SASSENAGE (38) : église Saint-Pierre

visité en mars 2010
vendredi 24 décembre 2021
par  Philippe Landru

L’église Saint-Pierre actuelle est le résultat de plusieurs remaniements dans l’histoire : si son clocher roman date du XIIe siècle, la petite chapelle de type renaissance italienne, située à sa droite daterait de la fin du XVe siècle, élevée par le seigneur de Sassenage afin d’accueillir les sépultures de ses ancêtres.

C’est donc ici que repose parmi les siens François de BONNE de LESDIGUIÈRES (1543-1626). Seigneur puis duc de Lesdiguières (1611), comte de Pont-de-Veyle, seigneur du Glaizil, il fut élu en 1569 à la tête des protestants du Haut-Dauphiné. Rallié à Henri IV en 1589, il prit Grenoble en 1591 et devint maréchal de France. Il fut également le dernier connétable de France entre 1622 et 1626, après avoir abjuré le protestantisme en 1621. Personnalité marquante de la province du Dauphiné, c’est en son honneur que fut baptisé au musée du Louvre l’un des deux pavillons des guichets de Seine sous la Grande Galerie, le « pavillon de Lesdiguières », l’autre étant le « pavillon de la Trémoille ».

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Restes de la chapelle castrale des Lesdiguières, où la famille reposa du XVIIe siècle à 1822. C’est là que se trouvait à l’origine le mausolée de Lesdiguières.

Sa destinée posthume connut également des aléas : sa dépouille mortelle fut transférée à Grenoble, pour des funérailles grandioses, puis transportée dans son mausolée sculpté par Jacob Richier, érigé au sein de la chapelle castrale du Château de Lesdiguières, hameau du village du Glaizil dans les Hautes-Alpes. Il y rejoignit Claudine de Bérenger (vers 1550-1606), sa première épouse. Lieu de sépulture de la dynastie ducale tout au long du XVIIe siècle jusqu’au début du XVIIIe siècle, le mausolée accueillit par la suite les corps du Maréchal de Créquy (vers 1573-1638), du Comte de Sault (1600-1677) et de différents membres de la famille Lesdiguières-Créquy.

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La chapelle funéraire (vue extérieure)

Durant la Révolution, l’œuvre de Jacob Richier fut offerte au département des Hautes-Alpes par Catherine Charlotte de Maugiron-Veynes, propriétaire du château. Les cercueils des familles de Bonne et de Créquy restèrent dans le caveau délaissé, en proie aux intempéries et aux prédateurs. La famille organisa finalement la translation des restes mortuaires : sur les onze cercueils identifiés dans le caveau à la fin du XVIIIe siècle, seuls les ossements de François de Bonne, Charles de Créquy et François de Bonne de Créquy, prirent le chemin de Sassenage le 19 février 1822 au sein de 3 caisses numérotées. Après célébration solennelle en l’église Saint Pierre de Sassenage, les caisses furent déposées dans le caveau de la chapelle familiale des Bérenger-Sassenage. Depuis, une épitaphe matérialise la présence de cet illustre hôte à Sassenage au sein d’un caveau commun aux de Bérenger, de Bonne et de Créquy.

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La chapelle funéraire (vue intérieure)

Son tombeau monumental se trouve depuis 1912 au musée Muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap .

Repose donc également dans ce tombeau un autre maréchal de France : Charles Ier de BLANCHEFORT de CRÉQUI (ca1571-1638), gendre de Lesdiguières, lieutenant général du Dauphiné (1610), il prit Pignerol en 1630 et devint ambassadeur à Rome puis à Venise.

La source semble également indiquer la présence de son petit-fils, François de BONNE de CRÉQUI (1629-1687), également maréchal de France, mais ce dernier fut inhumé au couvent des Jacobins réformés de la rue Saint-Honoré de Paris. Des restes de son tombeau se trouvent en l’église Saint-Roch, à Paris.


Sources
Gisant : Thierry Bouts.


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