TRUJILLO Rafael (1891-1961)

Père-Lachaise (85ème division) puis cimetière du Pardo (Mingorrubio) de Madrid - Espagne.
dimanche 18 février 2024
par  Philippe Landru

Militaire et homme d’État dominicain, il fut à deux reprises président de la République dominicaine (1930-1938 et 1942-1952). Dans les faits, de 1930 à sa mort en 1961, il exerça un pouvoir sans partage sur le pays. Il renversa en 1930 le président Horacio Vásquez, puis imposa le Parti dominicain comme parti unique dans le pays. Son anticommunisme et son conservatisme lui permirent de disposer du soutien des États-Unis, de l’Église, de l’armée et des classes aisées. Exaltant le nationalisme dominicain et la xénophobie envers les Haïtiens, son régime fit massacrer en octobre 1937 plusieurs milliers d’immigrants haïtiens. Il instaura autour de sa personne un culte de la personnalité, se faisant officiellement appeler « Son Excellence le généralissime docteur Rafael Leonidas Trujillo Molina, Honorable Président de la République, Bienfaiteur de la Patrie et Reconstructeur de l’Indépendance Financière », fit construire des milliers de statues à son effigie, rebaptisa la capitale du pays Ciudad Trujillo et organisa une grande fête nationale pour commémorer les 25 ans de son règne en 1955. Il prit possession de plus du tiers des terres du pays et de 80 % des industries. Ses liens avec les États-Unis se tendirent dans les années 60. Il fut finalement assassiné par des militaires dominicains lors d’un déplacement automobile.

Ses obsèques eurent lieu au Palais national. Des milliers de personnes de toutes les couches sociales défilèrent devant son cercueil. Une fois les cérémonies terminées, son cadavre fut transféré au panthéon spécial qu’il avait fait construire sous le principal autel de l’église de sa ville natale de San Cristobal. À la suite des changements politiques qui suivirent sa mort, son corps fut exhumé et réinhumé plusieurs fois par sa veuve : aux États-Unis, puis en France au Père-Lachaise, et enfin, après un imbroglio judiciaire [1]. amenant la confiscation de la concession française, en Espagne au cimetière de Mingorrubio de Madrid (où reposent également depuis 2019 les restes de Franco).

La chapelle Trujillo, désormais vide, est toujours présente au Père Lachaise dans un état lamentable, porte arrachée et vitraux détruits.

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L’actuelle sépulture mégalomane du dictateur à Madrid.

[1On lira à ce sujet l’étonnant article du Monde de 1972


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