AMBOISE (37) : cimetière des Ursulines

Visité en janvier 2011
lundi 7 août 2017
par  Philippe Landru

JPEG - 51.7 ko L’histoire du cimetière d’Amboise est intimement lié à celle du duc de Choiseul : c’est lui qui choisit l’un de ses terreains pour y installer son tombeau, terrain qu’il donna à la commune pour devenir la nouvelle nécropole de la ville. C’est donc un cimetière ancien datant de la fin du XVIIIe siècle, qui a conservé un certain nombre d’anciens monuments. Dès l’origine, une dimension paysagère fut ordonnée et on y planta des arbres, dont des ifs. JPEG - 59.8 ko JPEG - 66.3 ko

Ce cimetière constitue un ensemble architectural remarquable et abrite beaucoup de ceux qui ont fait l’histoire d’Amboise, en particulier pas mal de familles de manufacturiers. On y distingue clairement la partie ancienne de la partie contemporaine, beaucoup plus quelconque. JPEG - 56.3 ko


Curiosités


- Une croix en fer forgé recouvre la fosse qui contient les restes déblayés des anciens cimetières paroissiaux. JPEG - 57.5 ko

- Une tombe abrite les dépouilles de soldats français et allemands de la guerre de 1870. JPEG - 52.4 ko

-  JPEG - 60.3 ko Parmi les curiosités historiques figure aussi la tombe de Marie Riahhi (1894). Les registres du XIXe siècle du cimetière recensent à cet endroit Mlle Marie Charlotte Eugénie Kira Bent Hammond Riahhi. Sur la pierre tombale est inscrit « Marie Riahhi née à Alger en août 1827, baptisée à Alger le 26 février 1848, morte à Amboise le 13 août 1849. » Sur l’acte de décès, établi le 13 août 1849 par le maire, ce sont un jardinier et un tonnelier qui ont annoncé la mort, à 1 h du matin, dans une « maison de santé » de la place Saint-Denis (hôpital) de la jeune femme. En marge figurent les mentions « célibataire », « arabe » et « 20 ans ». Cette femme, dont l’âge varie en fonction des sources, aurait donc été baptisée à Alger alors que l’émir Abd-el Kader était en captivité à Toulon (il n’arriva à Amboise que le 8 novembre 1848). Certains écrits évoquent aussi une Juliette, la seule chrétienne de la smala d’Abd El Kader mais qui aurait été prisonnière également à Toulon. Une jeune femme originaire des Bouches-du-Rhône où elle aurait été recueillie par l’émir à l’âge de 13 ans, après avoir été au service de Nicolas Manucci (ou Manudji), un contrebandier corse qui fournissait l’émir en armes et poudre. Cette jeune femme aurait été mariée à Ahmed Mbarek, le frère de lait de l’émir. Est-ce celle qui est enterrée à Amboise ?
La tombe, qui fut restaurée par la fondation Saint-Louis il y a quelques années, et qui est entretenue par la Ville, est aussi un objet de controverse. En façade de l’entourage en ferronnerie, figure une femme avec des ailes d’ange mais tenant une chaîne. Fut-elle prisonnière ? Sa tête est surmontée d’un croissant. Certains y voient l’emblème musulman, d’autre celui de Diane.

-  JPEG - 45.2 ko Contre le mur, une tombe témoigne d’un fait divers criminel : en novembre 1903, la jeune Raymonde Bordier fut assassinée de trois balles dans la tempe par un amoureux éconduit (et peut-être intéressé par une promesse de dot), Théophile Bruzeau. Il fut condamné à 20 ans de travaux forcés. L’épitaphe indique qu’elle fut « victime d’une main criminelle ». JPEG - 38.9 ko

- Amboise abrite l’un des rares endroits consacrés au souvenir du sacrifice des harkis lors de la guerre d’Algérie, le Memorial de l’Aurès. Il fut édifié par l’architecte Jean-Yves Barrier et inauguré en 1997. JPEG - 41.4 ko

- Lors de la manifestation du 8 février 1962, neuf manifestants hostiles à l’OAS et à la JPEG - 3.6 ko guerre d’Algérie furent tués par les forces de l’ordre, au métro Charonne, à Paris. Parmi eux figurait un Amboisien, Édouard Lemarchand. Il repose dans ce cimetière. Sa plaque indique «  »martyr de la Liberté, massacré par les forces policières". JPEG - 47.5 ko JPEG - 38.7 ko

- Le cimetière possède très peu d’oeuvres d’art

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Médaillon du docteur A. Meusnier (+1924)

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- Le tombeau de la famille de Maupas - de Saint-Bris, ancien propriétaire du Clos-Lucé, abrite les ancêtres du journaliste Gonzague Saint-Bris.


Célébrités : les incontournables...


- Le duc Etienne-François de CHOISEUL
- Michel DEBRÉ


... mais aussi


-  JPEG - 36.5 ko Henri Michel d’AMBOISE (1740-1812) : seigneur du Clos Lucé, il fut un des derniers représentants de la famille d’Amboise. Il comparut en 1789 à l’assemblée électorale de la noblesse de Touraine, et fut élu député suppléant aux Etats généraux. En 1793, il fut emprisonné à Port-Royal à Paris, pendant la Terreur, et ne recouvra sa liberté que deux mois après la mort de Robespierre, à la fin septembre 1794. Grâce à lui, le manoir du Clos Lucé, ancienne demeure de Léonard de Vinci, à Amboise, ne fut pas détruit pendant la Révolution. Il repose sous un petit obélisque à coté de la tombe de son ami Choiseul. JPEG - 43.4 ko

- Charles GUINOT (1827-1893) : entrepreneur en Travaux publics, notamment dans la JPEG - 19.5 ko construction des chemins de fer, il fut maire d’Amboise de 1860 à 1864, puis de 1865 à sa mort. Député du département en 1871, il siègea à gauche. En 1879, il fut élu sénateur et le resta jusqu’à son décès. Il a également été président du conseil général. Il était l’oncle de l’épouse de Félix Faure. JPEG - 57.1 ko


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vendredi 14 février 2014

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