des premiers compositeurs russes à écrire des opérettes et des opéras buffa. En 1926, son opéra buffa Inès et l’opéra La Corrida furent joués à l’Opéra de Nice. Il a également composé de la musique pour des chansons et des romances. Il fut enterré avec son épouse, Maria Boborykina, également connue sous le nom de Maria BORI (1889-1965) et Lydia GERMAN (1889-1959), dramaturge et scénariste.
– Elisabeth de BOISHUE (1948-2001), qui administra la Maison russe de Sainte-Geneviève-des-Bois de 1978 jusqu’à sa mort ; institution historique d’accueil et de retraite, fondée à l’origine pour les émigrés russes blancs en France. Elle était l’épouse du ministre Jean de Boishue.
– Sergueï BOULGAKOV (1871-1944) : théologien, philosophe et économiste russe, il fut considéré comme
l’un des chefs de file du mouvement idéaliste. Ordonné prêtre de l’Église orthodoxe russe en 1918, Boulgakov réprouva la révolution d’Octobre. En 1922, il fut expulsé par le gouvernement bolchevik avec cent soixante autres intellectuels. Il s’installa à Prague où il enseigna la théologie à l’Institut de recherche russe. Il participa deux ans plus tard à la création de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, à Paris, et en assura un temps la direction, y donnant des cours de théologie dogmatique jusqu’à sa mort.
–
Nicolas BOULGAKOV (1898-1966) : frère du précédent, il fut bactériologiste à l’Institut Pasteur.
– Le révolutionnaire Vladimir BOURTZEF (1862-1942), qui après avoir combattu le régime tsariste,
combattit avec la même vigueur le gouvernement soviétique et le national-socialisme. En tant qu’historien et chercheur, il a joué un rôle clé pour démontrer de manière rigoureuse que ce célèbre texte antisémite était un faux intégral, fabriqué par la police secrète russe. En raison de ses activités politiques et de ses critiques virulentes contre l’empereur Nicolas II, il a été emprisonné à plusieurs reprises à travers l’Europe. Après la révolution d’Octobre 1917, il choisit l’exil et s’installa définitivement à Paris, où il ouvrit une librairie. Il mourut dans le dénuement sous l’occupation.
– Pavel BURYSHKIN (1887-1955) : membre de la Douma municipale de Moscou et du Parti progressiste, il joua un rôle actif pendant la Première Guerre mondiale au sein des comités industriels de guerre. Après la Révolution de Février 1917, il devint l’un des adjoints au maire de Moscou. Durant la guerre civile russe, il rallia le mouvement blanc et occupa le poste de ministre des Finances du gouvernement de l’amiral Koltchak entre fin 1919 et début 1920.
– Le peintre Sergueï CHARCHOUNE (1888-1975). Arrivé à Paris en 1912 après avoir déserté l’armée russe,
il fréquenta les académies cubistes et se réfugia à Barcelone durant la Première Guerre mondiale aux côtés de figures comme Picabia et Gleizes. Devenu une figure centrale de la scène Dada et considéré comme le premier poète Dada russe, son style évolua du cubisme vers le purisme et l’abstraction monochrome dès 1923.
– Le général Pavel CHATILOV (1881-1962), qui fut l’une des figures militaires majeures des Armées blanches durant la guerre civile russe. Il fut le chef d’état-major de l’Armée du Caucase (juin 1919), puis de toute l’Armée russe de Wrangel entre 1920 et 1922. Il géra ainsi les dernières opérations majeures et l’évacuation finale de la Crimée.
– Le général Nicolas CHIPOFF (1873-1958) qui après avoir servi le régie tsariste exerça les fonctions de représentant des troupes de cosaques de l’Oural en Europe.
– L’acteur et metteur en scène de théâtre Grégori CHMARA (1878-1970). Il fit ses premiers pas au cinéma muet dès 1915, puis après avoir émigré en Allemagne, devint une figure marquante du cinéma expressionniste de Weimar. Fuyant le régime nazi après un bref passage aux États-Unis, il s’installa à Paris en 1935 où il poursuivit sa carrière au théâtre et au cinéma.
– Le romancier Ivan CHMELIOV (1873-1950), qui s’installa à Paris en 1921. Il fut l’auteur du Soleil des
morts, terrifiant récit de la cruauté de la Révolution bolchevique. Il fut transféré en 2000 au monastère Donskoï près de Moscou.
– Le cinéaste Jean-Paul CORNU (1941-2015), principalement actif en tant que directeur de la photographie et deuxième assistant opérateur.
– Le journaliste Piotr DANZAS (1909-2004), qui travailla à l’ORTF puis en poste pour l’AFP à Moscou
jusqu’en 1974.
– Le zoologiste et embryologiste Constantin DAVIDOFF (1877-1960). Spécialiste de la faune marine, de
l’embryologie comparée et des invertébrés, il a mené d’importantes recherches sur les animaux marins de la région indochinoise. Il a été nommé directeur de recherche et a partagé son expertise au sein de plusieurs institutions scientifiques de premier plan avant d’intégrer l’Académie des sciences.
– La mezzo-soprano Marie DAVYDOVA-SCOBELEFF (1889-1987), qui se produisit au Bolchoï de Moscou
entre 1925 et 1926. Fin 1926, elle quitta l’Union Soviétique pour s’installer à Paris. Elle intégra la troupe de l’Opéra russe à Paris et effectua des tournées à travers l’Europe (notamment au Théâtre des Champs-Élysées en 1929). Elle devint ensuite professeure de chant et metteuse en scène d’opéra au Conservatoire russe Serge-Rachmaninoff de Paris. Parmi ses élèves notables figure le ténor suédois Nicolai Gedda.
– Lydia DELEKTORSKAYA (1910-1998) : la « muse de Matisse » dont elle fut à la fois le modèle et la secrétaire.
– Lydia DETERDING (1904-1980) : figure éminente de la haute société parisienne, elle fut célèbre pour sa
vie mondaine extravagante et son extraordinaire collection de haute joaillerie. Philanthrope, elle sauva le lycée russe d’Auteuil en difficulté financière et acheta pour lui une maison à Boulogne-Billancourt.
– Les chanteurs tziganes Valia (1905-1983) et Aliocha (1913-1986) DIMITRIEVITCH : issus d’une
famille de Roms, le frère et la sœur grandissent au sein de la troupe familiale des « Tziganes Dimitrievitch ». Après avoir fui la Russie, la troupe s’installa un temps en France dans les années 1930, se produisant dans les cabarets parisiens et jouant dans des films français. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la famille émigra en Amérique du Sud. Ensemble, et sous la supervision de l’écrivain Joseph Kessel, ils enregistrèrent en 1967 l’album Les dernières voix tziganes.
– Mikhaïl DJANCHIEFF (1898-1981) : officier de l’Armée impériale russe, antiquaire et marchand d’art russo-arménien installé à Paris, il est principalement connu pour avoir fondé et dirigé la galerie d’antiquités A La Vieille Cité : d’abord une petite boutique d’antiquités où les émigrés venaient vendre leurs objets précieux pour subsister, l’affaire grandit pour devenir en 1952 une importante galerie d’art située sur la rue Saint-Honoré à Paris, spécialisée dans les beaux-arts et les arts décoratifs russes, et qui devint un haut lieu de l’émigration russe au XXe siècle.
– Le peintre Basile DJORDJADZÉ (1886-1952) : prince de Géorgie, il s’exila en France suite à la victoire des Soviétiques et à l’annexion de la Géorgie. Il s’installa à Paris où il s’intégra à la communauté artistique montmartroise. Il expose notamment ses peintures au célèbre Salon des Indépendants en 1926. Rattaché au mouvement de l’École de Paris, il s’inscrivit principalement dans le post-impressionnisme. Ses sujets de prédilection furent variés : paysages parisiens ou caucasiens, natures mortes...
– Le peintre russo-lituanien Mstislav DOBOUJINSKI (1875-1957), principalement célèbre pour ses paysages
urbains capturant à la fois la modernisation et la décadence des villes du début du XXe siècle. Membre influent du mouvement artistique d’avant-garde Mir iskousstva (« Le Monde de l’Art »), son style unique mêle des éléments du symbolisme, de l’Art nouveau et de l’expressionnisme. En 1919, il dirigea brièvement l’École artistique de Vitebsk avant d’être remplacé par Marc Chagall. Avec lui repose son fils Rostilav (1903-2000), peintre, illustrateur, décorateur et costumier ; en particulier connu pour ses masques de théâtre.
– Le médecin Nicolas DOLGOPOLOFF (1879-1972), qui fut député de la 2ème Douma et ministre de la
Santé (1919-1920) dans le gouvernement Denikine. Il créa la maison de retraite de Cormeilles-en-Parisis, où beaucoup des résidents de ce cimetière finirent leur vie.
– Le général Abraham DRAGOMIROV (1868-1955), qui s’illustra au sein de l’Armée impériale durant la
Première Guerre mondiale, avant de devenir une figure majeure des Armées blanches durant la guerre civile. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fit le choix controversé de rejoindre l’Armée de libération russe par antisoviétisme, collaborant ainsi avec l’Allemagne face à l’URSS.
– Alla DUMESNIL (1913–1990) : figure majeure d’origine russe des Forces françaises libres (FFL) durant la
Seconde Guerre mondiale, elle atteignit le grade de commandant dans l’Armée de l’air, faisant d’elle est l’une des rares femmes à occuper des fonctions de commandement aussi élevées à cette époque au sein de la France libre. Elle a notamment eu sous ses ordres directs l’artiste et résistante Joséphine Baker.
– Le colonel Boris DUROV (1879-1977), qui fut après l’exil l’un des fondateurs du Lycée russe en 1920, où il enseigna les mathématiques avant d’en être le directeur de 1931 à 1961.
– La danseuse étoile Liubov EGOROVA (1880-1972), qui dansa dans les ballets de Diaghilev,
devint professeur à Paris et qui eut parmi ses élèves Serge Lifar, Maurice Béjart, Roland Petit et Yvette Chauviré.
– Le couple littéraire Victor (1899-1963) et Olga (1896-1973) EMELIANOV. Lui fut journaliste et écrivain, elle fut poète.
– Le poète Lev ENGUELGARDT (1895-1944).
– Le général Ivan ERDÉLYI (1870-1939), une des figures majeures des Armées blanches opposées aux Bolcheviks. Il a cofondé l’Armée des volontaires.
– La famille ERISTOFF-ERISTAVI : dans le tombeau reposent le prince Alexandre Eristoff Eristavi (1873-1955), lieutenant-général de la Garde impériale, le prince Georges (1875-1947), aide de camp de l’empereur de Russie, Catherine Nikolitch née Malama (1889-1966), la Princesse Nina Schervachidzé née Princesse Mkheidsé (1865-1950) et la Princesse M. Eristoff née Princesse Schervachidzé, demoiselle d’honneur des Impératrices de Russie (1895-1986).
– Le théologien Pavel EVDOKIMOV (1901-1970). Laïc engagé (fait rare pour un théologien de cette
envergure), il fut nommé observateur officiel de l’Église orthodoxe lors du Concile Vatican II.
– Le dramaturge et metteur en scène Nicolas EVREÏNOFF (1879-1953). Grande figure du symbolisme
russe, il est particulièrement célèbre pour ses concepts novateurs sur la « théâtralité naturelle » de l’être humain et l’utilisation du théâtre comme forme de thérapie. En 1920, il conçut et codirigea la mise en scène monumentale de la reconstitution de La Prise du Palais d’Hiver à Petrograd, qui mobilisa des milliers de figurants.
– Le compositeur, arrangeur et chef d’orchestre Fedor EVSEVSKY (1899-1970), particulièrement connu
pour son travail de préservation et de diffusion de la musique traditionnelle et du folklore russe. Il a dirigé un célèbre orchestre de balalaïkas à Paris.
– Mikhail FEDOROV (1858-1949) : ancien ministre sous le régime tsariste, il a rejoint les armées blanches après la révolution d’Octobre 1917 pour lutter contre le bolchévisme. Par la suite, il s’est illustré par ses convictions démocratiques et par la création d’un comité d’aide permettant aux jeunes émigrés russes de poursuivre leurs études supérieures tout en préservant leur culture.
– L’iconographe Piotr FIODOROV (1878-1942).
– Le prince Vladimir Anatolievitch GAGARINE (1887–1946), qui mourut prématurément du typhus, ayant contracté la maladie en partant à la recherche de la dépouille de son fils aîné, Georges, tué au front en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il repose avec son épouse, Maria Vsevolodovna Bielskaïa. Ils étaient les parents de la comédienne Macha Méril.
– Le dramaturge, poète et auteur-compositeur-interprète Alexandre GALITCH (Alexandre Guinzburg : 1918-1977). Il fut l’une des
figures de proue du genre de la « chanson de barde » en Union soviétique. Ses textes satiriques et profondément critiques à l’égard du régime totalitaire lui ont valu d’être banni des institutions officielles avant d’être contraint à l’exil. Il mourut officiellement victime d’une électrocution accidentelle en branchant un magnétophone. Compte tenu de son statut de dissident majeur, des soupçons d’assassinat orchestré par le KGB ont longtemps plané sur sa disparition.
– Le journaliste Roland GALLOUIN (1913-2007), qui fut le directeur de la publication de la version française de la revue de l’émigration russe La Pensée Russe (Russkaya Mysl) à la fin des années 1980 et au début des années 1990.
