Tombes impertinentes : rions avant de mourir
Tombes impertinentes : rions avant de mourir
Etre taphophile, ce n’est pas seulement passer son temps à voir de magnifiques tombeaux et des sépultures de notoriétés, c’est avant tout arpenter, sur des kilomètres et des kilomètres, des mètres linéaires de dalles modernes sans aucun attrait, parfois difficilement lisibles, toutes plus ternes les unes que les autres. Dans ce royaume de la platitude, les plaques "post mortem" ont une place de choix : à l’image de ce que dénonçait avec humour Marie-Paule Belle, où est ce qu’on les enterre tous ceux qui sont méchants ? Ce ne sont que veuves éplorées, époux inconsolables, enfants désolés... Seuls échappent le plus souvent les tombes d’enfants, dont les témoignages, souvent naïfs, attestent d’une peine véritable capable d’émouvoir le plus endurci des taphophiles. Le phénomène n’est pas nouveau : les vieux ouvrages du début du XIXe siècle abondent d’épitaphes dont le lacrymal le dispute au mauvais goût. Les marbriers - et leurs clients - s’entêtent à nous faire croire que si le temps passe, le souvenir reste, alors que nous sommes bien placés pour savoir que ce n’est pas vrai. L’épitaphe, c’est comme les bouteilles de lait : on les achète à l’unité ou en packs de six ! On les choisit sur catalogues, on suit les modes... Au "A Lourdes, j’ai prié pour vous" des années 1910 a fait place l’inénarrable "Fauvette, si tu voles près de cette tombe, chante lui ta plus belle chanson" à partir des années 30, puis dans les années 90 des extraits plus ou moins malhabiles de chansons sans grâce.
Bref, au milieu de cet océan de bondieuseries et de platitudes que rien ne peut excuser, ni le manque de moyen financier, ni la gêne et la peine engendrées par le deuil (on a tous connu ça je pense), il arrive parfois qu’au détour d’une allée, entre deux chapelles, on soit frappé au cœur par une tombe, le plus souvent humble, qui détonne de la logorrhée funéraire habituelle : quelques photos ou dessins, une phrase gravée (ou même écrite au stylo parfois), un message simple…, un petit quelque chose qui fait que cette tombe devient unique, qu’elle prend sa véritable dimension mémorielle. Cet article à pour but de vous présenter quelques-unes d’entre-elles, véritable nectar pour le promeneur de cimetières. Certaines suscitent l’émotion, d’autres plongent le lecteur dans la rêverie. Toutes ont un point commun, chacune à leur manière : elles nous parlent vraiment de celui, celle, ou ceux qui reposent sous la dalle. Pendant un infime instant, elle ressuscite un défunt que nous ne connaissons pourtant pas. Elles offrent une très brève mais très intense intrusion dans un quotidien que l’on a pas connu, que l’on ne connaîtra jamais, mais que l’on se plait à imaginer, par transfert, par empathie parfois… C’est aussi à cela que servent les cimetières, faut-il le rappeler ?
Et puis il y a le rire, car on rit régulièrement au cimetière : comme vous le découvrirez plus loin, certains à leur insu, mais d’autres par un dernier pied de nez humoristique, ont souhaité faire sourire quiconque serait en vue de leur dernière demeure… Là encore, c’est une manière de retenir le temps.
La mort est un manque de savoir-vivre à traiter avec impertinence
Les tombes : la ronde poétique et comique des patronymes
Les homonymes célèbres sont des grands classiques des cimetières. Le but n’est pas de tous les placer, seulement quelques uns, pour l’étrange impression visuelle qu’ils provoquent.
Les associations "aristocratiques"
Dans cette catégorie, j’aime beaucoup les "presque"...
D’autres, anonymes, provoquent lors de nos périples des moments savoureux de franche hilarité. L’humour peut jaillir d’une association improbable de patronymes... Dans certains cas, il faut le voir pour le croire...
Les deux suivantes sont dans le même cimetière : se connaissaient-ils ? L’une a-t-elle dévoré l’autre ?
Landru, Le Pen, Petiot, ou encore Connard, Puceau... : on nous a donné le joli nom "d’handicapés patronymiques" ! A ce jeu là, d’autres sont plus mal tombés que moi. Dans tous les cas, rigolades potaches au bout du compte.
Et maintenant, quelques secondes de franche gaudriole scatologique...
Des petits plaisantins jouent au scrabble (promis, ce n’était pas moi)
Une épitaphe très publicitaire
Pour finir, si vous avez été étonné par certaines de ces tombes, et bien vous ne serez pas le (la) seul (e)
Post-scriptum
Toutes ces illustrations sont évidemment authentiques et non trafiquées (je le précise car il en existe de cette sorte qui circulent sur le net). Si vous possédez vous-même des photos qui mériteraient d’être ajoutées à cet article, n’hésitez pas à me les faire parvenir. Merci d’avance.