SORBETS (32) : cimetière

visité en août 2021
lundi 1er novembre 2021
par  Philippe Landru

Petit cimetière rural, une seule chapelle. C’est naturellement là qu’il fallait aller, et affronter, une fois n’est pas coutume, un nid de guêpe en formation ! Je vous laisse imaginer les contorsions pour prendre en photo l’intérieur de la dite chapelle, sans devenir un appât pour elles ! Taphophilie / reportage de guerre : même combat ?

La chapelle est trompeuse : elle indique les familles Belin-Vidal !

Ici reposent :

- Joseph NOULENS (1864-1944) : haut fonctionnaire, député (1902-1919) puis sénateur (1920-1924) du Gers, il fut ministre à quatre reprises entre 1910 et 1920. Sous-secrétaire d’État à la Guerre (1910-1911), Ministre de la Guerre (1913-juin 1914), Ministre des Finances en 1914 puis Ministre de l’Agriculture et du Ravitaillement de 1919 à 1920, des postes clés à un époque pleine de bouleversements. Ainsi, c’est lui qui fit adopter, en tant que ministre des Finances, la loi du 15 juillet 1914 créant un impôt général sur le revenu, concrétisant ainsi le projet de Joseph Caillaux, ancien ministre des Finances. Il fut désigné pour le poste d’ambassadeur de France à Petrograd au mois de mai 1917, quelques semaines, après la Révolution de Février qui avait provoqué l’abdication du Tsar. Il y séjournait pendant que les bolcheviks préparaient les journées d’octobre qui marquèrent leur prise définitive du pouvoir. Joseph Noulens dut quitter Petrograd lors de la signature du traité de Brest-Litovsk et continuer sa mission à Arkhangelsk. Il devait plus tard, par la publication de ses Souvenirs, jeter la lumière sur ces événements.

- La couturière Jeanne PAQUIN (Jeanne Beckers : 1869-1936), qui fut son épous en seconde noce, et l’une des premières à avoir acquis une renommée internationale, à la fin du XIXe siècle. Elle commença sa formation de modéliste pour faire son apprentissage. En 1891, après son mariage avec Isidore Jacob, dit Paquin [1], elle ouvrit sa propre maison de couture à Paris, 3, rue de la Paix. Ses robes du soir aux motifs « XVIIIe siècle », ses modèles ornés de fourrure ou de dentelle, lui assurèrent une grande notoriété. Femme d’affaires avisée, elle fut l’une des premières à pressentir l’intérêt des techniques de promotion, n’hésitant pas à apparaître entourée de ses mannequins lors de soirées à l’opéra Garnier ou encore lors des jours de grands prix équestres, et à organiser de véritables défilés de mode pour promouvoir ses nouveaux modèles. Associée à des partenaires britanniques, Jeanne Paquin transféra, en 1896, son siège à Londres (tout en gardant sa succursale de Paris), ouvrit à New York une boutique consacrée à la fourrure, qu’elle confia à son demi-frère, Henri Joire et dont l’agencement fut réalisé par Robert Mallet-Stevens. Peu de temps après, deux nouvelles succursales virent le jour à Madrid et à Buenos Aires. Elle fut la première grande couturière à recevoir, en 1913, la croix de la Légion d’honneur. Si l’inspiration de Jeanne Paquin puisa largement dans le passé, elle sut également s’adapter aux évolutions de l’époque, proposant un modèle de tailleur adapté à la « civilisation du métro » ou, à la veille de la Première Guerre mondiale, une robe intermédiaire entre le tailleur et le costume. Son esprit résolument moderne s’exprima encore dans sa collaboration avec Léon Bakst pour la création de costumes de théâtre.

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Jean Béraud, Sortie des ouvrières de la maison Paquin, rue de la Paix

La « maison Paquin » fut immortalisée par la chanson de Léo Lelièvre, La Biaiseuse en 1912 (reprise notamment par Annie Cordy et Marie-Paule Belle) : « Je suis biaiseuse chez Paquin... ».


[1Qui repose au cimetière Montmartre à Paris.


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