– Nikolai GAVIN (1883-1967), qui fut l’un des premiers pilotes militaires de l’Empire russe, participant à la Première Guerre mondiale et membre de l’Armée blanche. Il dirigea l’École d’aviation de Moscou à partir de février 1917.
– L’écrivain Gaïto GAZDANOFF (1903-1971) : d’origine oddète, immigré
en France en 1923, il exerça plusieurs professions tout en suivant des études d’histoire. Romancier, sa maîtrise des histoires criminelles et des détails psychologiques apparaissent dans ses deux œuvres les plus célèbres : Le Spectre Alexandre Wolf et Le Retour du Bouddha. La tombe de Gazdanov était très modeste : une pierre tombale de granit, aux inscriptions à moitié effacées. Le beau tombeau actuel, financé par la communauté artistique ossète, fut réalisé en 2001 par Vladimir Soskiev.
– Vladimir GEDRINSKY (1899-1974) : scénographe, costumier, caricaturiste et dessinateur de bande dessinée. Émigré en Yougoslavie à partir de 1920, il s’imposa rapidement comme une figure incontournable de la vie culturelle de Belgrade. Il travailla comme scénographe et costumier en chef pour le Théâtre national de Belgrade. Parallèlement, il fut l’un des pionniers de l’âge d’or de la bande dessinée serbe. Il s’installa en France en 1952.
– Aleksandr GEFTER (1883-1956) : officier de la marine impériale russe, écrivain et journaliste, il fut l’auteur de plusieurs récits, nouvelles et mémoires principalement consacrés à la mer, à la flotte impériale et à la vie des marins.
– Le biologiste, chercheur et généticien Sabbas GHELELOVITCH (1911–1996).
– Alexander GHIJITZKY (1868-1938) : député de la IIIe et de la IVe Douma d’État de l’Empire russe.
–
Alexeï de GIERS (1871-1958), qui fut gouverneur de Kiev, de Minsk puis de Nijni Novgorod.
– Le leader nationaliste nord-caucasien Mahomet GIREY SUNSH (1883-1960), qui après la révolution russe de 1917, devint membre du Conseil national de Kabardino-Balkarie. Entre 1920 et 1921, il s’illustra comme l’un des principaux leaders de l’insurrection antibolchévique dans la région de Karatchaï. Contraint à l’exil après la victoire des Soviétiques, il rejoignit durant les années 1930 le mouvement prométhéen (une initiative politique transnationale soutenue par la Pologne visant à libérer les peuples non russes de l’emprise de l’URSS). Il a notamment collaboré à des publications et revues politiques à Varsovie.
– Yuriy GLADYREVSKIY (1898–1968) : chef de chœur, chef d’orchestre et militant des cadets russes, il servit de prototype au lieutenant Shervinsky dans le roman La Garde blanche de Mikhaïl Boulgakov.
– La mannequin, danseuse et sculptrice Olga GLÉBOVA (1890-1945), une des figures les plus
emblématiques et polyvalentes de l’Âge d’argent de la culture russe. Elle traduisit en russe la poésie française décadente (Verlaine, Baudelaire). À Paris, on la surnomma la Dame aux oiseaux, du fait des nombreux oiseaux que l’on pouvait rencontrer dans ses appartements.
–
Le peintre et directeur d’école d’art russe de la période impériale Nicolas GLOBA (1859-1941)
– Le prince Aleksandr GOLITSYN (1874-1957), membre de la troisième Douma d’État de l’Empire russe et du Conseil d’État.
– Le général Nicolas GOLOVINE (1875-1944), qui fut chef d’état-major dans l’Armée impériale russe ainsi
que dans les Armées blanches durant la Première Guerre mondiale et la guerre civile russe. Il est devenu plus tard un historien prolifique, publiant de nombreux ouvrages de référence sur la contre-révolution, la Première Guerre mondiale et l’histoire militaire.
– Le ténor ukrainien Yevhen GORYANSKY (1867-1951).
– L’industriel Nikolay GOUTCHKOV (1860-1935), qui fut maire de Moscou de 1905 à 1912. Élu à la tête de
la municipalité en pleine révolution de 1905, il a dirigé la reconstruction économique de la ville, modernisé le réseau de tramways, développé le système d’égouts et favorisé l’accès à l’éducation publique gratuite.
– Le biochimiste et immunologiste Pierre GRABAR (1898-1986), reconnu comme l’un des pères fondateurs
de l’immunologie moderne en France. Il effectua une grande partie de ses recherches marquantes à l’Institut Pasteur de Paris, avant de devenir en 1960 le directeur de l’Institut de recherches sur le cancer du CNRS à Villejuif. Il était membre de l’Académie de Médecine.
– Le général Mikhaïl GRABBE (1868-1942), qui fut ataman [2] des cosaques du Don durant la Première Guerre
mondiale, puis en exil.
– L’ingénieur Nicolas GREKOFF (1907-1997), géologue et micropaléontologue de renom spécialisé dans l’étude des ostracodes (des petits crustacés fossiles), publiant des ouvrages de référence sur la géologie, notamment sur le bassin du Congo.
– Vera GRETCH (Vera Kokkinaki, 1893–1974) : actrice et metteuse en scène de théâtre, d’origine russo-
grecque, naturalisée française ; elle s’est particulièrement illustrée au sein du célèbre Théâtre d’Art de Moscou. C’est là qu’elle rencontra l’acteur et metteur en scène
Polycarpe PAVLOV (1886-1974), qui devint son époux. En 1922, profitant d’une halte à Prague, une partie de la troupe décida de s’installer en Occident, formant le "Groupe de Prague". Fixé ensuite à Paris, le couple Pavlov-Gretch anime activement la vie théâtrale de la communauté russe en exil pendant près de quarante ans, notamment au sein du Théâtre du drame russe créé en 1935. Tous deux reposent ensemble.
– L’escrimeur Leonid GRINEV (1889-1959) qui s’illustra en tant que membre de la délégation olympique de l’Empire russe lors des Jeux olympiques d’été de 1912 à Stockholm.
– Antonina GUELIN (1904–1988) : médecin et microbiologiste, particulièrement reconnue pour ses travaux pionniers sur les bactériophages (les virus qui infectent les bactéries) et les germes anaérobies. Elle travailla à l’Institut Pasteur où elle effectua la majeure partie de ses recherches.
– Le peintre A. M. GUÉRIN V (Armand Manago : 1913-1983), fils de peintre et ancien élève de Laurens,
rattaché au mouvement des "primitifs modernes" ou à l’école naïve française. Son œuvre se caractérise par un refus délibéré de la perspective de la Renaissance au profit d’une approche plus directe, poétique et tendre, dans des représentations des paysages parisiens.
– Maria GUERMANOVA (1885-1940) qui l’une des principales actrices du Théâtre d’art de Moscou. Elle participa aux débuts du cinéma russe, jouant notamment le rôle principal dans le film Anna Karénine de Vladimir Gardine en 1914. Elle repose avec son époux, l’archéologue, critique d’art et enseignant russe Alexandre KALITINSKY (1879-1946).
– Leïla HAGONDOKOFF (1898-1985) : aristocrate d’origine tcherkesse dotée d’une grande beauté, elle fut
recrutée à Paris comme mannequin par Coco Chanel à la fin des années 1920. Comtesse de Luart par son mariage, elle décida dès le déclenchement de la guerre d’Espagne de mettre sa fortune et son énergie au service des blessés. Elle finança et organisa une antenne chirurgicale mobile, un concept novateur d’ambulances permettant de soigner et d’opérer les soldats au plus près de la ligne de front. Elle poursuivit cette action durant la Seconde Guerre mondiale : ralliée à la France libre, son unité chirurgicale remonta au front aux côtés des armées alliées, participant activement aux campagnes de Tunisie, d’Italie (notamment lors de la bataille du Monte Cassino), de France et d’Autriche. Très investie auprès des légionnaires qu’elle soutint moralement et matériellement, elle fut nommée légionnaire de 1re classe d’honneur, puis brigadier-chef d’honneur. Elle fut élevée aux dignités de Commandeur de la Légion d’honneur et de Grand officier de l’ordre national du Mérite.
– Le musicologue et traducteur Rostislav HOFMANN (1915-1975). Il a traduit du russe vers le français plusieurs des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature slave, notamment les œuvres d’Alexandre Pouchkine, d’Ivan Tourgueniev et de Léon Tolstoï. Grand connaisseur de l’histoire musicale, il a publié de nombreux ouvrages de référence sur les compositeurs d’Europe de l’Est.
– Pavel IGNATIEV (1878-1930) : pendant la Première Guerre mondiale, il fut envoyé en France où il fut chargé de créer et de diriger le réseau de contre-espionnage russe à Paris. Il prit ainsi la tête du Bureau interallié au ministère de la Guerre français. Après la révolution bolchevique de 1917, il choisit de rester en France.
– Le généalogiste Nicolas IKONNIKOFF (1884-1970), qui fut une figure centrale de la préservation de la
mémoire généalogique de l’émigration russe en France. Il fut l’auteur du monumental travail de recensement généalogique intitulé La Noblesse de Russie. Il s’est également fait connaître en tant qu’entomologiste.
– L’acteur Valery INKIJINOFF (1895-1963), installé en France en 1931. En Occident, ses traits asiatiques
marqués et son charisme mystérieux le cantonnèrent rapidement aux rôles de méchants exotiques, d’espions ou de personnages énigmatiques dans des films d’aventures et des récits policiers. Malgré cette typologie restrictive, il tourna sous la direction de grands réalisateurs : Julien Duvivier dans La Tête d’un homme (1933), Fritz Lang à la fin des années 1950 dans son diptyque monumental Le Tigre du Bengale et Le Tombeau hindou (1959), ou encore Philippe de Broca dans les Tribulations d’un Chinois en Chine (1965).
– Le peintre et décorateur Nicolas ISAEF (1891-1977). Rattaché historiquement à l’École de Paris, son style oscille entre figuration postimpressionniste et compositions plus abstraites ou théâtrales. Il s’installa à Paris en 1925 et s’intégra à la communauté artistique de Montparnasse. Bien qu’il n’ait pas atteint la renommée mondiale de certains de ses contemporains de Montparnasse (comme Soutine ou Foujita), Issaiev a laissé une production riche et variée : ses thèmes de prédilection furent les natures mortes structurées (fleurs, objets d’intérieur), les paysages de villages et de campagne, ainsi que les scènes de genre ou de nus.
– L’architecte, peintre, graphiste, illustrateur et iconographe Nikolay ISTSELENNOV (1891–1981), spécialisé dans la conception et la décoration d’édifices religieux en France (église catholique ukrainienne de Lourdes).
– Pyotr IZVOLSKY (1863-1928) : haut-procureur du Saint-Synode de 1906 à 1909, organe gouvernemental impérial supervisant l’Église orthodoxe russe, il démissionna en raison de son opposition à l’influence grandissante de Grigori Raspoutine. Après la Révolution russe de 1917, il a émigré en Europe. Ordonné prêtre orthodoxe (puis archiprêtre) en exil en 1922, il a notamment officié à Bruxelles et a dirigé les églises orthodoxes en Belgique et aux Pays-Bas.
– Le peintre Nicolas ISZELENOV (1891-1981) qui s’intègra au mouvement de l’École de Paris. Son travail
reflète sa double casquette d’architecte et d’artiste. Ses œuvres, très centrées sur le dessin, l’aquarelle et l’huile, représentent souvent des paysages, des architectures (parfois géométriques, utilisant des symboles comme le compas et l’équerre), des esquisses de scènes de théâtre, ainsi que de l’art sacré.
– Le poète acméiste Gueorgui IVANOV (1894-1958), qui dépeignit la précarité des Russes émigrés. Son
corps fut transféré de Hyères en 1963.
– Le général Pierre KALITINE (1853-1927), chef militaire de premier plan durant la Première Guerre
mondiale et la guerre civile russe.
– Le chirurgien Adalbert Ibrahim KAPANDJI (1928-2019), internationalement reconnu comme l’un des plus
grands pionniers mondiaux de la biomécanique et de la chirurgie de la main.
– Anton KARTACHEV (1875-1960), qui fut le dernier haut-procureur du Saint-Synode et le ministre des
Affaires religieuses au sein du gouvernement provisoire russe en 1917. Contraint à l’exil après la révolution bolchevique, il est devenu l’une des figures intellectuelles majeures de l’immigration russe en France.
– L’économiste Evgueni KARTAVSTEV (1850-1932).
– Le prince Fiodor KASSATKINE-ROSTOVSKI (1875-1940), poète et dramaturge. Entre 1900 et 1940, il publiA sept recueils de poésie. Environ 40 de ses poèmes lyriques ont été mis en musique sous forme de romances russes traditionnelles. Il écrivit 23 pièces de théâtre au cours de sa vie. En exil, il fonda à Paris le "Théâtre Intime"), qui fonctionna de 1929 à 1936 et devient un centre culturel crucial pour la diaspora. Il repose avec son épouse, l’actrice et metteuse en scène Evdokia (1886-1982).
–
Le général Pavel KATKOV (1856-1930).
– Le baron Alexandre Von KAULBARS (1844-1925). Entre 1869 et 1873, il mena d’importantes expéditions
cartographiques et géographiques dans les régions du Tian Shan, du Kirghizistan et du bassin de l’Amou-Daria. Ses travaux lui valurent une reconnaissance scientifique majeure en tant que membre de la Société impériale russe de géographie. Après la guerre russo-turque de 1877-1878, il fut nommé ministre de la Guerre de la principauté de Bulgarie (de 1882 à 1883), où il tenta d’imposer fermement l’influence russe. Général, il participa activement à la répression de la révolte des Boxers en Chine (1900), puis commanda la 3e armée de Mandchourie lors de la guerre russo-japonaise (1904-1905). Durant la Première Guerre mondiale, il dirigea les armées du front d’Odessa. Visionnaire sur les nouvelles technologies militaires, il s’impliqua dès les années 1910 dans l’organisation et le développement des premières unités d’aviation de l’armée impériale russe.
