PLOERMEL (56) : cimetière de Fontilo

Visité en juin 2012
lundi 28 janvier 2019
par  Philippe Landru

Pas de grande vedette à Ploermel, mais plusieurs tombes qui témoignent chacune des vicissitudes de leur époque dans ce cimetière ouvert en 1901. On sent que l’on est ici dans des terres ultra catholiques.

Il en est ainsi de celle du sapeur-aviateur Emmanuel Brouillard (1891-1913), mort en service commandé à Chantemerle. Le 26 novembre 1913, un biplan militaire venant de St-Cyr à destination de Mourmelon s’écrasa au lieu dit « Oliveux », sur le territoire de la commune de Chantemerle (51). Victime d’une panne en vol, le pilote avait tenté un atterrissage en campagne. L’avion a dû toucher un bouquet d’arbres et s’être retourné. Après l’impact, le réservoir d’essence a explosé et a embrasé les alentours. Les deux membres d’équipage, le Ltt Fernand Briault et le Sapeur Emmanuel Brouillard furent tués sur le coup. Leurs corps, qui ont été transportés à l’hospice de Sézanne, ont été presque entièrement carbonisés et leur identification faite grâce des éléments de leurs uniformes (boutons, chemises, porte-monnaie).

Dans un autre registre, Ploermel fut le berceau des Frères de l’instruction chrétienne, congrégation laïque masculine de droit pontifical qui se consacre à l’éducation de la jeunesse, fondée en 1819 par l’abbé Jean-Marie de La Mennais [1]. Il existe dans la maison-mère à Ploermel un cimetière des frères : ceux-ci avaient été inhumés initialement dans ce cimetière, mais furent transférés dans le cimetière de la congrégation au début du XXe siècle. Le frère Ange Hamono (+1926), fondateur du lycée agricole de Ploërmel, fut le seul à demeurer dans le cimetière communal. Son épitaphe proclame : « Ici repose le corps de Monsieur Hamono, ancien directeur du pensionnat Notre-Dame-du-Roncier, directeur de l’école La Mennais, fondateur de l’école d’agriculture. 1865-1926. Il fut le frère Alpert-Marie des frères de l’instruction chrétienne expulsés en 1904. »

la tombe de Joseph-Marie Riallan, sergent aux zouaves pontificaux, se distingue par les dizaines de plaques ex-voto qui ornent sa pierre tombale. Il mourut en 1867 durant la bataille de Mentana, livréependant les guerres du Risorgimento, et qui opposa les Chemises rouges de Giuseppe Garibaldi aux troupes pontificales et françaises.

Le marquis Marc-Antoine de la BOËSSIÈRE de LENNUIC (1766-1846) émigra sous la Révolution, et servit à l’armée des princes comme officier supérieur. Attaché à l’état-major du comte d’Artois, il fut chargé par lui de plusieurs missions périlleuses. De retour en France sous le Consulat, partisan zélé de la Restauration, il se rendit à Gand pendant les Cent-jours, dirigea la prise d’armes de 1815 en Bretagne, et, promu maréchal de camp, commanda successivement les départements d’Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord. Il fut élu député du Morbihan en 1824, mais à partir de 1830, ne voulut pas prêter serment au gouvernement de Louis-Philippe et refusa de siéger. Il accompagna Charles X en exil, puis se retira en son château de Malleville près de Ploërmel. Il repose dans un caveau contemporain derrière lequel se trouvent l’ensemble des dalles funéraires d’origines, déplacées de l’ancien cimetière.

Repose également ici Joseph-Golven TUAULT de la BOUVERIE (1744-1822), député aux États généraux de 1789 (il refusa de prendre part au serment du Jeu de Paume), il fut encore député du Morbihan sous le Premier Empire et la Restauration. On a gravé sur sa tombe l’épitaphe qu’il avait composée pour lui-même : « Passant, ne le foule pas, lui qui n’a foulé personne. »

Un monument commémore les victimes du bombardement allié du 12 juin 1944 qui firent 31 morts et plus de 200 habitations et édifices détruits ou endommagés.


[1Frère de Félicité Robert de Lamennais.


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