Quand on pense à Orly, c’est davantage un aéroport qu’un cimetière qui vient à l’esprit. Il en existe deux dans la commune : le cimetière ancien (Foch) et le cimetière paysager (Victoire). Cet article à pour but de présenter le premier. L’aéroport n’étant pas loin, décollages et atterrissages en constituent la bande sonore, comme c’est le cas d’autres cimetières du coin. Le cimetière est en outre bordé par une voie ferrée.


Curiosités


– On trouve dans le cimetière de nombreuses tombes musulmanes et juives.

– 

Le cimetière possède également une gueniza créée en 1989 : il s’agit d’un lieu de dépôt servant d’entrepôt pour les textes sacrés et documents écrits abîmés ou inutilisables. La tradition juive interdit formellement de jeter tout document où figure l’un des sept Noms de Dieu effaçables ou ineffaçables. Ces écrits sont ainsi conservés avec respect avant d’être rituellement enterrés dans un cimetière juif.


Célébrités : les incontournables...


Aucune


... mais aussi


– Le peintre et verrier Adrien-Nicolas CORNUEL [1] (1817-1868) qui concevait et peignait des vitraux pour des édifices religieux. On retrouve ses créations remarquées datant des années 1860 (comme à l’église Saint-Gratien dans le Val-d’Oise ou à l’église Saint-Jean-Baptiste de Nemours).

– Le Compagnon de la Libération Georges GOYCHMAN (1914-1981) : rallié à la France libre en 1940, il participa activement aux combats en Afrique et en Europe en tant que navigateur et pilote. Il s’engagea après la guerre dans l’Armée et termina général de brigade aérienne. J’ignore s’il repose au cimetière Foch ou au cimetière Victoire.

– Le peintre, lithographe et dessinateur Armand GUILLAUMIN (1841-1927) réputé pour ses paysages

intenses et vibrants et ses harmonies de couleurs audacieuses qui ont anticipé le fauvisme. Il demeura l’une des figures les plus fidèles et les plus résilientes du cercle impressionniste d’origine. Il se lia d’amitié avec Paul Cézanne et Camille Pissarro,

et fut également proche de Van Gogh qui appréciait son talent de coloriste. Il participa au célèbre Salon des Refusés de 1863 et exposa ses œuvres dans six des huit expositions impressionnistes officielles entre 1874 et 1886. Il devint une figure majeure de l’École de Crozant, célèbre pour ses représentations colorées de la vallée de la Creuse, ainsi que pour ses vues côtières d’Agay et ses scènes industrielles le long de la Seine.

– Le psychiatre Auguste MARIE (1865-1934), qui dans le cadre d’une approche humaniste de la

psychiatrie fonda en 1892 la Colonie Familiale de Dun-sur-Auron, structure innovante permettant de placer les patients inoffensifs au sein de familles d’accueil plutôt que de les enfermer. Collectionneur passionné, il a créé le tout premier musée d’art pathologique à l’asile de Villejuif, valorisant les productions artistiques de ses patients. Une grande partie de sa collection a ensuite été rachetée par Jean Dubuffet. Il fut maire d’Orly de 1920 à sa mort.

Avec lui repose sa fille, Irène de LIPKOWSKI (1898-1995), présidente de l’Association nationale des familles de résistants et des otages morts pour la France (à ce titre, elle témoigna au procès de Nuremberg). Elle fut députée de la Seine de 1951 à 1955 et est la seule femme élue du RPF. La tombe familiale rappelle la mémoire de son époux, Henri de LIPKOWSKI (1887-1944), industriel français d’origine polonaise, résistant membre du réseau « Libération-Vengeance », qui fut arrêté et torturé et mourut à Buchenwald. Ils étaient les parents du ministre Jean de Lipkowski.

[1] Et pas Adrien-Napoléon, comme on peut le lire régulièrement.