– L’ethnographe et naturaliste Aleksandre KAZNAKOV (1871-1933) qui participa à de grandes expéditions en Asie centrale, notamment l’expédition Mongolie-Sichuan (1899–1901). Spécialisé en botanique et en zoologie, il a collecté de nombreux spécimens naturalistes. Il a dirigé le Musée du Caucase (aujourd’hui Musée national de Géorgie).
– Nicolaï KEDROFF (1871-1940) : compositeur et chanteur lyrique, il est mondialement célèbre pour sa
mise en musique sacrée du Notre Père (Отче Наш). Il repose avec son épouse, la soprano Sofia Gladkaya (1874-1965), ses trois enfants : sa fille Irène (1904-1989), également soprano, liée d’amitié avec de grandes figures de la musique, comme le compositeur Igor Stravinsky ou le légendaire pianiste Sviatoslav Richter qui dans les années 1930 fit partie du groupe vocal très sélect formé par la célèbre pédagogue et compositrice Nadia Boulanger ; son fils Nicolaï (1905-1981) qui fut également compositeur de musique liturgique, pianiste et chef de chœur.
Il assura la continuité du Quatuor Kedroff après le décès de son père, et sa fille Lilia KEDROVA (Elizaveta Kedrova : 1909-2000), actrice qui fut la première Russe à remporter un Oscar dans le rôle d’une courtisane vieillissante et veuve dans Zorba le Grec, mais que l’on vit également chez Hitchcock (Le Rideau déchiré) ou Polanski (Le Locataire).
– L’amiral Mikhaïl KEDROV (1878-1945), qui participa à la guerre russo-japonaise, à la Première Guerre
mondiale, puis à la guerre civile russe. En 1920, il prit le commandement de la flotte de la mer Noire au sein des Forces Armées du Sud de la Russie (les Armées blanches). Aux côtés du général Wrangel, il organisa de l’évacuation de la Crimée vers Constantinople en novembre 1920. Cette opération massive permit de sauver près de 150 000 soldats blancs et civils de la répression bolchevique.
– L’écrivain et poète Lazare KELBERINE (1907-1975), dont l’œuvre décrit souvent la vie des exilés dans la banlieue parisienne, mêlant la nostalgie de l’enfance en Russie aux paysages pluvieux d’Île-de-France.
– Le médecin, physiologiste et chercheur Léon KEPINOFF (Levon Kepinyants : 1881-1962), qui mena d’importants travaux de recherche médicale à Paris, notamment au sein de l’Institut Pasteur.
–
L’historien militaire Anton KERSNOVSKY (1907-1944).
– Mikhaïl KINDYAKOV (1877-1935) : député à la quatrième Douma d’État.
– L’avocat ukrainien Igor KISTYAKIVSKIY (1876-1940) qui fut secrétaire d’État et chef adjoint de la délégation de paix ukrainienne chargée de négocier un armistice avec la Russie soviétique. En juillet 1918, il fut nommé ministre de l’Intérieur de l’État ukrainien. Après la chute de l’État ukrainien indépendant, il s’exila en 1919, vivant d’abord à Istanbul puis s’installant définitivement à Paris.
– Le danseur, chorégraphe, maître de ballet et pédagogue Boris KNASSIEF (1900-1975), mondialement
connu pour être l’inventeur de la barre au sol. Etabli à Paris en 1924, il y dansa pour de prestigieuses compagnies et devint maître de ballet à l’Opéra-Comique. Personnalité majeure de la pédagogie de la danse classique, il a formé d’immenses étoiles telles que Yvette Chauviré, Ludmila Tcherina, Zizi Jeanmaire et Roland Petit.
– L’amiral de la flotte Mikhail KNYAZEV (1856-1933).
– La poétesse et diariste Irina KNORRING (1906-1943). Ses journaux intimes et ses recueils sont
aujourd’hui considérés comme des témoignages précieux de l’expérience existentielle de la diaspora russe en France.
– L’amiral Nikolaï KOLOMEÏTSEV (1867-1944), qui a exploré l’Arctique. Plusieurs îles, une baie et un fleuve portent aujourd’hui son nom en hommage à ses explorations.
– Alexandre KONOVALOV (1875-1949). Il était l’un des plus importants fabricants de textiles de l’Empire
russe. Leader du Parti progressiste, il a siégé à la Quatrième Douma, puis est devenu ministre du Commerce et de l’Industrie au sein du Gouvernement provisoire, puis vice-président (vice-Premier ministre) d’Alexandre Kerenski. Arrêté par les bolcheviks lors de la Révolution d’Octobre puis libéré, il s’est exilé à Paris.
– Constantin KOROVINE (1861-1939) : peintre et décorateur de théâtre russe, il fut, après plusieurs
voyages en France en 1886, 1892 et 1893, influencé par l’impressionnisme, et rompit avec le style sévère et réaliste des Ambulants (réalistes russes). En 1900, il décora le Pavillon russe de l’Exposition universelle de Paris. Après la révolution d’octobre, il se dévoue activement à la conservation des œuvres d’art du patrimoine menacées par les événements et sauve de la destruction des tableaux de peintres emprisonnés. et son fils le peintre Alexis KOROVINE (1897-1950).
– Vassili KOTCHOUBEÏ (1883-1960) : chambellan de la Maison impériale de Russie, il fut élu député à la quatrième Douma d’État de l’Empire russe.
– Nicolas KOULMANN (1871-1940) : philologue et historien, il a activement enseigné et collaboré avec de prestigieuses institutions françaises, notamment la Sorbonne, l’École des langues orientales, et le Collège de France.
– Le théologien Nicolas KOULOMZINE (1912-1995).
– La soprano Maria KOUZNETSOVA (1885-1966), qui fut l’une des plus célèbres chanteuses d’opéra de la
Russie impériale. Elle a travaillé directement avec de grands compositeurs comme Richard Strauss, Nikolaï Rimski-Korsakov et Jules Massenet, et a fréquemment chanté en duo avec la légendaire basse Fédor Chaliapine. Après avoir fui la Russie en 1917, elle s’est installée en France où elle a poursuivi sa carrière internationale pendant encore trente ans.
– Konstantin KHRENOVSKY (1888-1949) : avocat de profession, il rejoignit les socialistes-révolutionnaires. Placé sous surveillance policière dès 1907 par le régime tsariste, il fut arrêté et exilé à plusieurs reprises pour activisme politique. Après la révolution de Février, il fut élu député de l’éphémère Assemblée constituante russe. Il participa à son unique et historique session le 5 janvier 1918, juste avant sa dissolution par les bolcheviks. Opposant au nouveau pouvoir soviétique, il fut condamné en 1920 à 10 ans de prison. Il parvint ensuite à émigrer en France.
–
L’acteur soviétique Lev KRUGLY (1931-2010).
– Vladimir KRYMOV (1878-1968) : écrivain, entrepreneur et éditeur russe majeur de la fin de l’époque
impériale et de l’émigration blanche. Homme d’affaires aguerri devenu romancier, sa vie et son œuvre capturent les bouleversements politiques et financiers de la Russie du début du XXe siècle. En raison de son parcours de capitaliste flamboyant et de sa vie d’exilé, Vladimir Krymov a servi de prototype pour le personnage de Paramon Korzoukhine dans la pièce de théâtre La Fuite (Beg) de Mikhaïl Boulgakov.
– Le général Alexei von LAMPE (1885-1967).
– Andreï LANSKOI (1902-1976) : peintre russe, il arriva à Paris en 1921
où il fréquenta la Grande Chaumière et se consacra entièrement à la peinture. Après une longue période figurative, il s’orienta vers l’abstraction à partir de 1938. En 1960, il participa à l’exposition Peintres russes de l’École de Paris.
–
Le peintre, graphiste et céramiste Mikhail LATRI (1875-1942).
– Vladimir LEBEDEV (1881-1947) : pionnier de l’aviation, il a été l’un des tout premiers pilotes-aviateurs diplômés en Russie (1910). Fondateur et directeur de plusieurs usines de construction aéronautique et automobile avant la Révolution russe, il a joué un rôle clé dans le développement technologique du pays. Opposant au régime bolchevique, il a été ministre du Commerce et de l’Industrie au sein du Gouvernement Blanc (Armée des Volontaires du général Dénikine) pendant la guerre civile russe. Après la défaite, il a émigré en Serbie puis en France.
– Le diplomate français Adrien de LENS (1885-1952), qui fit partie du corps diplomatique français en poste à Berlin avant et après la Première Guerre mondiale, puis qui fut envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de la République française à Port-au-Prince (Haïti). Il repose ici auprès de son épouse, issue de l’émigration russe.
– La poétesse besarabienne Berthe LIPCHITZ (1889-1972), première épouse du sculpteur cubiste Jacques Lipchitz. Muse des avant-gardes de l’École de Paris, elle a notamment été immortalisée aux côtés de son époux par Amedeo Modigliani en 1916 ainsi que par Juan Gris en 1918.
– La comédienne Nathalie LISSENKO (Anatalia Adrianovna Lissenko : 1884-1969), qui fut l’une des plus grandes figures des studios Albatros à Montreuil, une société de production créée par les émigrés russes après la révolution de 1917. Elle partagea sa vie et l’affiche de très nombreux films avec l’immense star Ivan Mosjoukine, qui fut son mari. Tout comme lui, sa carrière en France et en Allemagne s’arrêta brutalement à la fin des années 1920 avec l’avènement du cinéma sonore, en raison de son fort accent russe.
– Le lieutenant-général Nikolaï LOKHVITSKI (1867-1933), commandant du corps expéditionnaire russe en
France pendant la Première Guerre mondiale.
– Le diplomate Iosif LORIS-MELIKOV (1872–1948), premier secrétaire de l’ambassade de Russie aux États-Unis pendant la première partie de la Première Guerre mondiale, puis ambassadeur de Russie au Siam. Il a participé à l’expédition sibérienne de l’explorateur norvégien Fridtjof Nansen en 1913, visant à ouvrir une route commerciale par la mer de Kara. Après la révolution de 1917, opposé aux Bolcheviks, il a rejoint le gouvernement blanc de l’amiral Koltchak à Omsk, en Sibérie, où il a continué à s’occuper d’affaires diplomatiques.
– Le philosophe Nicolas LOSSKY (1870-1965), qui fut l’un des membres fondateurs de l’intuitivisme et du
personnalisme en Russie ; développant un système philosophique fondé sur l’idée que le monde est un « tout organique » et que la connaissance s’acquiert par l’intuition directe des choses. Avec lui repose son fils, le théologien Vladimir LOSSKY (1903-1958).
– Le prince Gueorgui LVOV (1861-1925), libéral modéré qui rejoignit le Parti constitutionnel-démocrate et
se fit élire député à la toute première Douma d’État de l’Empire russe en 1906. Il entra dans l’histoire pour avoir été le premier chef du gouvernement provisoire russe immédiatement après la révolution de Février et l’abdication de l’empereur Nicolas II en 1917. Président du Conseil et ministre de l’Intérieur ; seul homme politique capable de faire consensus entre la gauche et la droite, il proclama des réformes majeures comme le suffrage universel, les libertés civiles et l’égalité des droits. Jugé trop modéré et incapable de contenir la tourmente révolutionnaire ainsi que la pression de la rue, il démissionna en juillet 1917 au profit d’Alexandre Kerenski. Après la révolution d’Octobre et la prise de pouvoir des bolcheviks, il fut arrêté, parvint à s’évader et s’exila en France. Dans le même caveau reposent en particulier :
- La princesse Hélène LVOV (1894-1971), nièce du précédent, qui se consacra entièrement à la peinture
d’icônes orthodoxes, s’inscrivant dans la pure tradition de l’art iconographique ancien. Elle a réalisé de nombreuses fresques et icônes pour des églises de la diaspora russe en France.
- l’acteur Alexandre WYROUBOFF (1882-1962), qui joua dans les tout premiers films tournés en Russie. Il
émigra en 1922, vécut à Berlin et à Paris. De 1922 à 1929, il fit partie du groupe de Prague du Théâtre d’Art de Moscou. Il travailla ensuite au Théâtre dramatique de Riga. À partir de 1948, il s’établit définitivement en France où il continua de jouer dans diverses troupes théâtrales russes.
- Nicolas WYROUBOFF (1915-2009) : aristocrate russe, sa vie bascula avec la Révolution
d’octobre 1917. Sa mère mourut du typhus en prison tandis que son père s’exila. Resté temporairement en URSS avec ses grands-parents, lui et sa famille obtinrent l’autorisation de quitter le territoire soviétique en 1924. Lors de la déclaration de guerre en 1939, son statut d’apatride lui interdisait de s’engager dans les armées française ou britannique. Refusant la défaite, il s’engagea en août 1940 dans les Forces françaises libres. Il intégra la 1ère DFL et participa activement aux campagnes majeures de la Seconde Guerre mondiale : Campagnes de Syrie, de Libye et de Tunisie, libération de l’Italie puis débarquement en Provence. Il fut nommé Compagnon de la Libération ; faisant de lui l’un des onze citoyens russes à recevoir cette prestigieuse distinction.
