église Saints-Pierre-et-Paul

Située au cœur d’Obernai, l’église Saints-Pierre-et-Paul est le résultat d’un riche passé architectural et religieux. Sa construction actuelle remonte à 1867, mais elle succède à une église gothique du XVe siècle, elle-même érigée sur les vestiges d’une église romane datant du XIIe siècle. Cet emplacement, proche du domaine de l’abbaye du Mont Sainte-Odile, était stratégique pour la région.

Le transept gauche conserve un autel du Saint-Sépulcre datant de 1504, une pièce exceptionnelle liée à l’ancienne église. Cet autel est accompagné de statues finement sculptées et d’une custode renfermant le cœur de Monseigneur Charles Emile FREPPEL (1827-1891. Évêque d’Angers à partir de 1870, il s’illustra

comme l’une des figures majeures du catholicisme intransigeant et du royalisme en France à la fin du XIXe siècle. Il fonda en 1875 l’Université catholique de l’Ouest (UCO) à Angers. Député du Finistère de 1880 à sa mort, il y défendit avec virulence les intérêts de l’Église face aux lois de laïcisation de la IIIe République menées par les républicains. Il participa activement comme théologien consulteur au concile Vatican I, qui proclama le dogme de l’infaillibilité pontificale. Ardent défenseur de l’Alsace resté très attaché à sa région natale après l’annexion par la Prusse en 1871, il choisit d’être enterré dans la cathédrale d’Angers, mais son cœur fut transféré ici en 1921.

Contre les parois extérieures de l’église, dans le cimetière, se trouvent plusieurs tombeaux anciens, dont ceux de la famille de GAIL, famille noble d’Alsace originaire de la région de Cologne, en Allemagne, qui fournit à Obernai une longue dynastie de militaires et plusieurs maires de la ville au cours du XVIIIe et du XIXe siècle.

Joseph-André de Gail (1712–1787), Stettmeister de la ville de Strasbourg.
Henri-André II de Gail (1753-1825), fils du précédent. Capitaine d’infanterie du régiment d’Alsace, conseiller noble, il émigra en Bavière pendant la Terreur et séjourna à la cour du prince Maximilien-Joseph à Munich où il fut appelé comme chambellan.

cimetière

Le cimetière attenant est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis 1929. Il est célèbre pour son remarquable Mont des Oliviers sculpté.

En Alsace, un Mont des Oliviers (Ölberggruppe en allemand) désigne un monument de dévotion chrétienne sculpté représentant l’agonie du Christ au Jardin des Gethsémani, souvent abrité dans un petit édicule ou adossé à une église.

Le groupe sculpté représentant le Christ en prière au jardin de Gethsémani a été réalisé en 1517 par le sculpteur Paul Windeck, de Sélestat, et financé par le marchand-drapier Bastian Wilcklin, d’Obernai. L’ensemble présente de fortes analogies avec le Mont des Oliviers d’Offenbourg et illustre la piété populaire de l’époque. Les peintures murales (plusieurs fois restaurées) datent de 1586.

Sur la voûte en résille figurent notamment les symboles des quatre Evangélistes.

Au pied du groupe sculpté ont été placées des stèles anciennes.

La chapelle attenante date de 1696 ; on y vénérait une Pietà, détruite à la Révolution.

Détail de la plaque funéraire de Dominique Speiser
En l’honneur de l’honnête Dominicus Speiser, bourgeois et boulanger en ces lieux, qui, à l’âge de cinquante ans, avec un de ses concitoyens du nom de Johannes Freytrich, au temps de la terreur du tyran Elogius Schneider, a été la triste victime de sa religion sous le couperet assassin, ses enfants reconnaissants ont érigé ce monument.. Euloge Schneider était un ancien moine défroqué qui devint accusateur public du département du Bas-Rhin et qui se fit connaître pour ses multiples condamnations à la guillotine, sous laquelle il termina sa vie !

Tout autour du mur d’enceinte du cimetière se trouve un chemin de croix.


Célébrités : les incontournables...


Aucune


... mais aussi


– L’acteur Gérard BUHR (1928-1988), second rôle qui incarna des personnages de durs, de militaires ou de

truands. Il tourna également dans des séries populaires télévisées. En parallèle de sa carrière à l’écran, il écrivit des scénarios pour la télévision. Sous le pseudonyme de Victor Harter, il fut également l’auteur de plusieurs romans noirs et polars.

– Anne Chrétien Louis de HELL (1783-1864) : contre-amiral, il fut gouverneur de l’île de La Réunion de

1838 à 1841, puis préfet maritime de Cherbourg de 1843 à 1845. Il fut en outre député conservateur

du Bas-Rhin de 1844 à 1846. Dans le même caveau familial repose Louis Simon BERNARD de MONTBRISON (1768-1841), ancien condisciple de Bonaparte à l’École royale militaire de Paris, qui s’illustra comme le premier recteur de l’Académie de Strasbourg. On lui doit plusieurs ouvrages.

– Le peintre et sculpteur Freddy RUHLMANN (1941-2004), auteur de plusieurs sculptures pour des remises

de prix au bénéfice d’associations alsaciennes. Egalement graphiste, designer et producteur de documentaires et de fictions, il réalisa également des génériques pour la télévision (Fr3 Alsace). Sportif, il fut en outre international de volley-ball entre 1965 et 1967 et sacré champion de France avec l’équipe du Racing Club de Strasbourg.

– Le géologue, paléontologue et entomologiste Nicolas THEOBALD (1903-1981), spécialiste de l’histoire

géologique de tout le bassin du Rhin. Au cours de sa carrière, il découvrit et décrivit plus de 300 espèces d’insectes fossiles. Il enseigna à la Faculté des sciences de Besançon.

– Le peintre Honoré-Louis UMBRICHT (1860-1943), qui par patriotisme refusa une bourse du

gouvernement allemand (qui occupait alors l’Alsace) pour étudier à Munich. Elève de Bonnat aux Beaux-Arts, il exposa régulièrement à Paris dès 1880. Son style académique et soigné s’exprime à travers des paysages alsaciens, des natures mortes et de nombreux portraits. L’une de ses œuvres majeures, L’Alsace délivrée (1918), a largement été diffusée sous forme d’affiche à la fin de la Première Guerre mondiale.

Post-scriptum

Photos : Nicolas Badin, Wikipedia, Geneanet