68 - HAUT-RHIN
ALTKIRCH (68) : cimetières
L’ancien cimetière du prieuré Saint-Morand
Le cimetière, attenant à l’église Saint-Morand est l’ancien cimetière d’Altkirch, et cette église était l’église paroissiale d’Altkirch jusqu’en 1801. Le cimetière a été désaffecté en 1877 après l’ouverture du cimetière communal actuel à proximité de la ville. Après une longue période d’abandon où il subit de nombreuses dégradations, le cimetière fut restructuré en 1983. Les monuments funéraires furent redisposés et certains restaurés. Les monuments et stèles, au nombre de 248 en 1846, n’étaient plus que 159 en 1983. Le cimetière se présente aujourd’hui comme un conservatoire de monuments funéraires datés pour le plus ancien de 1595 ( Monument funéraire d’Elisabeth Glieg ) et de 1876 pour le plus récent ( Monument funéraire de la famille Gilardoni 1810–1876).
Dans ce cimetière ancien repose en particulier Jean-Adam PFLIEGER le Jeune (1775-1846), fils du premier maire de la ville, il s’engagea comme volontaire dans la cavalerie de l’armée républicaine. Nommé maire de sa ville natale en 1807, il assure cette fonction jusqu’à la chute du Premier Empire (1815). Retiré de la vie politique pendant la Restauration (régime qui l’a destitué, en tant que libéral et fils de conventionnel régicide), il est à nouveau nommé maire en 1830. Il fut député du Haut-Rhin entre 1834 et 1846.
La famille Gilardoni
Gilardoni Frères est le nom de deux sociétés basées à Altkirch en Alsace, appartenant aux deux frères Thiébaut-Joseph (1805-1864) et François-Xavier GILARDONI (1807-1893). Ces deux sociétés concernaient une tuilerie fondée en 1834 et l’atelier familial de céramique et de poêle en faïence fondé en 1835. Les deux frères imaginèrent des applications utilisant la terre cuite dans le bâtiment et particulièrement une tuile plus pratique à réaliser et moins coûteuse que les traditionnelles tuiles canal ou plates qu’il fallait empiler sur deux ou trois couches pour obtenir l’étanchéité de la couverture. Un premier modèle de tuile à emboîtement vit le jour en 1840 et le brevet d’invention fut déposé en mars 1841. Ces tuiles s’emboîtant les unes dans les autres, se chevauchant juste de quelques centimètres ; elles assuraient une parfaite étanchéité. Le succès de cette nouvelle tuile fut immédiat auprès des tuiliers qui en adoptèrent le principe dans toute la France. Les frères Gilardoni créèrent des usines à Altkirch et à Dannemarie et Wolfersdorf (Haut-Rhin), avec des cités ouvrières et un port d’embarquement sur le canal du Rhône au Rhin à Retzwiller pour l’expédition du produit vers la région parisienne notamment.
A proximité d’une cimenterie, Altkirch possède donc désormais trois cimetières plus contemporains.
Le cimetière communal
Dans ce cimetière reposent :
– Charles Edouard AMIOT (1882-1952) : engagé dans la légion étrangère à l’âge de seize ans en 1898, il
participa ainsi aux opérations militaires de la colonisation en Afrique du Nord, en Extrême-Orient et à Madagascar. Aviateur pendant la Première Guerre mondiale, il devint un industriel qui dirigea les tuileries Gilardoni d’Altkirch avant de fonder en 1925 la « Société des chaux et ciments Portland du Haut-Rhin » exploitant la cimenterie de cette ville. Résistant en 1940, il devint maire d’Altkirch à la Libération. Membre du MRP, il fut élu au Conseil de la République (sénateur) de 1946 à 1948.
– Paul JOURDAIN (1878-1948) : conservateur d’inspiration sociale,
député (1919-1928) puis sénateur (1928-1940) du Haut-Rhin, maire d’Altkirch ; il fut ministre du Travail de 1919 à 1921 et ministre des Pensions entre 1925 et 1926. Sa principale contribution fut l’adoption en 1927, après des années de débats, de son projet d’assurances sociales, ancêtres de la sécurité sociale.
– L’actrice Marie-Thérèse KOLB (1856-1935), qui entra en 1898 à la Comédie-Française, avant d’en devenir la 338e sociétaire en 1904. Elle joua beaucoup au théâtre, mais également au cinéma à partir des années 1910.
– Léon LEHMANN (1873-1953) : peintre et dessinateur majeur de l’École de Paris, il fut formé dans l’atelier
de Gustave Moreau aux côtés d’Henri Matisse et de Georges Rouault. Après des débuts remarqués pour ses dessins de scènes militaires, son style évolua vers un intimisme aux harmonies assourdies, évoquant l’univers d’Édouard Vuillard. Dans sa maturité, il se consacra intensément à l’art sacré et à la peinture religieuse.
Le cimetière abrite de beaux monuments funéraires de familles locales.
Le cimetière israélite
Acheté en 1864, ce cimetière témoigne de l’importance historique de la communauté juive dans le Sundgau au XIXe siècle. La première inhumation y a eu lieu en 1865. Il comprend un peu plus de 350 sépultures disposées en lignes droites et un bâtiment oratoire à l’extrémité est.
La nécropole nationale
Elle rassemble les sépultures de 1 788 soldats. La grande majorité sont des militaires français tombés lors de l’offensive d’Alsace en août 1914 au début de la Première Guerre mondiale, ainsi que des soldats de la Seconde Guerre mondiale. Un monument commémore également la mémoire des Alsaciens-Mosellans incorporés de force. Elle fut créée en 1920 afin de regrouper les tombes de combattants dont les sépultures étaient dispersées dans les cimetières du sud de l’Alsace.
Post-scriptum
Source : https://www.lieux-insolites.fr/
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