– Vassili MAKLAKOV (1869-1957) : avocat influent, député de la Douma, il fut l’ambassadeur de la
république russe en France jusqu’à la reconnaissance de l’Union soviétique. Il présida le comité émigré après 1924.
– Sergueï MAKOVSKI (1877–1962) : poète, critique d’art, issu d’une illustre dynastie artistique ; il fut
éditeur et organisateur d’expositions russe qui joua un rôle majeur durant l’Âge d’argent de la culture russe. Après la révolution bolchevique, il s’est exilé en France. Sous le pseudonyme de Serge Mako, il a également exercé une activité de peintre.
– Le médecin Ivan MANUKHIN (1882-1958) qui mena des recherches en immunologie à l’Institut Pasteur de Paris aux côtés du prix Nobel Ilya Mechnikov. Scientifique avant-gardiste, il s’est spécialisé dans le traitement de la tuberculose et est devenu l’un des pionniers de la radiobiologie. Il a notamment soigné de grandes figures comme l’écrivain Maxime Gorky. Nommé médecin des prisons pendant la Révolution russe, il se distingua par sa stricte neutralité politique. Il s’investit pour sauver de nombreux prisonniers politiques de l’exécution ou des mauvais traitements, qu’ils soient tsaristes ou révolutionnaires. Il repose avec son épouse, la sociologue Tatiana MANOUKHINA (1885–1962), qui travailla plusieurs années sous la direction d’Émile Durkheim sur des recherches en sociologie et sur les religions primitives. Encouragée par Maxime Gorki, elle commença ensuite une carrière littéraire.
– Le prince et homme d’affaires étatsunien, noble d’origine persano-azerbaïdjanaise Alexander MAKINSKY (Iskander Khan Makinsky : 1900-1988). Professeur de sciences sociales à la Sorbonne, il joua un rôle crucial au début des années 1940 en organisant le sauvetage et le placement de centaines de savants et intellectuels juifs ou opposants fuyant le régime nazi. Recruté en 1946, il devint vice-président de The Coca-Cola Export Corporation et principal lobbyiste pour l’Europe. Grâce à ses réseaux diplomatiques et mondains exceptionnels, il orchestra l’expansion de la marque américaine à travers le monde, négociant l’implantation du soda dans des zones géopolitiques complexes comme l’URSS, Israël et l’Égypte.
– L’écrivain Vladimir MAKSIMOV (1930-1995), qui fut l’une des figures de proue du mouvement dissident
soviétique à l’étranger. Après une jeunesse tumultueuse marquée par les camps de travail et les orphelinats, il commence une carrière littéraire couronnée de succès en URSS avant de rompre avec l’idéologie communiste. Exclu de l’Union des écrivains à la suite de la publication à l’étranger de ses romans contestataires, il s’exila à Paris en 1974 (quelques jours après Alexandre Soljenitsyne) et se vit déchoir de sa nationalité soviétique. À Paris, il fonda et dirigea la revue littéraire et politique émigrée Kontinent (1974–1992), qui servit de tribune majeure aux intellectuels d’Europe de l’Est en exil.
– L’architecte Sergueï MALOLETENKOFF (1922-1974), principalement connu pour avoir co-conçu des projets architecturaux d’envergure à Paris au début des années 1970, en particulier le Palais des Congrès à Paris et l’Hôtel Hyatt Regency Paris Étoile (ex-Concorde Lafayette), situé juste à côté.
– Vera MALYCHEFF (1886-1964) : géologue, minéralogiste et pédologue, elle a grandement contribué à la
cartographie des sols en France et en Afrique du Nord. Elle intégra le laboratoire de géographie physique de la Sorbonne en tant que chercheuse et collabora activement avec le laboratoire de minéralogie du Muséum national d’histoire naturelle de Paris ainsi qu’avec l’Institut de paléontologie humaine. Parallèlement, elle enseigna au sein de la Faculté des sciences russo-française de Paris.
– André MANDELSTAM (1869-1949) : juriste et diplomate russe, grand spécialiste du droit international ; il fut l’un des pionniers du mouvement moderne des droits de l’homme. De 1898 à 1914, il travailla à l’ambassade de Russie à Constantinople. Témoin direct du traitement des populations chrétiennes et notamment des prémices des persécutions contre les Arméniens, cette expérience orienta définitivement ses travaux vers le concept d’« intervention d’humanité ».
– Iouri MANDELSTAMM (1908-1943) : poète et critique littéraire russe, il mourut en déportation dans une
annexe du camp de concentration d’Auschwitz. Bien qu’il soit né dans une famille juive, il se convertit au christianisme orthodoxe en 1935 avant d’épouser la fille du compositeur Igor Stravinsky, Ludmila Igorevna Stravinskaya La tombe de son épouse lui tient lieu de cénotaphe.
– L’écrivaine Tatiana MELNIK-BOTKINA (1898-1986) : fille d’Eugène Botkine, le médecin personnel du Tsar
Nicolas II qui fut également assassiné à Iekaterinbourg, elle grandit à Saint-Pétersbourg et côtoya les enfants impériaux. À partir de 1926 et pendant près de soixante ans, elle soutint fermement qu’Anna Anderson était en réalité la Grande-Duchesse Anastasia, la plus jeune fille du tsar qui aurait survécu au massacre. Elle publia plusieurs récits à ce sujet.
– Pavel MENDELEEV (1863-1951) : maréchal de la noblesse et membre du Conseil d’État de l’Empire russe
(1915), il émigra d’abord au Royaume-Uni en 1919 avant de s’installer définitivement en France.
– Dimitri MEREJKOVSKI (1866-1941) : écrivain et critique littéraire
russe. Il fut principalement l’auteur de romans historiques et figure parmi les écrivains les plus lus et les plus célèbres du début du XXe siècle. Proche des socialistes révolutionnaires, il espérait réconcilier Jésus et la révolution et faire de la religion l’âme du socialisme. Sa trilogie Le Christ et l’Antéchrist (1905) lui apporta une gloire mondiale. Fuyant la terreur bolchévique, il s’installa à Paris en 1921 pour y demeurer jusqu’à la fin de ses jours. Son épouse Zinaïda HIPPIUS (1869-1945) partageait ses opinions et fut surnommée par Léon Trotski « la Sorcière ». Comme son mari, elle accueillit avec faveur la chute du régime impérial avant de vouer aux bolchéviques une haine absolue ainsi que l’atteste son singulier Journal sous la terreur. Leur monument funéraire abrite une copie de l’icône de la Trinité d’Andreï Roublev.
– Aleksey MESCHERSKY (1867-1938) : banquier et industriel. Surnommé le « Ford russe » en raison de
son influence majeure sur le développement industriel du pays, il est notamment connu pour avoir dirigé et co-possédé les usines métallurgiques de Sormovo et de Kolomna, qu’il a fusionnées pour créer un puissant consortium. Avec lui repose sa fille, Nina KRIVOSHEINA (1895-1981). Issue d’une famille de l’aristocratie industrielle de l’Empire russe, elle fuit la Russie à la suite de la révolution bolchévique. Séduite comme beaucoup d’émigrés par la propagande soviétique
après la Seconde Guerre mondiale, sa famille choisit de rentrer en Union Soviétique en 1948. Son mari et son fils y connurent la répression et le Goulag. La famille fut finalement autorisée à regagner la France au cours des années 1970. Son ouvrage autobiographique, Quatre tiers de notre vie, offrit un témoignage sur la condition de l’émigration russe et a notamment servi d’inspiration pour le film franco-russe de Régis Wargnier Est-Ouest (1999).
– Jean de MESSINE (Ivan Kourakine : 1874-1950) : d’abord officier de cavalerie, il mena ensuite une
carrière de haut fonctionnaire et d’homme politique. Il fut notamment député à la IIIe Douma d’État russe. Durant la guerre civile russe, il s’engagea auprès des armées blanches et occupa le poste de ministre des Finances au sein du gouvernement provisoire de la région du Nord. Il émigra et prononça ses vœux monastiques. En octobre 1950, il fut consacré évêque de Messine, vicaire de l’Archevêché des paroisses orthodoxes russes en Europe occidentale, mais il mourut quelques jours plus tard. Avec lui repose sa fille, Irène Kourakina (1903-1983), qui fut la seconde épouse du grand duc Gabriel Romanov.
– Vera MESTCHERSKY (1879-1949) : aristocrate et ancienne dame d’honneur, elle est célèbre pour avoir fui
la révolution d’Octobre et fondé en 1927 la Maison russe à Sainte-Geneviève-des-Bois ; ce lieu servant de maison de retraite pour les émigrés russes blancs âgés et démunis réfugiés en France. Elle est donc intimement liée à l’histoire de ce cimetière.
– Le zoologiste et immunologiste Serguei METALNIKOFF (1870-1946) : ancien élève de Menchikov et
Pavlov, il intégra en 1919 l’Institut Pasteur à Paris, où il dirigea le groupe de recherche sur l’immunité des insectes. Ses travaux sur les maladies des insectes ont fortement contribué au développement des premières méthodes de lutte biologique contre les parasites agricoles à l’aide de micro-organismes.
– Le baron Theophil von MEYENDORFF (1886-1971), peintre et miniaturiste d’origine russo-allemande de la Baltique. Il fut l’auteur d’œuvres de petite taille et des portraits d’aristocrates ou de figures historiques russes et européennes.
– Le peintre Nicolas MILLIOTI (1874-1962), qui fut l’une des figures majeures du symbolisme russe au
début du XXe siècle. Il fut l’un des organisateurs et participants actifs de l’exposition d’art d’avant-garde La Rose Bleue à Moscou en 1907, un événement fondateur pour le mouvement symboliste en Russie. Après la révolution russe, il s’exila et poursuivit sa carrière à l’étranger. Il participa notamment à la création de la Maison russe des arts à Berlin avant de s’installer définitivement en France. Sa tombe a été refaite : la simple croix en bois a été remplacée par une stèle sur laquelle figure une rose bleue.
– La chanteuse et actrice de théâtre Lidia MIZINOVA-SANINA (1870-1939), qui fut la muse et l’amie intime
d’Anton Tchekhov (elle a principalement inspiré le personnage de Nina Zaretchna dans sa pièce de théâtre La Mouette).
– Dimitri MOLLOF (1910-2006) : secrétaire du Parti démocrate bulgare, il a fuit la dictature communiste et s’est installé à Paris en 1950 avec sa famille.
– Le chanteur d’opéra (basse) Alexandre MOSJOUKINE (1877-1952), frère aîné d’Ivan (qui suit).
– Ivan MOSJOUKINE (1889-1939) : comédien et réalisateur russe
naturalisé français dans les années 1920, il fut le comédien le plus marquant du cinéma russe d’avant la Révolution avec notamment Le Père Serge. Il devint ensuite un des membres de la communauté cinématographique des Russes blancs qui émigrèrent en France après la Révolution d’Octobre, et un des acteurs les plus marquants du cinéma muet français (Il avait été pressenti pour jouer le Napoléon de son ami Abel Gance, mais a finalement laissé le rôle à Albert Dieudonné). Il fut surnommé le Rudolph Valentino russe, mais l’arrivée du parlant provoqua la fin de sa carrière d’acteur, en raison d’un accent russe très prononcé. Romain Gary se plaisait à faire croire qu’Ivan était son père. Avec lui repose son frère, l’artiste lyrique Alexandre MOSJOUKINE (1877-1952).
– Léon MOURAVIEFF (1905–1987) : compositeur d’origine ukrainienne. Bien que sa vie et son œuvre restent relativement méconnues du grand public, il a laissé un répertoire de musique classique contemporaine ; des pièces instrumentales et orchestrales se distinguent par une écriture intimiste ou descriptive, souvent centrée sur les cordes, le piano et les instruments à vent.
– L’architecte Pavel MULCHANOV (1857-1942), particulièrement actif à Saint-Pétersbourg. Ses réalisations s’inscrivent de manière emblématique dans le courant de l’Art nouveau russe. • Ses façades se distinguent souvent par des ornements fluides, des lignes asymétriques et des éléments sculpturaux typiques de cette époque.
– Pyotr MURAVYOV (1860-1940), amiral de la Marine russe.
– Elizabeth NARISHKIN-KOURAKIN (1838-1928) : Grande maîtresse de la Cour de 1910 à 1917, elle servit
l’impératrice Alexandra Feodorovna. Après l’exil, elle rédigea ses mémoires ; témoignage précieux sur la vie quotidienne de la famille Romanov et les coulisses politiques avant l’effondrement de l’empire.
– L’actrice Nathalie NATTIER (Natacha Belaieff : 1924-2010). Formée au célèbre Cours Simon, elle
commença sa carrière cinématographique en 1943. Celle-ci reste principalement marquée par un événement majeur : elle fut choisie parmi 90 candidates pour remplacer Marlène Dietrich dans le film culte de Marcel Carné, Les Portes de la nuit (1946), où elle donna la réplique à un Yves Montand débutant. Surnommée « la plus belle fille du monde » d’après une réplique du film, elle fit face au semi-échec de l’œuvre à sa sortie. Le rôle, initialement écrit pour une femme fatale plus mûre, correspondait difficilement à sa jeunesse (elle avait à peine 20 ans). Cet échec freina son ascension, la cantonnant par la suite à des seconds rôles au cinéma durant les années 1950, ainsi qu’au théâtre de boulevard. Elle repose avec sa fille, l’actrice
Tania TORRENS (1945-2024), reconnue pour sa prestigieuse carrière sur les planches et son travail emblématique dans le milieu du doublage. Elle fut sociétaire de la Comédie-Française dès 1966. Elle quitta ce statut en 1988 mais continua de marquer le théâtre contemporain, notamment à travers sa collaboration marquante avec Catherine Hiegel dans la pièce La Nostalgie des blattes. Pour le grand public, Tania Torrens est immédiatement identifiable à son timbre de voix grave et élégant : elle fut la voix française régulière de Sigourney Weaver pendant plusieurs décennies, l’accompagnant sur ses rôles les plus cultes, de la saga Alien à Avatar. Elle a également prêté sa voix à la Reine Lillian dans les films d’animation Shrek.
