VILLENEUVE-SUR-LOT (47) : cimetière Sainte-Catherine

visité en juillet 2015
mardi 10 juillet 2018
par  Philippe Landru

Le cimetière de Sainte-Catherine date du 1er juillet 1854. Avant, le cimetière se situait au nord de l’ancienne église Sainte-Catherine puis sur la place de l’Egalité. La ville élargissant son centre vital, il fallait alors trouver un terrain d’accueil. L’actuel cimetière se trouvait à la campagne à l’époque. Il y avait à l’époque trois carreaux bien différenciés : la grande entrée, au sud était destinée aux décédés de culte catholique. A l’Est, séparé par un fossé et une haie, un deuxième carreau dans lequel on entrait par une porte distincte, le carreau des « cultes dissidents ». Enfin, au nord, une troisième entrée et un troisième carreau, était réservé « aux asphyxiés et aux suppliciés ».


Curiosités


Au centre du cimetière se trouve la chapelle Notre-Dame-de-Divine-Miséricorde.

Un monument rend hommage aux martyrs du centre de détention d’Eysses : pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint le lieu de rassemblement le plus important de prisonniers politiques condamnés par le régime de Vichy. En octobre 1943, il reçut la majeure partie des détenus politiques venant de l’ensemble de 24 prisons en majorité de la zone Sud. Le 19 février 1944, une bataille fut déclenchée à l’occasion de la visite de l’inspecteur général des prisons : 1 200 résistants de 23 nationalités détenus dans ce site se rendirent maîtres des lieux dans l’espoir de gagner les maquis du Lot-et-Garonne. Dans sa première phase, l’opération fut une réussite mais à 17 heures l’alerte fut donnée par des prisonniers de droit commun. Les Groupes mobiles de réserve (GMR) intervinrent ainsi que l’artillerie allemande et après plus de treize heures de lutte, les prisonniers se rendirent après avoir obtenu l’assurance du directeur de la centrale qu’il ne serait pas exercé de représailles. Darnand se rendit sur place et ordonna la tenue d’une cour martiale. Douze « mutins » furent condamnés à mort et fusillés, puis 1 121 prisonniers furent livrés par l’État français à la division SS Das Reich : ils furent déportés à Dachau. Parmi ces déportés se trouvait Georges Charpak, arrêté en 1943 pour activités de résistance et condamné à deux ans de prison.

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œuvre d’Antoine Bourlange


Célébrités : les incontournables...


Les quelques sources que j’ai pu trouver concernant la sépulture de l’ancien président du Conseil Georges LEYGUES que j’ai pu trouver (dont le Beyern) l’indiquait au cimetière Saint-Etienne. J’y ai effectivement trouver le tombeau de famille, mais son identité d’y était pas portée. Il existe un article de La Dépêche de 2010 qui l’indique en revanche dans ce cimetière Sainte-Catherine : Georges aurait-il sa propre sépulture à Sainte-Catherine tandis que le reste de la famille repose à Saint-Etienne ? Si un correspondant local à la réponse, je suis intéressé.


... mais aussi


- Louis BONNEVILLE (1865- ?), qui fut pionnier de la construction automobile. Il travailla chez de Dion-Bouton et aux établissements Peugeot et Panhard-Levassor où il testa la première voiture de ce groupe. Il contribua également à l’invention de la « bicyclette à pétrole » de Millet : cinq cylindres rotatifs dans la roue arrière. Il inventa encore, et fit breveter, un changement de vitesse qui devint fameux : il le vendit à la marque Cadillac, ce qui fit sa fortune. La fameuse Torpédo fut inventée par lui et fut conçue dans son garage de Biarritz.

- Le général BLAGNAC.

- Marguerite BROUILLET (1902-1944) : Assistante sociale, elle s’engagea dans la Résistance comme agent de liaison. Elle fut arrêtée à la suite du démantèlement du réseau par l’Abwehr, en septembre 1943 et déportée en mai 1944 sous la classification « NN » (« Nacht und Nebel »-« Nuit et Brouillard ») à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), puis fut transférée vers le camp de concentration du Struthof, où elle fut abattue. Une rue et une école de Villeneuve-sur-Lot porte son nom. Sa mémoire est rappelée sur le caveau de famille ouvragé.

Le cybernéticien Louis COUFFIGNAL (1902-1966), qui fut l’un des premiers à souligner l’importance de l’emploi de la numération binaire dans les machines à calculer. De 1938 à 1960, il fut directeur du laboratoire de calcul mécanique de l’Institut Blaise Pascal avec dès 1942 l’objectif de construire le premier ordinateur français. En tant qu’inspecteur général de l’éducation, il fut à l’origine des premiers BTS en France.

- Le photographe Raymond « Ray » DELVERT (1914-1992). Il réalisa pour le CNRS le relevé « en vraies couleurs » des grottes de Lascaux avant leur fermeture. Il prit de nombreuses vues d’avion du paysage français qui firent l’objet de plusieurs publications.

- L’écrivain Charles DERENNES (1882-1930), qui obtint en 1924 le prix Femina pour Émile et les autres, troisième volume de la série du Bestiaire sentimental. Il a publié plus de cinquante livres en quelque vingt-cinq années de carrière, et a collaboré dans le même temps à de nombreux journaux et revues : il connut un grand succès public, surtout après la guerre.

- Robert de LA MYRE-MORY (1898-1940), qui fut député du département de 1933 à 1940. Il siégea chez les Républicains de gauche, puis à l’Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, et bien qu’il soit alors dégagé de ses obligations militaires, il s’engagea comme caporal puis fut promu sergent et chef de char. C’est à ce poste qu’il trouva la mort dans les Ardennes.


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vendredi 14 février 2014

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