Jean BARDOU (1799-1852), à l’origine boulanger, quitte Ille-sur-Têt en 1834, pour établir sa production de

papier à cigarettes à Perpignan. Il va être le promoteur du papier Job, marque qu’il dépose en 1849 (ses initiales, JB, séparées par un losange, devenu par la suite un « O »).

À sa mort en 1852, son fils cadet Pierre BARDOU-JOB (1826-1892) - après modification de son nom par décret présidentiel en 1878 - , hérita de l’entreprise. Il dépassa le système traditionnel des ateliers pour transformer l’entreprise Job en une marque de référence de l’industrie roussillonnaise. En trois décennies, l’entreprise se développa, avec des nouvelles usines et le volume de main-d’œuvre passa de 50 à environ 800 ouvriers. Il encouragea les artistes (Atché, Mucha, Chéret, Capppiello...) a réalisé des calendriers, affiches et cartes postales à vocation publicitaire pour la marque.

Il eut trois enfants : Camille, Justin et Jeanne. Il développa son patrimoine personnel de biens fonciers, mobiliers, ainsi que des collections d’art. En outre, il réinvestit ses revenus pour diversifier ses activités dans les domaines viticole et commercial. Tissant des nouvelles alliances, il maria ses enfants avec des personnalités locales. L’aînée Camille se maria avec Charles Ducup de St Paul [1], militaire et propriétaire du mas et domaine Ducup, Justin s’unit à Thérèse Anna Noé, fille d’un avocat d’affaires originaire de Port-Vendres, et Jeanne épouse l’avocat Jules Pams [2], parlementaire et ministre.

En 1892, Pierre Bardou-Job décéda sans testament, de telle sorte que tout son patrimoine, ainsi que la société Job, furent divisés de manière équitable entre les trois descendants et leurs conjoints. La société désormais aux mains de Justin Bardou-Job, Charles Ducup de St Paul et Jules Pams, continua son expansion surmontant des crises, et s’adaptant aux nouvelles techniques. Ce n’est qu’en 1986, que l’entreprise Job ne put plus faire face à la concurrence des entreprises internationales, et elle fut acquise par Bolloré.

En ce qui concerne la dynastie Bardou-Job, elle disparut avec la mort précoce de l’unique fils de Justin, Pierre Michel Bardou-Job, en 1937, dans un accident, sans avoir eu de descendance.

La tombe de famille, sobre à l’origine, correspondant à l’époque où l’entreprise n’était encore qu’artisanale, fut transformée par Pierre Bardou-Job en une œuvre plus monumentale, avec buste, par Victorien Bastet.

Post-scriptum

Photo : Geneanet
Source : https://m2patrimoineupvd.wixsite.com/

[1] Qui repose dans ce même cimetière.

[2] Il repose au cimetière de Port-Vendres (66).