– L’écrivain Viktor NEKRASSOV (1911-1987), célèbre pour ses récits réalistes sur la Seconde Guerre
mondiale et son engagement dissident. Blessé à la bataille de Stalingrad, son expérience du front lui inspira son premier roman, Dans les tranchées de Stalingrad (1946). L’ouvrage rencontra un triomphe mondial immédiat et lui valut le prix Staline. Ce livre posa les bases de la « prose de lieutenants », un courant littéraire soviétique caractérisé par un regard sobre, humain et dénué de propagande sur la vie quotidienne des soldats au front. Progressivement, l’écriture de Nekrassov évolua vers la critique sociale. Dès la fin des années 1960, il bascula ouvertement dans l’opposition politique aux côtés de figures telles qu’Alexandre Soljénitsyne et Andreï Sakharov. Exclu du Parti communiste en 1973, il émigra en France où il collabora activement à des revues d’exilés comme Kontinent.
– le violoniste hongrois de confession tzigane Yoska NEMETH (1921-1965), mondialement surnommé "Le
Prince des Tziganes". Héritier d’une longue dynastie de musiciens transmettant leur art de père en fils, il s’est imposé comme le chef de file incontournable de la musique tzigane en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Virtuose hors pair, il collabora avec de grandes figures du jazz et de la musique de son temps, notamment Django Reinhardt, Matelo Ferret et Sonia Dimitrevitch. En 1956, il reçut le Grand Prix du Disque décerné par l’Académie du disque français.
– Nikolaï NETCHAÏEV (1875–1954) : député de la IVe Douma d’État.
– L’archevêque NIKON (Alexei de GREVE (1895-1983), qui exerça d’abord à Bratislava et à Paris avant
d’être envoyé aux États-Unis en 1947. Il fut évêque de Toronto et du Canada (1952–1960), archevêque de Tokyo et de tout le Japon (1961–1964) puis archevêque titulaire de Brooklyn et Manhattan (1965–1978).
– Le pianiste et compositeur Walter NOUVEL (1871-1949), figure centrale de la scène artistique du début du XXe siècle. Il est particulièrement connu pour son rôle de collaborateur proche, secrétaire et biographe des plus grands noms de l’avant-garde culturelle russe en exil, notamment Serge de Diaghilev et Igor Stravinsky, dont il contribua à élaborer les biographies. Après avoir fui la Russie soviétique en 1919, il s’installa en France où il devint l’homme de confiance, le secrétaire général et l’administrateur de facto de la compagnie des Ballets Russes menée par Diaghilev.
– Nina NOVAKOVSKAÏA (1889-1966), qui fut la première femme diplômée en architecture de l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg.
– Le poète Ivan NOVGOROD-SEVERSKY (Jan Plyashkevich : 1893-1969), auteur de contes.
– Gay ORLOVA (Galina Orloff : 1915-1948) : après avoir émigré aux États-Unis, elle devint une danseuse
vedette de Broadway au début des années 1930. De 1934 à 1936, elle partagea la vie luxueuse de Charles "Lucky" Luciano, le chef de la mafia américaine, et s’afficha comme sa maîtresse en titre au Waldorf-Astoria. Après la condamnation de Luciano en 1936, elle fut bannie des États-Unis. Exilée en France, elle épousa un comte pour obtenir la nationalité française. Interdite par les autorités de rejoindre Luciano après l’expulsion de ce dernier en Italie, elle sombra dans la précarité et se donna la mort à Paris.
– Vasily OSTRROGRADSKY (1865-1931), qui fut député de la Douma.
– Le poète et traducteur Nikolaï OTSOUP (1884-1958). Figure centrale de l’« école russe » de Paris, il a été
un passeur culturel majeur entre la Russie, la France et l’Italie.
– Le général Sergueï OULAGAÏ (1875-1944), qui rejoignit le mouvement des Armées blanches pour
combattre les bolcheviks. En 1920, sous les ordres du général Piotr Wrangel, il dirigea une importante opération de débarquement amphibie dans le Kouban visant à soulever les cosaques locaux contre le pouvoir soviétique. Malgré des succès initiaux, l’opération se solda par un échec face à la supériorité de l’Armée rouge. Après la défaite des Blancs, il s’exila en Europe et s’installa un temps en Albanie, où il aida notamment Ahmet Zogu (futur roi Zog Ier) à reprendre le pouvoir en 1924.
– Léonide OUSPENSKY (1902-1987) : iconographe, peintre et théologien orthodoxe russe majeur, il est
considéré comme le principal artisan du renouveau de l’art de l’icône traditionnelle au XXe siècle en Occident. Établi en France après la révolution russe, il a consacré sa vie à restituer la profondeur théologique et liturgique de l’iconographie orthodoxe face aux influences picturales occidentales.
– Le physicien Dimitri PANINE (1911-1987) : interné de 1940 à 1955, il passa quatre ans de captivité avec
Soljenitsyne qui traça son portrait sous le noms de Sologdine dans Le premier cercle. Il émigra en 1972 et ne cessa de dénoncer le régime soviétique. Il fut l’auteur des Mémoires de Sologdine.
– Le chimiste Boris PANTELEIMONOV (1880–1950), qui après une carrière scientifique et industrielle de premier plan, se tourna vers la littérature à la fin de sa vie à Paris, publiant des recueils de nouvelles.
– L’ingénieur Isaaki PASTAC (1894-1965), qui en collaboration avec Georges Truffaut,
déposa en 1932 le brevet du DNOC. Ce composé est historiquement considéré comme l’un des tout premiers herbicides organiques et sélectifs au monde, largement utilisé pour le désherbage des céréales avant l’arrivée des produits de synthèse modernes.
– L’iconographe Galina PETROFF-LAPIERRE (1922-2020). Ses œuvres (comme ses icônes du Christ Pantocrator et de la Mère de Dieu) sont conservées ou ont été restaurées au sein de différentes communautés et paroisses orthodoxes en France.
– L’historienne médiéviste Aleksandra PETRUNKEVIČ (1873-1965).
– Antoine PEVSNER (1886-1962), qui fut un des grands sculpteurs
abstraits du 20e siècle. Fondateur du constructivisme russe avec son frère Naum Gabo et quelques autres artistes, il a contribué en 1931 au mouvement artistique abstraction-création. Une de ses œuvres est placé à coté de sa tombe.
– Le contre-amiral Sergey POGULYAKEV (1873-1941).
– Vladimir POHL (1875-1962). Pianiste et compositeur, il arriva en France en 1920. Il fut professeur au
Conservatoire russe de Paris (futur Conservatoire Serge-Rachmaninoff). Marqué par le classicisme, son catalogue comprend notamment de la musique de chambre, des mélodies et des pièces pour piano seul. Il repose avec son épouse, Anna ROUBAN (1874-1955), soprano et enseignante de chant.
– Serge POLIAKOFF (1900-1969) : installé à Paris en 1923, il s’inscrivit
à l’Académie de la Grande Chaumière en 1929. Ses peintures demeurèrent académiques jusqu’à la découverte qu’il fit de l’art abstrait et de la luminosité des couleurs des sarcophages égyptiens. Il se lia peu après avec Kandinsky, Sonia et Robert Delaunay, ou encore Otto Freundlich. Sa peinture se dégageant de toute représentation, Poliakoff fut rapidement considéré comme l’un des peintres les plus puissants de sa génération. Membre notable de l’Ecole de Paris, il développa une forme très particulière de peinture abstraite et juxtaposa diverses surfaces de couleur. Dans les années 40, il s’en tint aux tons gris-marron et étoffa sa gamme de couleurs de tons vifs tranchants à partir de 1950.
– Le poète Boris POPLAVSKI (1903-1935). Surnommé l’« enfant terrible » de Montparnasse ou le «
Rimbaud russe », il incarna la « génération inaperçue », ces jeunes auteurs russes exilés pris en étau entre la nostalgie de leur patrie et l’assimilation à la culture occidentale. À Paris, il mena une vie de bohème précaire à Montparnasse. Personnage excentrique et aux multiples talents, il s’adonna à la peinture, à la boxe, et s’intéressa de près au mysticisme. Marqué par la pauvreté et des troubles névrotiques, il mourut prématurément d’une overdose d’héroïne. De son vivant, Poplavski n’a pu publier qu’un seul recueil de poèmes. Le reste de son œuvre, resté à l’état de manuscrits, a été publié à titre posthume ou redécouvert bien plus tard.
– Jovan POPOVIĆ-LIPOVAC (1856–1919) : adjudant monténégrin du roi Nicolas Ier de Monténégro, il
devint général dans l’armée impériale russe. Polyglotte émérite, il parlait couramment le serbo-croate, le russe, le français, l’anglais et l’italien. Il a publié d’importants écrits sur la culture des Balkans, mais également poèmes et récits de voyage.
– Le général Andreï POSOKHOV (1872-1931), qui participa à la guerre russo-japonaise, à la Première Guerre mondiale et à la guerre civile en Russie.
–
L’écrivaine Natalia POTAPENKO (1889-1974).
– L’officier de marine russe et hydrographe Vladimir POTAPOFF (1881-1968) qui s’illustra en tant que chef
de la défense des embouchures russes du Danube. En son honneur, un canal navigable situé à l’embouchure du Danube fut baptisé de son nom. Durant la guerre civile russe, il servit au sein de la flotte de la mer Noire au dans l’armée blanche. Après l’évacuation de la Crimée en 1920, il devint le commandant naval supérieur à Gallipoli. Émigré en France, il s’installa en région parisienne et comme de nombreux officiers en exil, il subvint à ses besoins en travaillant comme chauffeur de taxi et ouvrier dans les usines Renault.
– Olga POTEMKINE (1942–1993), chanteuse spécialisée dans l’interprétation de musiques traditionnelles et tsiganes russes.
– Evguenia POTOPTCHINA (1881–1962) : soprano et actrice d’opérette, elle fut l’une des plus grandes
stars du théâtre musical russe au début du XXe siècle. Après son mariage avec l’imprésario Boris Evelinov, le couple fonda sa propre compagnie d’opérette en 1910. Dès 1911, la troupe s’installa à Moscou. En 1919, les autorités soviétiques ordonnèrent la fermeture de son théâtre. En 1920, le couple émigra à Berlin, où ils ouvrirent un cabaret.
– Le prince et contre-amiral Nikolay POUTIATINE (1862-1927).
– La danseuse Olga PREOBRAJENSKAÏA (1871-1962), qui fut
particulièrement appréciée par Toscanini. Emigré à Paris, elle ouvrit une école de danse où elle forma un très grand nombre de futures étoiles, dont Margot Fonteyn et Tamara Toumanova. De très nombreuses sources l’inhument par erreur au cimetière Montmartre.
– Le chimiste et photographe Sergueï PROKOUDINE-GORSKI (1863-1944), universellement reconnu
comme l’un des grands pionniers de la photographie couleur. Il a légué une chronique visuelle unique de l’Empire russe du début du XXe siècle, saisissant les visages, l’architecture et les paysages d’un monde à la veille de bouleversements majeurs. Entre 1903 et 1916, le photographe parcourut des milliers de kilomètres, immortalisant la diversité culturelle du pays. Après la Révolution russe de 1917, il quitta définitivement son pays en emportant une grande partie de ses précieuses plaques de verre. En 1948, ses héritiers cédèrent la collection survivante à la Bibliothèque du Congrès de Washington.
– L’écrivain et traducteur Michel RASLOVLEV (Mikhaïl Mikhaïloff-Raslovleff : 1892-1987). Son nom est
historiquement lié à la démonstration de la fausseté du célèbre pamphlet antisémite les Protocoles des Sages de Sion.
– Alexandre RATKOV-ROZHNOV (1858-1930) : membre de la IVe Douma d’État (1912–1917), il était maréchal de la noblesse. Il fut enterré à Sainte-Michel-sur-Orge, puis réinhumé dans ce cimetière.
– L’écrivain Alexeï REMIZOV (1877-1957), qui fut également dessinateur et calligraphe. Connu pour son
imagination fantastique et son style profondément original imprégné de folklore, il a exercé une influence considérable sur la prose russe des années 1920. A Paris, il fréquenta la génération surréaliste. Très myope, Remizov avait une perception visuelle singulière et a consacré une grande partie de ses écrits à la transcription de cauchemars, de songes et de visions, notamment dans son ouvrage Le Feu des choses.
– Le sculpteur Marcel RENARD (1893-1974), fils et petit-fils de sculpteurs, se forma aux Beaux-Arts de Paris auprès d’Alfred Boucher et d’Auguste Patey. Figure importante du style Art déco lyonnais. Il remporte le Second Grand Prix de Rome en gravure de médaille en 1923. Son travail s’étend de la médaille fine à la sculpture monumentale, collaborant notamment avec le céramiste André Fau. Il repose ici car son épouse était d’origine russe.
