L’eau gazeuse de la commune de Saint-Galmier, dans la Loire, était connue par les Romains, mais ce n’est qu’en 1837 qu’Auguste Badoit, âgé de 36 ans, obtint le fermage de la source Fontfort située à Saint-Galmier au-dessus de la plaine du Forez. Pour éviter la concurrence, il acheta d’autres sources auxquelles il donna systématiquement son nom : l’eau de "Badoit", insidieusement, se substitua ainsi progressivement à celle de Saint-Galmier. La dernière étape fut franchie en 1848, lorsque le bail de la source Fontfort ne fut pas renouvelé : Auguste Badoit décida de délaisser le thermalisme et de commercialiser Badoit en bouteille.

Ainsi naquit la très célèbre Badoit ! Quand Auguste Badoit décéda, en 1858, sa société vendait déjà 1 500.000 de bouteilles par an. Sa femme et sa fille lui succédèrent puis cédèrent la société en 1859 à un concurrent de la même ville, la société André ; le gendre de Madame Badoit, Benoit Cherbouquet, restant maître de l’entreprise jusqu’à ce qu’elle se transforme en société anonyme, en 1893.

Post-scriptum

Merci àGuy Sabattier pour les photos. Il ajoute une anecdote que je trouve savoureuse : "les habitants de St-Galmier s’appellent les baldomériens, on pourrait croire que ça vient de Badoit, pas du tout ! C’est la francisation de Saint Baldomerus, ouvrier très pieux ordonné diacre, sur la tombe duquel eurent lieu des miracles et qui fut donc canonisé".