35 - ILLE-ET-VILAINE
FOUGÈRES (35) : cimetière du Bon pasteur
Comme dans toutes les communes importantes, ce cimetière ouvrit ses portes en 1813 afin de remplacer les anciens cimetières paroissiaux. Il tire son nom de Georges Meneust des Aulnays, prêtre de Saint-Léonard, qui fut le premier à y être enterré sous l’épitaphe "Il a été généralement regretté du riche et du pauvre". La nécropole actuelle résulte de plusieurs agrandissements.
Peu arboré, le site en lui même n’a pas grand intérêt.
Le cimetière s’est néanmoins saisi des enjeux écologiques, menant en particulier une politique destinée à faire revenir les insectes et les "butineurs".
Curiosités
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Au XIXe siècle, en pleine période d’Egyptomanie, Eugène Filâtre de Longchamps, un magistrat fougerais ayant travaillé à Alexandrie revint dans sa ville avec une momie égyptienne, qu’il légua en 1903 à la ville. Elle fut exposée un temps au château, puis remisée dans le grenier de la mairie, avant d’être oubliée dans un caveau provisoire du cimetière pendant trente ans. En 2019, la momie, baptisée Eolia, fut passée au scanner. L’objectif : connaître son âge, son sexe et d’éventuelles pathologies. L’examen a révélé que la momie était âgée d’environ 3 000 ans. Les experts ont estimé qu’Eolia serait une femme d’un rang aisé décédée à l’âge de 40 ans. Elle quitta ensuite Fougères pour rejoindre le musée de Vitré.
– Les traces de la guerre occupent une part importante dans le cimetière :
- plusieurs enclos militaires ;
- Le 6 juin, puis dans la nuit du 8 au 9 juin 1944, juste après minuit, des bombardiers de la RAF pilonnèrent la ville pour paralyser les voies de communication allemandes. La ville fut détruite à plus de 80 %, anéantissant notamment les usines de chaussures et de nombreux quartiers historiques. On dénombra 289 morts, dont de nombreuses familles décimées.
Parcelle où reposent des victimes des bombardements de juin 44. Certaines sont inconnues.
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Un monument cénotaphe honore les résistants du "Groupe Gallais", réseau de résistance fondé à Fougères dès juin 1940 par René Gallais, un employé municipal, qui fédéra une cinquantaine de personnes (paysans, commerçants, ainsi que sa femme Andrée et sa fille Huguette). Ce groupe fabriquait de faux papiers, hébergeait des agents de renseignement et transmettait des informations vers Londres. Le réseau fut infiltré et dénoncé par des agents de l’Abwehr se faisant passer pour des Britanniques. Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1941, René Gallais et une cinquantaine de membres furent arrêtés : transférés en Allemagne après un passage par des prisons parisiennes, 12 membres furent condamnés à mort par le tribunal d’Augsbourg. René Gallais et sept de ses camarades furent guillotinés le 21 septembre 1943 à la prison de Stadelheim à Munich.
– On trouve au centre du cimetière une petite chapelle.
– La plaque d’identification de dispersion des cendres au jardin du souvenir a un étrange aspect de "boite à lettres" !
– Statuaire et vitraux sont peu présents.
Célébrités : les incontournables...
Aucune. Les personnalités de ce cimetière sont essentiellement des édiles et magistrats locaux.
Si le réalisateur Georges Franju repose au cimetière de Dourdan (91), ce cimetière possède le tombeau de ses parents, ainsi que celui de son frère et de plusieurs membres de la famile.
... mais aussi
– L’écrivaine et poète Ariane DELACROIX (Monique Delisle : 1929-2017).
– Le peintre et photographe Albert DURAND de la BÉDUAUDIÈRE (1856-1943), dont les thèmes de
prédilection étaient la ville de Fougères et ses alentours.
– Alexandre LEFAS (1871-1950), qui fut député (de 1902 à 1919 ; de 1924 à 1933) puis sénateur (1933-
1941) du département.
– Julien Jean-François LOYSEL (1751-1829) : maire de Fougères de 1795 à 1803, il fut député d’Ille-et-Vilaine au Conseil des Anciens de 1798 à 1799, puis à nouveau quelques mois en 1815.
– L’architecte parisien Jean PELÉE de SAINT-MAURICE (1879-1948), qui s’illustra dans la reconstitution des Régions dévastées après la guerre. Il participa activement à la reconstruction d’Arras (62). Sa tombe est ornée d’un médaillon par Georges Henri Prudhomme.