– Le clarinettiste et chef d’orchestre de jazz André RÉWÉLIOTTY (1929-1962), principalement connu pour
avoir été l’un des accompagnateurs privilégiés de la légende du jazz Sidney Bechet durant les années 1950. Il fut victime d’un accident de voiture mortel.
– Dimitri RIABOUCHINSKY (1882-1962) : physicien et mathématicien, il fut spécialiste de
l’hydroaérodynamique et de la mécanique des fluides. Issu d’une richissime famille d’industriels moscovites, il a mis sa fortune personnelle au service de la recherche scientifique en cofondant en 1904, aux côtés de Nikolaï Joukovski, l’Institut d’aérodynamique de Koutchino, le tout premier institut spécialisé d’Europe dans ce domaine. Après la Révolution d’Octobre, il ut contraint à l’exil et s’établit à Paris. Il y poursuivit une brillante carrière universitaire à l’Université de Paris, et fut élu correspondant à l’Académie des sciences française. Sur le plan théorique, ses contributions majeures incluent la découverte de la technique du « solide de Riabouchinsky ». Avec lui repose son épouse Véra (1883-1952), ancienne demoiselle d’honneur des impératrices Marie Feodorovna et Alexandra Feodorovna de Russie, qui fut également critique musical. Dans la tombe repose également, parmi leurs filles, Marie (1910-1939), qui fut peintre.
– Sergueï RODZIANKO (1878-1949) : élu député en 1912 de la IVe Douma, il a rejoint la faction des Octobristes et a participé activement au Bloc progressiste. Après la Révolution d’Octobre, il émigra en France.
– Le Grand duc de Russie Andreï ROMANOV (1879-1956), petit-fils du tsar Alexandre II et cousin
germain du dernier empereur Nicolas II, il est historiquement considéré comme le dernier grand-duc en vie né dans l’Empire russe avant la Révolution. Il eut longue relation passionnée avec la célèbre Prima ballerina assoluta au prestigieux Théâtre Mariinsky
Mathilde KSCHESSINSKA (1872-1971), d’origine polonaise, ancienne maîtresse de Nicolas II, qu’il épousa en exil à Cannes en 1921. La Révolution russe de 1917 brisa son univers de faste. Son hôtel particulier à Saint-Pétersbourg fut pillé et servit de quartier général à Lénine. Après avoir fui par le Caucase, elle s’installa définitivement en France en 1920. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle ouvrit une célèbre école de danse en 1929 au cœur de la capitale. Véritable monument vivant, elle y forma des futures étoiles mondiales comme Margot Fonteyn ou Tatiana Riabouchinska. Elle mourut à l’âge exceptionnel de 99 ans.
– Le Grand duc de Russie Gabriel ROMANOV (1887-1955), arrière-petit-fils du tsar Nicolas Ier, il fut colonel dans
l’armée impériale russe et l’un des rares membres de sa fratrie à survivre à la Révolution de
1917 avant de s’exiler en France. Il repose avec sa première épouse, la danseuse Antonina NESTOROVSKAÏA (1890-1950), avec laquelle il s’était marié secrètement suite au refus du mariage par le tsar. Durant la révolution bolchevique, alors que le prince Gabriel était emprisonné, elle joua un rôle déterminant pour le libérer en sollicitant l’intervention de l’écrivain Maxime Gorki. Sa seconde épouse repose également dans ce cimetière (voir Kourakine).
–
L’actrice de théâtre Ekaterina ROCHTCHINA-INSAROVA (1883–1970).
–
Eugène RUBIN-RAYS (1906-2001) : photographe de mode, portraitiste et peintre ; il est principalement reconnu comme l’une des figures majeures de la photographie de mode surréaliste, gravitant dans le même cercle artistique que des génies de l’avant-garde comme Man Ray, avec qui il partageait le milieu créatif effervescent de Montparnasse. Son esthétique intègre des éclairages hautement théâtraux, des drapés classiques, des décors élaborés et des techniques expérimentales de la chambre noire (telles que le collage ou la solarisation, une méthode également indissociable des travaux de Man Ray). Il immortalisa les créations de couturiers légendaires tels que Christian Dior, Balenciaga, Schiaparelli, Hermès ou Jean Patou. Sur sa tombe, il est étrangement qualifié "d’écrivain".
– Lydia RYNDINA (1883-1964) : actrice de théâtre, elle fut une des premières actrices russe de cinéma
muet. Elle s’exila à Paris et fut inhumé au cimetière parisien de Thiais, avant un transfert l’année suivante dans ce cimetière [3]. Elle alla rejoindre dans la tombe son second mari, Sergueï SOKOLOV-KRETCHETOV (1875-1936), poète et éditeur russe ; fondateur et rédacteur en chef des éditions symbolistes « Grif » (1903-1914), et de l’almanach « Grif ». Il fut l’un des idéologues du « Mouvement blanc » et directeur de la revue Toison d’or.
– Nikolai SAKOV (1889-1930), qui s’illustra comme l’un des tout premiers pilotes militaires de l’histoire,
servant à la fois dans l’aviation grecque (notamment durant les guerres balkaniques) et dans l’aviation russe (pendant la Première Guerre mondiale et aux côtés des Armées blanches). Il fut le pilote personnel du roi Constantin Ier de Grèce.
– Le comte Alexandre SALTYKOV (1872-1940), qui durant l’entre-deux-guerres s’imposa comme une figure intellectuelle de l’émigration blanche. Il collabora avec de grands penseurs russes (comme Pierre Struve et Ivan Iline) au journal Vozrojdénie (La Renaissance) et donna des conférences littéraires et historiques.
– Nikanor SAVITCH (1869-1942) : député influent, il s’imposa comme un expert majeur des questions
navales et militaires au sein de la Douma d’État. Il appartenait au parti des Octobristes (modérés/constitutionnels). Opposant aux Bolcheviques, il rejoignit le mouvement des Armées blanches dans le Sud de la Russie. Il devint un proche conseiller et collaborateur du général Anton Denikine.
– Ioulia SAZONOVA (1884-1957) : critique de ballet reconnue, elle a écrit d’importants ouvrages sur
l’histoire de la danse et les liens culturels entre la France et la Russie. Elle a également marqué l’histoire des arts de la scène en créant et mettant en scène des spectacles de marionnettes et de théâtre d’ombres très novateurs en Russie, puis en Europe.
– Alexander SCHTSCHERBATSKI (1870-1952) : ancien ambassadeur de l’Empire russe au Brésil de mars 1916 à novembre 1917, il géra également par intérim les relations diplomatiques avec l’Uruguay, le Paraguay et le Chili.
– Le journaliste Yuli SEMYONOV (1873-1947), qui fut vice-président du groupe parisien du Parti constitutionnel démocratique (Parti des Cadets ou Parti de la liberté du peuple). Il a activement participé à la création et à l’organisation de diverses structures antibolcheviques à l’étranger et prit pris la direction du quotidien de l’émigration russe à Paris, Vozrojdénie (La Renaissance), succédant à Piotr Struve.
– Zinaïda SEREBRIAKOVA (1884-1967), qui fut la première femme russe à être reconnue comme un
peintre important. Elle s’établit à Paris en 1905-1906 et étudia à l’Académie de la Grande Chaumière, mais elle se trouvait en Russie lorsque la Révolution survint : ruinée, elle put regagner Paris en 1924, où elle reçut la commande de décorer de grands panneaux. A partir de 1960, elle put revoir ses enfants restés en Russie et exposa même avant sa mort dans son pays d’origine. Elle repose avec son fils, le peintre et décorateur Alexandre Borissovitch SEREBRIAKOFF (1907-1995) et sa fille, l’aquarelliste Catherine SEREBRIAKOFF (1913-2014).
– Le compositeur et chef d’orchestre Aleksandr SHEREMETEV (1859-1931), qui fonda son propre orchestre symphonique et en organisant de nombreux concerts publics et gratuits. Il a notamment dirigé la toute première représentation russe du Parsifal de Richard Wagner.
– Nikolay SHIDLOVSKY (1859-1935) : maréchal de la noblesse, il fut député à la IIIe et IVe Douma d’État sous la bannière des Octobristes et du Bloc progressiste.
– Danilo SKOBTSOV (1884-1969). Durant la guerre civile russe, il a exercé les fonctions de président du gouvernement de la République populaire du Kouban (1919–1920), luttant aux côtés des Armées blanches contre les bolcheviks. Après la défaite des armées blanches, il s’est enfui via la Géorgie et Constantinople pour s’installer à Paris en 1923. En exil, il a travaillé notamment comme chauffeur de taxi tout en publiant des ouvrages historiques sur les Cosaques.
– La mezzo-soprano et contralto Mariya SLAVINA (1858-1951) qui fut l’une des figures majeures de la
scène lyrique russe au tournant du XXe siècle. Elle fit l’essentiel de sa carrière au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, où elle se produisit de 1879 à 1917. Proche du compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski, elle est entrée dans l’histoire de la musique pour avoir créé le rôle de la Comtesse lors de la première mondiale de l’opéra La Dame de pique en 1890. Elle fut également la première interprète de Carmen en Russie. Elle émigra en France en 1920 où elle enseigna le chant.
– Le peintre Georges SLOBODZINSKIY (1896-1967). Rattaché à l’École de Paris, son œuvre se caractérise principalement par des paysages urbains et des représentations architecturales.
– Le poète Vladimir SMOLENSKY (1901-1961), souvent associé à la "génération inaperçue" des poètes de
Montparnasse. Ses textes sont marqués par un lyrisme profondément philosophique et mélancolique, explorant la solitude humaine, les souffrances terrestres, l’amour et la mort.
– Dan SOLOJOFF (1908-1994) : artiste très éclectique, son œuvre picturale se caractérise par un style
coloré et poétique mêlant le surréalisme et le néo-primitivisme, souvent comparé à l’univers de Marc Chagall.
– Sergueï SOLOMKO (1867-1928) : peintre, aquarelliste, graphiste et illustrateur russe associé à l’Art
nouveau, il vécut vécu une grande partie de sa vie en France où il s’installa en 1910. Il illustra des magazines littéraires russes et des œuvres de grands auteurs tels que Pouchkine, Tchekhov, Lermontov et Gogol. Il collabora également avec la fabrique impériale de porcelaine et la maison Fabergé. Il réalisa des aquarelles d’inspiration historique, des illustrations pour des auteurs français (Anatole France, Paul Verlaine, Alfred de Musset) et de nombreuses cartes postales.
– Nikolay SOMOV (1866-1934), qui fut député de la IVe Douma d’État.
– Le peintre symboliste Konstantin SOMOV (1869-1939), qui se lia pendant ses études avec Alexandre Benois,
Serge Diaghilev et Léon Bakst et se rendit avec eux à Paris. Il contribua à illustrer la revue Mir Iskousstva que ses trois compagnons fondèrent en 1899. Nommé professeur à l’École des beaux-arts de Saint-Pétersbourg en 1918, il quitta la Russie en 1923 puis s’installa à Paris. Portraitiste et paysagiste, il peignit de nombreuses scènes homo-érotiques de sa "muse" Boris SNEZHKOVSKY (1910–1978), qui repose aussi dans ce cimetière.
– Le juriste, philosophe et sociologue Valentin SPÉRANSKI (1877–1957), qui enseigna à l’Université impériale de Saint-Pétersbourg puis à la Sorbonne après son exil en France.
– Le poète et écrivain Nikolaï STANYUKOVITCH (1898-1977).
– Mikhaïl STAKHOVITCH (1861-1923) : membre fondateur du parti des Octobristes (Union du 17 octobre), il fut élu député de la Douma d’État en 1906. Après la révolution de Février 1917, le gouvernement provisoire dirigé par le prince Gueorgui Lvov le nomma gouverneur général du grand-duché de Finlande. Il tenta de stabiliser les relations complexes entre la Russie révolutionnaire et la Finlande en quête d’indépendance. À la fin de l’année 1917, il fut désigné comme ambassadeur de Russie à Madrid par le gouvernement provisoire dirigé par Kerenski, mais la révolution d’Octobre et la prise de pouvoir des Bolcheviks mirent rapidement fin à ses fonctions officielles.
– L’amiral Georgui STARK (1878-1950). Après la révolution, il refusa de servir le régime bolchevique et rejoignit le mouvement blanc sous l’autorité de l’amiral Alexandre Koltchak. En 1922, il prit le commandement de la flottille militaire sibérienne. Comme de nombreux officiers blancs, il s’exila en France et s’installa à Paris. Pour subvenir à ses besoins, il devint chauffeur de taxi.
– L’artiste multidisciplinaire Dmitri STELLETSKY (1875-1947), connu comme sculpteur, peintre iconographe,
décorateur de théâtre, illustrateur et architecte. Profondément inspiré par l’art byzantin et le folklore de la Vieille Russie, il a consacré sa carrière à faire revivre l’héritage culturel russe, d’abord au sein de l’Empire russe, puis en exil en France après la révolution. Il s’installa en France en 1914 et établit son atelier près de Cannes, réalisant de nombreuses fresques et décorations pour l’aristocratie de la Côte d’Azur. L’Église Saint-Serge de Paris (19e arrondissement) est sans doute son chef-d’œuvre monumental : entre 1925 et 1927, il conçut l’aménagement architectural en bois sculpté et peignit l’intégralité de l’iconostase et les fresques murales. Ses peintures mêlent techniques traditionnelles de l’icône et esthétique de l’Art nouveau.
