Pour visiter le cimetière des frères, il faut, à partir du parvis devant le château (où se trouve un buste de Barbey d’Aurevilly par Rodin), contourner la motte castrale en descendant par les douves.

L’endroit est minuscule, très confidentiel. La description cité au dessus est assez fidèle : la végétation est bien là, autour du calvaire verdissant.

Quelques tombes humbles, pour la plupart similaires, sont celles des religieux. La plus ouvragée est celle du missionnaire eudiste Léon BARBEY D’AUREVILLY (1809-1876), qui composait des poèmes avant d’entrer dans la carrière ecclésiastique.

Il était le frère de Jules BARBEY d’AUREVILLY (1808-1889).

Issu de la petite noblesse normande, austère et profondément catholique, Jules Barbey d’Aurevilly passa son enfance dans la Manche. Il fréquenta l’un de ses oncles médecin, profondément libéral, qui exerça sur lui une grande influence. Un moment républicain et athée, il finit, sous l’influence de Joseph de Maistre, par adhérer à un monarchisme intransigeant qui correspondait mieux à son mépris pour le siècle bourgeois. Sans pour autant renoncer à une vie de dandy, dont il se fit par ailleurs le théoricien avec Du dandysme et George Brummel en 1845, il se convertit au catholicisme en 1846 et devint défenseur féroce de l’absolutisme. Critique littéraire redouté, il dénonça aussi bien les prétentions anticléricales du positivisme que les mesquineries du parti catholique. Jules Barbey d’Aurevilly fut surtout connu pour ses romans, ainsi que pour ses nouvelles Les Diaboliques en 1874, qui mêlent un réalisme historique, enraciné dans son Cotentin d’origine, à un surnaturalisme exalté.

Il fut inhumé dans la 29ème division du cimetière Montparnasse de Paris.

Tombe du cimetière Montparnasse
Il s’agit bien de la tombe d’origine qui a été déplacée

En avril 1926, les cendres de Barbey d’Aurevilly furent transférées du cimetière Montparnasse en ce lieu, où il vint ainsi rejoindre son frère.