Le cimetière du centre a été inauguré en 1868, alors situé à 180 m du bourg. Le précédent cimetière, dans lequel la première inhumation avait eu lieu en 1592, était situé sur la place de l’Église, devenue place du Docteur-Joly. Au centre de cette commune périurbaine de Rennes, comme son nom l’indique, le cimetière ancien a fait l’objet, à partir de 1989, de vives polémiques entre le maire de la commune, qui voulait le supprimer au profit du plus excentré cimetière du Champ Niguel "pour donner plus de place aux vivants", et une partie des habitants de la commune alléguant son nécessaire maintient car il contenait un grand nombre de tombes de victimes de la Seconde Guerre mondiale : effectivement, le soir du dimanche 7 mai 1944, jour de communion solennelle, la ville de Bruz subit un bombardement aérien par la Royal Air Force d’une redoutable efficacité ; la ville fut rasée, le bilan fut de 183 morts, soient 38 % des habitants du centre du village qui furent tués en 20 minutes. Force est de constater que le cimetière est toujours là, bien qu’on y ouvre plus de nouvelles sépultures et qu’il soit asphyxié par la proximité de constructions nouvelles.

Pas de grandes célébrités ici, sinon des édiles locaux. Pourtant, au centre du cimetière, un caveau de famille plus imposant que les autres est la tombe d’une famille de maires de Bruz (les Bousquet). Parmi eux repose une femme qui mérite d’être signalée : Germaine MARQUER (1896-1980). Le motif : elle fut l’une des 23 premières Françaises à devenir maire en 1945. Élue à l’unanimité par les 21 conseillers municipaux, elle apporta son énergie à la reconstruction de la ville dont elle était elle-même une sinistrée du bombardement, dont elle réchappa quasi miraculeusement avec sa fille et son mari. Elle conserva son mandat jusqu’en 1947. Si l’élection de Germaine Marquer est un beau symbole pour la cause des femmes, celle-ci ne doit pas être surestimée. En effet, c’est bien d’une parenthèse qu’il s’agit, plus que d’une rupture. D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui encore, jamais les Bruzois ne réélirent une femme. Et Germaine Marquer elle-même abandonna bien vite son siège de premier magistrat, ne se représentant pas aux élections de 1947 pour se consacrer à la santé chancelante de son mari.

Signe des temps également dont témoignent les cimetières : son identité n’est réduite qu’à son rôle d’épouse, à deux reprises, et sa fonction de maire n’est même pas indiquée alors qu’elle l’est pour son père et son grand-père ! Que cet article lui rende hommage.

On trouve aussi dans ce cimetière la tombe d’Yves COUTEL (1921-1978), ancien élève de Robert Debré et de Jean Bernard, qui fut professeur de bactériologie puis professeur et chef de service de Pédiatrie au Centre Hospitalier Universitaire de Rennes.