– Théodore STRAWINSKY (1907-1989) : fils aîné d’Igor Strawinsky, il devint un peintre renommé,
particulièrement pour sa peinture religieuse. Il décora ainsi un grand nombre d’églises dans le monde.
– Dmitri STRÉMOOUKHOFF (1902-1961) : historien de la pensée religieuse et de la littérature russe. Professeur à la Sorbonne, il est notamment célèbre pour son étude de référence sur le concept historique de « Moscou, troisième Rome ».
– Le prince Georges STROGANOFF-SCHERBATOFF (1897-1977) qui fit carrière dans le renseignement
militaire américain. Parlant couramment le russe et l’anglais, il a notamment servi d’interprète officiel au président Franklin D. Roosevelt lors de la Conférence de Yalta en 1945. Dans la même tombe repose Alexandre SAVINSKY (1869-1935), directeur de la chancellerie du ministère des Affaires étrangères sous le règne de Nicolas II, qui fut ambassadeur de la Russie en Bulgarie (1913-1915) où malgré ses efforts pour maintenir la Bulgarie dans la sphère d’influence russe et de l’Entente, il ne parvint pas à empêcher le tsar Ferdinand Ier de s’allier aux Empires centraux (Allemagne et Autriche-Hongrie) en 1915. Exilé en France, il laissa des Mémoires qui constituent un témoignage historique précieux sur les coulisses de la diplomatie tsariste, les relations franco-russes et les secrets de la cour avant la Première Guerre mondiale.
– L’économiste Piotr STRUVE (1870-1944). Dans les années 1890, il s’imposa comme le principal
théoricien du « marxisme légal » en Russie. Contrairement à Lénine, il préconisait l’évolution du capitalisme vers le socialisme par des réformes démocratiques au sein d’une monarchie constitutionnelle, plutôt que par une révolution violente. Paradoxalement, il rédigea le premier manifeste du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) en 1898, parti dont fut issue plus tard la faction bolchevique. Il s’éloigna rapidement du socialisme pour fonder le parti constitutionnel-démocrate (Parti Cadet) et devint député à la Douma en 1907. Après la révolution d’Octobre 1917, il rejoignit le mouvement des Armées blanches antibolcheviques et servit de ministre des Affaires étrangères au général Wrangel. Il s’exila ensuite en Europe. Dans la même tombe repose le théologien
Basile ZENKOVSKY (1881-1962). En 1918, dans le contexte tumultueux de la révolution et de l’indépendance ukrainienne, il occupa brièvement le poste de ministre de la Religion au sein du gouvernement de l’Hetmanat de Pavlo Skoropadsky. Fuyant le régime bolchevique en 1920, il enseigna d’abord en Yougoslavie (Belgrade) puis passa par Prague et les États-Unis, avant de s’établir définitivement à Paris en 1927, où il enseigna jusqu’à sa mort la philosophie à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. Son œuvre majeure, l’Histoire de la philosophie russe, reste à ce jour l’une des analyses les plus complètes de l’évolution des courants de pensée slaves face à l’Occident.
– L’éditeur, traducteur et slaviste Nikita STRUVE (1931–2016), petit-fils du précédent, célèbre pour avoir
été l’éditeur historique d’Alexandre Soljenitsyne, publiant clandestinement à Paris le premier tome de L’Archipel du Goulag.
– Le poète Michail STRUWE (1890-1949).
– L’écrivain, dramaturge et journaliste Ilya SURGUCHEV (1881-1956). Ses premiers récits et son premier
roman, Le Gouverneur (1912), furent édités grâce au soutien direct de Maxime Gorki, qui salua son talent indéniable. Sa pièce de théâtre Les Violons d’automne (1915) lui apporta la consécration à l’âge de 34 ans. La pièce connut un grand succès public en Russie avant d’être adaptée à l’étranger. Sa tombe est surmontée d’un buste réalisé d’après un croquis du sculpteur arménien Akop Gurdjan. Une arche métallique entoure l’ensemble. Sur sa pierre tombale sont gravés les mots « flûtes du printemps, trompettes de l’été » (флейты весны, трубы лета), une référence directe à sa pièce de théâtre Les Violons d’automne.
– Le général de l’armée impériale russe Viktor TARANOVSKY (1864-1937) qui commanda les brigades
russes sur le front de Macédoine (Salonique) à partir de 1916. Ces troupes combattirent directement en Macédoine aux côtés de l’armée serbe, alors dirigée par le futur roi Alexandre Ier de Yougoslavie (alors prince héritier et régent de Serbie). En 1917 naquit Pierre, fils de Viktor : Alexandre accepta dans ce contexte de devenir le parrain de l’enfant ! Mort en 2001, ce dernier repose avec son père.
– Le poète et journaliste Vladimir TATARINOV (1892-1961). Réfugié en Allemagne puis en France après la révolution, il était une figure active des cercles littéraires de l’émigration russe à Berlin, où il côtoya notamment Vladimir Nabokov.
– Le banquier et homme d’affaires Vladimir TATICHTCHEV (1865-1928), qui fut directeur de la Banque
Unie de Moscou entre 1910 et 1917.Ses descendants orthographièrent leur nom en Tatischeff : parmi eux, son son petit-neveu le réalisateur Jacques Tati.
– Le journaliste Michel TATU (1933-2012), qui fut pour le quotidien Le Monde son correspondant officiel
à Moscou de 1957 à 1964, couvrant ainsi une période charnière de la guerre froide sous Nikita Khrouchtchev. Il fut ensuite correspondant pour l’Europe orientale (1966-1969) puis à Washington (1977-1980).
– Le compositeur et chef d’orchestre Nicolas TCHEREPNINE (1873-1945). Ancien élève de Rimski-Korsakov,
ses compétences de chef d’orchestre lui ouvrirent les portes du Théâtre Mariinsky. De 1905 à 1917, il enseigna au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, formant des élèves prestigieux comme Sergueï Prokofiev. En 1909, il est choisi par Serge Diaghilev pour diriger l’orchestre de la toute première saison parisienne des Ballets russes. Lors de cette tournée historique au Théâtre du Châtelet, il assure la direction musicale de ses propres œuvres ainsi que celles de ses contemporains. Sa musique, influencée par le nationalisme russe et teintée d’impressionnisme français, s’accorde alors idéalement aux chorégraphies révolutionnaires de Michel Fokine. À Paris, il fonda en 1925 le Conservatoire russe de Paris (qui porta plus tard le nom de Conservatoire russe Serge-Rachmaninoff) qu’il
dirigea à deux reprises (1925–1929 puis 1938–1945). Dans sa tombe repose également son fils, le compositeur et pianiste Alexandre TCHEREPINE (1899-1977), qui effectua dans les années 30 de grandes tournées en Extrême-Orient, notamment en Chine et au Japon. Ses voyages l’amènent à intégrer des systèmes pentatoniques ainsi que des harmonies folkloriques géorgiennes et asiatiques au sein de ses œuvres. Son mouvement innovant au sein de sa Symphonie n° 1 (1927) est historiquement le tout premier mouvement symphonique écrit exclusivement pour percussions.
– Le peintre, graveur et illustrateur Yuri TCHERKESSOF (1900-1943), qui se distingua par la création de
paysages, de natures mortes dynamiques et son travail sur les tissus peints et devint un illustrateur très sollicité pour de prestigieuses éditions. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut arrêté et interné au camp de Royallieu à Compiègne de 1941 à 1943. Profondément marqué par cette détention, il mit fin à ses jours peu après sa libération, en juillet 1943.
– Alexandre TCHESNOKOV (1880-1941) : issu d’une famille de maîtres de chapelle, il étudie d’abord à
l’École synodale de Moscou. Il poursuit ensuite ses études supérieures au Conservatoire de Saint-Pétersbourg jusqu’en 1906, notamment sous la direction de Nikolaï Rimski-Korsakov et d’Alexandre Glazounov. Avant la révolution de 1917, il s’impose comme une étoile montante de la musique chorale et liturgique en Russie. Moins célèbre que son frère aîné, le compositeur de musique sacrée Pavel Tchesnokov, il laissa des partitions de musique sacrée et chorale, mais également de la musique instrumentale, notamment pour le piano et des suites orchestrales.
– Le chimiste Alexeï TCHITCHIBABINE (1871-1945), qui durant la Première Guerre mondiale joua un rôle
clé dans la création et l’organisation de l’industrie pharmaceutique russe. Ses travaux de recherche et son manuel Les principales bases de la chimie organique lui valent de recevoir le prestigieux prix Lénine en 1926, avant qu’il ne soit élu à l’Académie des sciences d’URSS en 1928. Son nom est resté solidement ancré dans l’histoire de la chimie à travers plusieurs réactions fondamentales. A Paris, il travailla au Collège de France. Sa sépulture abrite le seul buste sculpté de tout le cimetière.
– Bianca TCHOUBAR (1910–1990) : chimiste d’origine ukrainienne, figure pionnière de la chimie organique
et spécialiste de renommée mondiale des mécanismes réactionnels. Membre du CNRS, elle a marqué l’histoire des sciences par ses découvertes fondamentales et son engagement pédagogique avant-gardiste.
– TEFFI (Nadejda Lokhvitskaïa : 1872-1952) fut l’une des auteures les plus lues et admirées de Russie au
début du XXe siècle, publiant dans le magazine satirique Novyi Satirikon, et appréciée par un public allant des ouvriers jusqu’au tsar Nicolas II. Une marque de parfum russe de l’époque a même nommé un flacon en son honneur. Après la Révolution d’Octobre, elle quitta la Russie en 1919 et s’installa définitivement à Paris en 1920. Elle y devint une figure de la vie littéraire de l’émigration russe, écrivant régulièrement des feuilletons pour la presse russophone.
– L’écrivain Ivan THKORZEVSKI (1878-1951), auteur d’une Anthologie de la poésie française et d’une
Histoire de la littérature russe.
– Le lieutenant général Nicolas TIKHMENEV (1872-1954). Orientaliste militaire, il participa volontairement
à l’expédition chinoise en 1900 lors de la révolte des Boxers. Il passa de nombreuses années en Mandchourie à étudier le développement des réseaux ferroviaires en Chine et en Corée. Il s’illustra dans la logistique militaire en devenant chef des communications ferroviaires et militaires de tout le théâtre d’opérations russe dès février 1917. Dès 1918, il rejoignit le mouvement blanc et devint l’un des collaborateurs les plus proches du général Anton Denikine.
– La danseuse et chorégraphe Nina Alexandrovna TIKHONOVA (1910-1995), ancienne élève d’Olga Preobrajenskaïa,
qui rejoignit la troupe d’avant-garde d’Ida Rubinstein, dont Bronislava Nijinska, sœur de Nijinski, était la principale chorégraphe. George Balanchine l’invita à rejoindre sa première compagnie Les Ballets 1933 mais elle préféra danser avec les Ballets Russes de Bronislava Nijinska à Paris, où elle devint soliste. Entre 1942 et 1944 elle dansa également avec les Ballets de Monte-Carlo.
– Le général Pavel TILLO (1872-1931).
– Il existe dans ce cimetière plusieurs tombes de la famille TOLSTOÏ. On mentionnera celle de Serge
(1911-1996), petit fils de Léon Tolstoï (né un an après la mort de son grand-père, il ne l’a jamais connu directement), qui devint médecin. Tout au long de sa vie, il s’est attaché à faire vivre la mémoire de son grand-père en rassemblant des archives et en publiant des ouvrages, notamment l’un de ses livres phares : Tolstoï et les Tolstoï. Il fonda en 1977 l’association des Amis de Léon Tolstoï.
– Le général Anton Vassilievitch TOURKOUL (1892-1957). Opposé à la révolution bolchevique de 1917, il
rejoignit les forces blanches. Exilé en Europe (France, Serbie, Allemagne), il consacra sa vie à la lutte idéologique contre l’URSS. Guidé par son anticommunisme viscéral, il choisit de s’allier au Troisième Reich. Il rejoingnit en 1944 l’Armée de libération russe (ROA) du général Vlasov, au sein de laquelle il commanda une brigade de volontaires en Autriche. Capturé par les Alliés en 1945, il échappa au rapatriement forcé vers l’URSS (évitant ainsi l’exécution subie par Vlasov). Libéré en 1947, il s’établit à Munich.
– Le "poète cosaque" Nicolas TUROVEROV (1899-1972), qui publia plusieurs recueils de poèmes majeurs
célébrant le monde cosaque et la nostalgie de la patrie.
– La ballerine pédagogue russe Véra TREFILOVA (1875-1943), prima ballerina du théâtre Mariinsky, qui
ouvrit une école de danse à Paris. Elle dansa, avec quelques interruptions, dans les ballets de Diaghilev, jusqu’en 1926 principalement dans La Belle au bois dormant, Le Lac des cygnes, ou Le Spectre de la rose.
– Le danseur, chorégraphe, chanteur et chef de chœur international d’origine russe Nicolay TRIPOLITOV (1894-1972).
– La comédienne Olga VALERY (Timchenko : 1903-2002). Active pendant plus de 60 ans au théâtre et à l’écran, elle s’est illustrée comme une figure familière et incontournable des seconds rôles du cinéma français, traversant les époques depuis les débuts du cinéma parlant jusqu’aux années 1990. Elle tourna sous la direction de grands cinéastes français (Renoir, Duvivier, Billy Wilder, Vincente Minnelli, Andrzej Żuławski, Patrice Lecomte...).
– Hélène VALLIER (Hélène de Poliakoff : 1932-1988), après avoir
commencé une carrière à l’Opéra, elle devint comédienne. Très discrète au cinéma, elle fit l’essentiel de sa carrière au théâtre (Claudel, Tchekov…). Elle enseigna au Conservatoire.
