SAINTE-CROIX (12) : cimetière

visité en août 2020
mercredi 4 novembre 2020
par  Philippe Landru

Deux ministres nous attendent (peut-être !) dans ce petit cimetière de Sainte-Croix, mais deux énigmes également !

- Le premier est Ernest CONSTANS (1833-1913). Député (1876-1890) puis sénateur (1890-1906) de l’Aveyron, il fut ministre de l’Intérieur de 1880 à 1881. En 1887, il fut nommé chef de la légation française à Pékin. En tant que tel, il fut l’un des signataires de la convention établie entre la France et la Chine pour délimiter la frontière entre la Chine et le Tonkin. De 1887 à 1888, Constans fut le premier Gouverneur général de l’Indochine française, placée sous protectorat français. Il s’y fit remarquer pour son cynisme prédateur. Il redevint ministre de l’Intérieur entre 1889 et 1892, Pierre Tirard l’ayant appelé car il cherchait un républicain qui soit un homme à poigne pour contrecarrer les entreprises du général Boulanger. Constans l’était, et il était en outre franc-maçon ce qui, dans le contexte d’alors, était également une recommandation. Il se signala par sa répression du boulangisme, ordonnant la dissolution de la Ligue des patriotes (1889). Il fit également courir la rumeur de l’arrestation imminente du général Boulanger et de son jugement en Haute Cour pour « attentat contre la sûreté de l’État », ce qui amena l’intéressé à s’enfuir en Belgique, non sans se discréditer auprès de l’opinion. De 1898 à 1909, il fut encore ambassadeur de France dans l’Empire Ottoman. Il y mena une diplomatie personnelle largement indépendante de la politique étrangère française, dont on a des raisons de penser qu’elle fut avant tout guidée par l’appât du gain, ce qui expliquerait notamment son rôle très actif dans le développement du projet de chemin de fer reliant Constantinople à Bagdad.

Il fut inhumé dans ce cimetière, c’est une chose certaine. Le problème est que son identité propre ne se trouve sur aucun tombeau et qu’il peut dès-lors se trouver dans deux chapelles :

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Les deux chapelles, à proximité l’une de l’autre.


- la première est la chapelle Galtié, qui était sa famille maternelle, dans laquelle repose avec certitude son grand-père maternel, mais également son cousin germain, Alexis GALTIÉ (1837-1906), qui fut maire de Villefranche-de-Rouergue mais également préfet de l’Eure et de la Loire.
- la seconde (anonyme) est celle où repose Marie Masbou née Poutignon, qui était la mère de son épouse Magdelaine Masbou. Il aurait, en auquel cas, été inhumé dans la chapelle familiale de son épouse.

Contactée, la mairie n’a pas su me dire dans quelle chapelle il se trouvait, les registres n’existant pas à cette époque.

- le second est Emile MARUEJOULS (1835-1908). J’ai déjà indiqué sa présence au cimetière de Villefranche de Rouergue où il peut avoir été inhumé selon certaines sources (dont Ghislain Marry). Le problème est qu’il existe un tombeau presque similaire à celui de Villefranche dans ce cimetière de Sainte-Croix. Les deux n’indiquent pas les personnes y qui y sont inhumées. Si il évident que les deux tombes appartiennent bien de la même famille, le tout est de savoir où repose celui qui fut avocat, député de l’Aveyron de 1889 à sa mort, ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes en 1898, puis ministre des Travaux publics de 1902 à 1905.

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Tombeau Maruejouls à Sainte-Croix...
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... et tombeau Maruejouls à Villefranche-de-Rouergue.

Je suis en attente, dans les deux cas, de confirmations qui seront bien évidemment l’occasion de mises à jour.


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