SAINT-CLAUDE (39) : cimetière

visité en août 2017
dimanche 29 octobre 2017
par  Philippe Landru

Saint-Claude est une commune de montagne très enclavée, mal reliée au reste du territoire, entourée par les sommets du Haut-Jura, tels que le mont Bayard, qui domine le cimetière. Le cadre de la nécropole est donc sévère, mais loin d’être sans charme.

Le dimanche 9 avril 1944, sous couvert d’une vérification d’identité dans le cadre de la lutte contre les maquis, la Gestapo organisa une grande rafle à Saint-Claude, en présence de Klaus Barbie. Tous les hommes de 18 à 45 ans furent rassemblés et 302 furent retenus en otage et déportés à Buchenwald. 186 ne rentrèrent pas et plusieurs tombes du cimetière témoignent de cette épisode dramatique. Parmi les otages figuraient Paul Delacour, le maire de Saint-Claude nommé par Vichy qui mourut en déportation. Le tombeau de la famille Delacour rappelle sa mémoire. Il était le grand-père de Marie-Josèphe Delacour, l’épouse d’Edouard Balladur.

Y reposent :

- Dany DAUBERSON (Suzanne Gauche : 1925-1979) : chanteuse et actrice, elle eut son heure de gloire dans les années 1950. Avec la chanteuse Mathé Altéry, elle a co-représenté la France lors de la première édition du Concours Eurovision de la chanson, en 1956, à Lugano (Suisse). Elle fréquenta le cabaret de Suzy Solidor, icône du mouvement lesbien qui la prit sous son aile. Dans les années 1960, elle fut la compagne de l’actrice Nicole Berger : elle était dans l’auto de cette dernière qui trouva la mort sur une route de l’Eure. Dany resta inconsolable et ne recouvra jamais une santé parfaite. Cet accident mit quasiment un terme à sa carrière.

- Pierre DESNUELLE (1911-1986) : Ingénieur chimiste, docteur ès sciences physiques, il fut directeur de l’Institut de chimie biologique de la faculté des sciences et du Centre de biologie moléculaire du CNRS, à Marseille. Il était membre de l’Académie des sciences.

- Henri PONARD (1861-1928) : ouvrier tourneur, militant socialiste, il fut élu maire de Saint-Claude puis député du département de 1924 à sa mort. Il repose sous un médaillon en bronze par Ernest Diosi.

- Jean-Baptiste VUILLOD (1850-1917), au destin assez étonnant : engagé volontaire en 1870, Jean Vuillod participa à la charge de Reichshoffen, où il fut blessé par un éclat d’obus. En 1881, à la suite d’un pari, il se produisit pendant deux mois aux Folies Bergère sous le nom de scène d’Achille « l’homme-canon , étonnant les spectateurs en arrêtant un boulet de canon avec une planchette qu’il tenait dans ses mains. Il prit ensuite la direction d’une imprimerie et d’un journal, L’Écho de la Montagne, s’engagea en politique et fut élu maire de Saint-Claude (1892-1893 et 1897-1906). Auteur de La Nouvelle-Calédonie et ses produits en 1890 à l’issue d’une mission qu’il a effectuée dans l’archipel pour le compte du sous-secrétariat des Colonies, Vuillod fut pressenti pour devenir administrateur du Sénégal en novembre 1892. Sa nomination fut cependant annulée au dernier moment en raison des persiflages sur son passé d’« homme-canon ». Député du Jura de 1893 à 1897, inscrit au groupe de la Gauche démocratique, il fut élu sénateur en 1897. Tout au long de sa carrière politique, Vuillod accorda beaucoup d’intérêt aux questions coloniales.


Commentaires

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SAINT-CLAUDE (39) : cimetière
samedi 9 mai 2020 à 16h53 - par  Christophe

Sur les ondes d’Inter Actualités à 20H le 8 avril 1967 Dany Dauberson donna un entretien téléphonique depuis son lit d’hôpital à Bernay.
« Je ne me rappelle pas comment l’accident est arrivé. Subitement la voiture a bougé et après je ne me souviens de rien, si ce n’est qu’à mon réveil dans un fossé, les cheveux couverts de terre, mon pantalon arraché, en miettes et des gens qui me soignaient. Le compteur de la voiture était bloqué à 160. Nicole n’est pas imprudente au point de se zigouiller comme ça, car là elle est plus malade que moi, moi je suis immobilisée avec l’espoir de vivre alors qu’elle on en sait encore rien. Elle commence à parler, elle a pris de mes nouvelles ».
Seuls la mère et l’oncle de Nicole Berger avaient pu se rendre à son chevet.
Malgré ses blessures elle tînt à assister aux obsèques de son amie. Elle restera inconsolable.
Quelques années après l’accident Dany Dauberson quitta le milieu de la chanson. Elle partit s’installer à Antibes pour ouvrir un restaurant « la Marmite » situé au 20 rue James Close qui existe toujours.
Elle décède d’un cancer à Marseille le 16 mars 1979 à 54 ans. Elle légua l’ensemble de ses biens à la ville de Saint Claude.

Le véhicule, une « chrevrolet Corvair » qui appartenait à Dany Dauberson avait acquis une très mauvaise réputation aux Etats Unis. Fabriquée par Général Motors, avec un moteur arrière de 6 cylindres les américains voulaient concurrencer la Coccinelle de Volkswagen. Elle avait une taille démesurée (3.80m). Mais très vite ce modèle est devenu le cauchemar de General Motors lorsqu’une série de poursuites judiciaires fut intentée à la suite d’accidents graves causés entre autres par la piètre tenue de route du véhicule. En 1965, l’avocat Ralph Nader publia « Unsafe at any speed », dans lequel il traite de l’insouciance des constructeurs automobiles américains envers l’amélioration de la sécurité de leurs voitures ; la légende veut que le livre fut inspiré par la mauvaise réputation de la Corvair. Ralph Nader déclara lors des audiences ultérieures du Congrès, que la Corvair était « la principale candidate au titre de voiture la moins sûre ».
La vitesse, la chaussée glissante ont elles été vraiment les seules raisons de l’accident ?

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lundi 11 mai 2020 à 11h52 - par  Christophe

Merci pour l’information. Ma dernière visite remonte à quelques années.

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dimanche 10 mai 2020 à 17h06 - par  Antoine Bombrun

« La Marmite » à Antibes, ça n’existe plus depuis quatre ou cinq ans. C’est une herboristerie, maintenant…

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samedi 9 mai 2020 à 18h34 - par  cp

Et le moteur à l’arrière ne protège pas, mais « pousse » vers les occupants en cas de choc frontal. En ces temps-là, pas de crash-test ; pas de radars, Melville et Philippe Labro faisaient la course sur le boulevard périphérique nouvellement bouclé, l’un en Rolls et l’autre en Alfa Romeo, la belle époque… Mais de Camus à Nimier, en passant par Dorléac et Jean-René Huguenin, que d’accidents !

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