Elle repose auprès de sa sœur Odile VERSOIS (Tania de Poliakoff : 1930-1980), elle aussi comédienne, qui tourna au cinéma de 1948 à la fin des années 70. Toutes deux étaient en particulier les sœurs de la comédienne Marina Vlady. Elles reposent avec leurs parents, Vladimir de POLIAKOFF-NAIDAROFF (1890-1952), chateur d’opéra et Miliza ENVALD (1899-1972), danseuse étoile.
– Vladimir VARCHAVSKI (1906-1978), principalement connu pour son ouvrage sociologique et documentaire La Génération inaperçue (1956), qui analyse en profondeur la vie culturelle, les traumatismes et le sentiment d’invisibilité des jeunes exilés russes de la première vague d’émigration à Paris.
– L’explorateur Alexander VARNEK (1858-1930) qui mena d’importantes recherches hydrographiques dans
l’océan Arctique. Une île de la mer de Barents a d’ailleurs été nommée en son honneur.
– Boris VASSILTCHIKOV (1860-1931) : membre de la famille princière Vassiltchikov, il fut ministre de
l’Agriculture de l’Empire russe entre 1906 et 1908 puis membre du Conseil d’Etat.
– Le chef d’orchestre, percussionniste et compositeur Boris de VINOGRADOW (1929-2008). Rattaché aux
courants de la musique contemporaine et du spectralisme, son œuvre et sa carrière restent intimement liées aux avant-gardes musicales de la seconde moitié du XXe siècle. En tant qu’interprète et chef d’orchestre, il a œuvré aux côtés de figures et d’ensembles incontournables de la musique moderne. Il a notamment collaboré à des enregistrements majeurs éditant des œuvres de Luciano Berio, John Cage, ou Iannis Xenakis, impliquant des formations comme l’Orchestre symphonique de la NHK ou l’Orchestre de l’Opéra national de Paris.
– Dmitry VERDEREVSKY (1873-1947) : contre-amiral de la Marine impériale russe, il officia comme ministre
de la Marine au sein du gouvernement provisoire en 1917.
– L’amiral Mikhail VESELAGO (1843-1929).
– La soprano Geneviève VIX (Brouwer : 1879-1939), qui fit fait des débuts remarqués au Palais Garnier en 1905, avant de briller à l’Opéra-Comique dès 1906 dans le rôle-titre de Louise de Gustave Charpentier. Sa renommée internationale l’amena ensuite à triompher dans les plus grands théâtres du monde, de New York et Chicago jusqu’à Buenos Aires, Madrid, Rome et Le Caire. À partir des années 1920, Geneviève Vix revint à Paris et orienta sa carrière vers un répertoire plus léger, triomphant dans des opérettes et des comédies musicales théâtrales, mais aussi au cinéma. Elle fut également connue pour avoir été la maîtresse du roi Alphonse XIII d’Espagne.
– L’historien de la Russie médiévale Vladimir VODOFF (1935-2009). Il enseigna pendant plus de trente ans à l’École pratique des hautes études.
– Le danseur Alexandre VOLININE (1882-1955), qui interpréta au Théâtre Bolchoï dès 1901 comme
soliste, les grands rôles du répertoire de Marius Petipa ainsi que plusieurs ballets d’Alexandre Gorski. En 1910, il rejoignit les Ballets russes de Serge de Diaghilev, puis poursuivit sa carrière par des tournées internationales. Il ouvrit ensuite une école de danse à Paris dont sont notamment issus Zizi Jeanmaire, David Lichine, Serge Peretti et George Skibine. Son nom a été donné au Prix Volinine récompensant les jeunes chorégraphes en France.
– Natalia VOLKOVA-DABADIE (1940-2005) : danseuse classique, chorégraphe et pédagogue ; elle fit sa carrière au Ballet du Kirov (aujourd’hui le Ballet du Mariinsky) à Saint-Pétersbourg. Elle s’est également illustrée en France en tant que chorégraphe auprès de la Fédération française des sports de glace (FFSG).
– Mikhail VORONTSOV-VELYAMINOV (1885-1951) : arrière-petit-fils du poète Alexandre Pouchkine, il fut membre de la IVe Douma d’État de l’Empire russe en 1913. Fuyant la révolution bolchevique, il s’est exilé d’abord en Allemagne (1918) puis en France (1921). Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut interné par les autorités d’occupation au camp de Compiègne.
– Gueorgui VOUITCH (1867-1957) qui prit en 1903 la tête de la direction des Théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg. À ce poste de premier plan, il administra notamment les théâtres Mariinsky, Alexandrinski et Michel, collaborant avec des figures légendaires de la danse comme Anna Pavlova et Marius Petipa pendant les années tumultueuses menant à la Révolution.
– La danseuse Nina VYROUBOVA (1921-2007) : après avoir étudiée
avec des enseignants de renom, dont Olga Preobrajenska et Serge Lifar, elle devint en 1949 danseuse étoile du Ballet de l’Opéra de Paris. Elle le quitta en 1956 pour rejoindre le Grand Ballet du marquis de Cuevas (1957-1962). C’est avec elle que Noureev fit ses débuts. Après sa carrière, elle se consacra à l’enseignement.
– Havrylo VYSHNEVSKYI (1873-1955) : député de la IVe Douma d’État.
– Le parfumeur Constantin WERIGUINE (1899-1982), surnommé le « poète des parfums » par ses pairs, il fut principalement célèbre pour son long et fructueux travail au sein des prestigieuses maisons Chanel et Bourjois. Durant près de trente ans, il seconda Ernest Beaux, le créateur de N°5 de Chanel. Il quitta Chanel en 1962 pour rejoindre le groupe Rhône-Poulenc. En 1965, il publia un ouvrage de référence intitulé Souvenirs et parfums : Mémoires d’un parfumeur, un témoignage historique unique sur l’âge d’or de la parfumerie moderne.
- L’officier de marine Sergueï WLASSIEFF (1880-1955), qui fut l’un des tout premiers officiers de l’armée
impériale à se spécialiser dans les forces sous-marines. Il fut ainsi un grand défenseur du développement des sous-marins. Il s’illustra également lors de la défense de Port-Arthur (1904). A Paris, il devint chauffeur de taxi.
– Le Compagnon de la Libération Nicolas WYROUBOFF (Voir Lvov).
– La peintre et créatrice d’art décoratif russe Maria YAKUNCHIKOVA (1863-1952).
– Le compositeur, chef d’orchestre et pédagogue ukrainien Fedir YEVSEVSKY (1889-1970). Installé en France en 1920, il y mena une vie artistique active au sein de la communauté émigrée, fondant notamment le quatuor à cordes "Les Ménestrels Contemporains".
– Le sculpteur Serge YOURIÉVITCH (1876-1969), ancien chambellan du tsar Nicolas II ayant également
travaillé dans le service diplomatique de l’Empire russe. Après s’être installé en France, il devint l’élève et le collaborateur d’Auguste Rodin à partir de 1903, abandonnant définitivement la politique pour la sculpture en 1909. Il est particulièrement reconnu pour ses bronzes de danseuses de ballet et ses bustes de personnalités (Franklin D. Roosevelt, Thomas Hardy). L’une de ses sculptures les plus célèbres est le plâtre de La Danseuse Sacha-Lyo (1933).
– Pyotr YURENEV (1874-1943) : député de la Deuxième Douma d’État de l’Empire russe en 1907, il a occupé le poste de ministre des Voies de communication au sein du gouvernement provisoire d’Alexandre Kerenski (juillet-août 1917).
– L’écrivain Boris ZAÏTSEV (1881-1972), qui fut une figure centrale de l’émigration intellectuelle aux côtés
d’Ivan Bounine ou d’Alexandre Kouprine. Héritier direct de la tradition d’Ivan Tourgueniev et d’Anton Tchekhov, le style de Zaïtsev est empreint d’impressionnisme, de nostalgie et d’une profonde sensibilité religieuse. Son œuvre-maîtresse fut L’Étoile bleue.
– Léon ZANDER (1896-1964) : philosophe religieux, éducateur et pionnier de l’œcuménisme, il fut l’un des
cofondateurs et piliers de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge fondé en 1925 à Paris, où il enseigna. Grand militant du rapprochement entre chrétiens orthodoxes et occidentaux, il participa activement aux premiers grands congrès œcuméniques mondiaux.
– Le général Mikhaïl ZANKEVITCH (1872-1945). Durant la guerre civile russe, il rallia le mouvement blanc et occupa le poste de chef d’état-major de l’amiral Koltchak en Sibérie. Réfugié à l’étranger après la défaite des armées blanches, il représenta au début des années 1920 une société commerciale chargée de la liquidation ou de l’exploitation du matériel de l’armée et de la flotte russe en exil. En octobre 1922, il intervint notamment à Bizerte (Tunisie) au sujet du sort des navires de l’escadre blanche qui y étaient réfugiés.
– Vladimir ZEELER (1874-1954). Durant la guerre civile russe, il occupa le poste crucial de ministre de
l’Intérieur au sein du gouvernement éphémère de la Russie du Sud (mouvement blanc). Il devint après l’exil un pilier de la communauté russe en exil en occupant pendant trente ans le poste de secrétaire de l’Union des écrivains et journalistes russes à Paris.
– Le maître d’échecs Eugène ZNOSKO-BOROVSKY (1884-1954). Il a notamment remporté le tournoi
international de Paris en 1930 et est devenu champion de Paris en 1931. C’est principalement par sa plume que Znosko-Borovsky est passé à la postérité. Ses livres d’instruction, centrés sur la logique, le temps et l’espace, ont guidé des générations d’amateurs.
– L’écrivain Leonid ZOUROFF (1902-1971), qui intégra l’entourage direct d’Ivan Bounine, dont il devint le secrétaire, le protégé et plus tard l’exécuteur testamentaire littéraire. Il fut également archéologue et codirigea avec Boris Vildé d’importantes missions de terrain ethnographiques et archéologiques en 1937 et 1938 au Setomaa, une région frontalière entre l’Estonie et la Russie, pour le compte du Musée de l’Homme de Paris.
– Vassili ZVEREV (1884-1966) : membre de l’Union du peuple russe (organisation monarchiste), il fut élu à la IVe Douma impériale en 1912 et rejoignit la faction de la droite.
Post-scriptum
Avant de vous aventurer dans ce cimetière, je ne peux que vous conseiller la lecture du précieux ouvrage La nécropole russe de Sainte-Geneviève-des-Bois - Les amis de l’histoire de Sainte-Geneviève-des-Bois et ses envions, ed Vulcano, 2009 (réédité en 2019). Je m’en suis largement inspiré et un grand nombre de photos de tombes en proviennent (voir plus loin). L’ouvrage est complété par un plan qui localise les principales personnalités du lieu.
Photos : Toutes les photos sont les miennes, sauf :
* La nécropole russe de Sainte-Geneviève-des-Bois - Les amis de l’histoire de Sainte-Geneviève-des-Bois et ses envions, ed Vulcano, 2009 : Alexinski - Andreev - Andreivski - Balachova - Bennngsen - Bernardi - Boulgakov - Charchoune - Chmeliov - Danza - Davydoff - Delektorskaïa - Emelianov - Enguelhardt - Gedrinski - Glebova - Globa - Gretch/Pavlov - Isaef - Kartachoff - Kelberine - Knorring - Koulmann - Krymov - Lampe - Maklakov - Makovski - Metalnikoff - Misinova - Novakovskaïa - Otzoup - Panine - Panteleimonov - Pliachkevitch - Potapoff - Raslovleff - Rostchine - Sanozova - Semyonof - Slavina - Slobodzinski - Smolensky - Stanukovitch - Strawinski - Tatarinoff - Tatischeff - Tcherkessov - Tchesnokoff - Thorgevski - Tikhonova - Touroveroff - Varchavski - Verderesky - Vinogradof - Zaitseff - Znosko - Zouroff.
* Wikipedia : Amalrik - Andronikoff - Bakst - Bogaïevski - Bourtsev - Cornu - Dumesnil - Grabbe - Hofman - Inkijinoff - Vladimir de Russie - Korovine - Lanskoi - Maksimov - Mosjoukine - Nekrasof - Oulagaï - Ouspenski - Poplavsky - Potoptchina - Prokoudine - Reweliotty - Somov - Teffi - Gabriel de Russie - Trefilova - Volinine.
* Findagrave : Albrecht - Argoutinsky - Bakunin - Baratov - Deterding - Dolgopoloff - Durov - Egorova - Gavin - Giers - Golovine - Kalitine - Katkov - Kedroff/Kedrova - Kersnovsky - Konovalov - Koutepov - Krivosheina - Lochvitsky - Loris-Melnikov - Mendeleev - Mestchervsky - Metalnikoff - Narischkin - Nikon - Pohl - Potapenko - Remizov - Sakov - Savitch - Solomko - Tcoubar - Tikhmenev - Tourkoul - Varnek - Vassiltchikoff - Wlassieff - Zeeler
* https://christiandegastines.com/ : Pechkoff.
[1] Du nom du quartier et ancien hameau où le cimetière a été implanté.
[2] Chef politique et militaire traditionnellement élu chez les Cosaques en Europe de l’Est.
[3] Certaines sources l’indiquent morte en 1957 : c’est une erreur comme on peut le constater sur les registres des cimetières : décédée à Paris le 17 novembre, elle fut inhumée à Thiais le 20 du mois.