Trois cimetières composent l’ensemble funéraire de la ville de Neufchâteau :


Le cimetière israélite


Après la Révolution française et l’émancipation des Juifs, de nombreuses familles venues principalement d’Alsace s’installèrent dans les villes vosgiennes pour y développer le commerce et l’artisanat. Neufchâteau devient alors le siège de l’une des douze communautés juives structurées du département. Le cimetière actuel aurait été acquis par la communauté aux alentours de 1846, mais la plus ancienne tombe recensée sur les relevés date de 1839. C’est en 1847 que le cimetière prend sa forme officielle avec la construction de son mur d’enceinte et de son portail en fer. Après la guerre, la communauté frappée par une rafle le 10 février 1943 ne s’est jamais véritablement reconstituée. Les inhumations sont devenues exceptionnelles, la dernière ayant été enregistrée en 1993.


La Nécropole nationale


Contiguë au cimetière communal, elle regroupe 1008 sépultures de soldats décédés durant les deux conflits mondiaux du XXème siècle. Dans ce lieu reposent en majorité des soldats de la Première Guerre mondiale : 956 sépultures, parmi lesquelles 833 Français, 120 Allemands, un Russe et deux Polonais. Le souvenir de 1939-1945 s’y perpétue avec la présence de 52 sépultures : 47 Français et 5 Britanniques. La position stratégique et le rôle hospitalier de la Ville rendirent indispensable la création d’un cimetière militaire.


Le cimetière communal ancien


Bien qu’il n’abrite que des personnalités locales, on ne manquera pas de visiter ce très beau cimetière où le phytosanitaire banni a permis à la végétation de reprendre ses droits (n’en déplaise aux grincheux qui ne rêvent que d’asepsie). En outre, on trouve en ce lieu une production artistique de qualité.

Chapelle de la famille de négociants Chapier, la plus belle du cimetière.

La commune de Neufchâteau fit l’acquisition d’un ancien terrain (un jardin appartenant à des religieuses) situé à l’extérieur des remparts de l’époque et les premières inhumations commencèrent officiellement sur ce site en 1791, alors baptisé « cimetière de Clamart ». L’entrée du cimetière est marquée par une grille historique. En 1858, le maire de la ville racheta cette grille d’art à la fabrique de l’église locale pour la transférer et l’installer sur deux piliers à l’entrée du cimetière afin de la préserver.

Reposent ici :

– François Hippolyte CAUSSIN (1830-1898), célèbre luthier vosgien qui reprit l’atelier de son père à Neufchâteau. Il est reconnu internationalement pour sa grande dextérité et ses magnifiques copies d’instruments anciens de maîtres italiens (Stradivarius, Guarnerius), très recherchées pour leur sonorité et leur patine unique.

– Jean-Claude CHERRIER (1752-1823) : avocat au bailliage de Neufchâteau, il fut député des Vosges aux États généraux de 1789, puis devint le tout premier sous-préfet de Neufchâteau. Il assista en personne au sacre de Napoléon Ier.

– Hippolyte CHOUTEAU (1795-1852), "ex-garde du corps de Charles X".

– Charles CONTAUT (1802-1891) : républicain engagé, classé parmi les démocrates-socialistes des Vosges, maire de la commune en 1848 , il fut député des Vosges de 1871 à 1876 ; siégeant dans les rangs de la gauche radicale.

– Le géologue Georges CORROY (1895-1981), spécialiste de la stratigraphie et de la paléontologie. Il fut Il

professeur titulaire de géologie à l’université de Marseille en 1934, puis doyen de la Faculté des Sciences de 1938 à 1944. Son nom reste historiquement lié à la catastrophe du barrage de Malpasset (Var), qui céda le 2 décembre 1959, faisant 423 morts : sollicité dès 1946 comme expert géologue pour le projet, il avait validé l’emplacement général du site.

– La tombe de famille Garcin rappelle la mémoire de l’abbé Edouard GARCIN (1846-1875), missionnaire

qui mourut à Myzore en Inde.

– - La famille d’architectes GRANDIDIER où reposent Lucien (1802-1863) et son fils Paul (1843-1896), qui fut l’architecte officiel de l’arrondissement de Neufchâteau de 1836 à 1858, puis de la ville de 1871 à sa mort.

– Jean-Antoine HUOT de GONCOURT (1753-1832), seigneur de Maisoncelles, fut député du tiers aux Etats généraux. Dans la chapelle familiale repose également son fils Pierre-Antoine-Victor HUOT de GONCOURT (1783–1857), qui fut député des Vosges à l’Assemblée nationale constituante de 1848, puis réélu au Corps législatif (siégeant de 1848 à 1852), siégeant à droite comme républicain conservateur. Il était l’oncle des célèbres écrivains Edmond et Jules de Goncourt.

– L’ingénieur Alexandre MARX (1822-1903), dont l’activité, de 1853 à 1879, fut consacrée aux travaux dans l’est de la France : édifications des premières lignes de chemin de fer dans les Ardennes, les Vosges, la Haute-Marne, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle ; mais ayant également la responsabilité des voies d’eau (canal des houillères de la Sarre à Strasbourg (1860), canal de la Marne au Rhin (1868).

– La famille d’architectes MATHEY où repose Abel (1802-1869), auteur de nombreux édifices publics de la région de Neufchâteau, et de son fils Numa (1832-1881). La tombe est encadrée de deux femmes en haut-relief, l’une portant un rouleau représentant l’élévation d’un bâtiment (public ?), l’autre portant un chapiteau, symboles de l’activité des défunts.

– Véridique NAJEAN (1795-1874) : lieutenant d’infanterie dans la vieille garde impériale, licencié après

Waterloo, exilé jusqu’en 1817, il fut élu à l’Assemblée constituante de 1848 député des Vosges, mais fut battu peu après aux législatives. Avec lui repose son neveu Désiré NAJEAN (1827-1896), qui fut préfet de la Drôme.

– Le colonel de cavalerie Pierre François RAOUL (1787-1823), qui servit dans les armées napoléoniennes. Les campagnes auxquelles il participa sont gravées sur sa tombe.