CONCARNEAU (29) : cimetière du centre-ville

Visité en décembre 2016
dimanche 5 février 2017
par  Philippe Landru

Ouvert en 1830 (il était auparavant dans la ville-close), le cimetière du centre-ville de Concarneau se présente sous la forme de plusieurs parcelles séparées par des murs en fonction de ses agrandissements successifs. Le site est assez quelconque, et si des tombeaux anciens subsistent contre le mur, les reprises ont été nombreuses.


Curiosités


- Quelques tombes évoquent la dureté de la Seconde Guerre mondiale dans la cité : trois aviateurs (anglais, néo-zélandais et canadien), abattus par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, y sont enterrés. La tombe de Pierre Guéguin, conseiller général et maire de Concarneau fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 à Chateaubriant, côtoie celle de Marc Bourhis, instituteur de Trégunc, autre victime de cette fusillade.

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Tombe de Pierre Gueguin.

-  Concarneau possède son « saint » local : L’abbé Forveille (+1890). Le personnage de Félix Forveille est mal connu, en dépit de la dévotion qu’il suscite. Originaire de la Mayenne, il serait venu à Concarneau comme simple précepteur. Attaqué, il fut saoulé et promené dans une brouette. Ses agresseurs auraient tous péri de mort violente. L’abbé, dont la tombe est toujours fleurie, a fait tardivement l’objet d’un culte. Aujourd’hui, il est réputé exaucer les vœux de ceux qui le prient. Résultat : sa tombe est constamment fleurie et couverte de plaque commémorative, de chapelets et bracelets. Il favoriserait même, dit-on, plus particulièrement la réussite aux examens.

- L’un des tombeaux les plus ancien du cimetière du centre est celui de Brisson, ancien marin de Concarneau, avait servi auprès de Napoléon, dans les rangs de la Vieille garde. Sur la stèle, deux sabres courbes entrecroisés témoignent de son passé guerrier.

- Dans le cimetière repose Caroline Joblau (+1959), qui posa pour Matisse et avec laquelle il eut sa fille Marguerite.


Célébrités : les incontournables...


Pas de grande célébrité à Concarneau


... mais aussi


- L’historienne Danielle BEGOT (1945-2015), qui fut une spécialiste de l’histoire des Caraïbes.

- Le peintre Willie BINDELS (1908-1964), installé en Bretagne dans les années 50, aux œuvres très structurées, parfois « baclées », exprimant avec une violence expressionniste des paysages majoritairement urbains.

- Le peintre américain Charles FROMUTH (1866-1937), installé à Concarneau à partir de 1890. Admirateur d’Kokusai, il eut le même regard sur la nature. Il eut le culte de la mer, jamais décor mais sujet essentiel, étudié sous toutes ses formes. Toute son œuvre fut ainsi consacrée à l’animation des bateaux dans le port de Concarneau.

- Le seul buste en bronze du cimetière, niché dans une végétation exubérante, est celui de la tombe Guillou : le buste est celui de Etienne GUILLOU , dit « Le pilote » (1818-1887), armateur, marin-pilote du port de Concarneau, qui fut vice-consul de Suède et de Norvège. Ce buste est signé Antonin Mercié. Dans ce caveau repose également son fils, le peintre Alfred GUILLOU (1844-1926), qui suivit les cours de Cabanel. D’inspiration naturaliste, ses sujets de prédilection sont empruntés à la vie quotidienne du port de pêche souvent traités sur de grands formats. Avec son ami Théophile Deyrolle qui épousa sa sœur Suzanne, Alfred Guillou fut à l’origine d’une colonie d’artistes établie à Concarneau. Comme celle établie à Pont-Aven, elle exerça une influence sur de nombreux artistes pour qui les mœurs et les traditions séculaires du peuple breton représentait à leurs yeux une forme de primitivisme : Léon Joubert, François-Alfred Delobbe, Antonin Mercié (l’auteur du buste), mais aussi Jules Bastien-Lepage, Pascal Dagnan-Bouveret... Le fils de ce dernier, Etienne GUILLOU (1887-1913), était sculpteur mais mourut à 26 ans et repose également ici ; tout comme le frère d’Alfred, Alphonse GUILLOU (1852-1935), qui fut contre-amiral.
Bien que son identité ne soit pas portée, le peintre Théophile DEYROLLE (1844-1923 : voir plus haut) repose également dans ce caveau familial. Il étudia l’architecture puis entre à l’École des beaux-arts de Paris dans les ateliers d’Alexandre Cabanel et de William Bouguereau (c’est là qu’il fera la connaissance d’Alfred Guillou). Devenu breton et concarnois d’adoption, il est considéré, avec son beau-frère, comme le fondateur de l’École de Concarneau. Il travailla pour la faïencerie HB de Quimper à la décoration de plats, d’assiettes, de vases aux motifs japonisants. Ses sujets picturaux favoris tournent autour de la vie portuaire. Il réalisa des panneaux décoratifs pour divers hôtels de la région, des portraits, de nombreux paysages et, en 1909, une série de scènes pastorales. Il fut le grand-père du peintre Jean Deyrolle, qui lui repose à Gordes (84).

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Les joueurs de boules de Théophile Deyrolle

- Le peintre russe Emil-Benediktoff HIRSCHFELD (1867-1922), ancien élève de Bouguereau, qui aima les effets de lumière, en particulier ceux des couchers de soleil à la tombée du soir.

- Le magistrat Charles de MALHERBE (1750-1825), maire de Concarneau avant la Révolution, qui fut député des Etats de Bretagne.

- Henri PONTHIER de CHAMAILLARD (1848-1908), qui fut un sénateur conservateur du Finistère de 1897 à sa mort. Il se fit rapidement un nom au Sénat, comme orateur de l’opposition de droite, où il intervint souvent, en particulier pour défendre des royalistes accusés de comploter contre la République devant le Sénat transformé en Haute Cour, ou pour lutter contre les mesures anticléricales des gouvernements Waldeck-Rousseau et Combes. Il s’opposa au transfert des cendres d’Émile Zola au Panthéon car son œuvre « charriait un trop large fleuve de boue, d’immondices, d’obscénités » ! Il repose dans la chapelle Malherbe et Morel.

- Eugène REEB (1907-1992), qui fut député socialiste du Finistère entre 1946 et 1955.

- Le peintre néo-zélandais Sydney Lough THOMPSON (1877-1973), qui fut un paysagiste post-impressionniste. Il voyagea beaucoup. La Nouvelle Zélande le considère comme un de ses peintres les plus populaires tout autant que la Bretagne.

- Le journaliste Philippe VIANNAY (1917-1986) : résistant et journaliste, il fut leprincipal dirigeant du mouvement Défense de la France, dont le journal homonyme devint Défense de la France - France-Soir, puis France-Soir. Il fut le fondateur avec son épouse Hélène Viannay du Centre de formation des journalistes (1945), et un responsable important du Nouvel Observateur pendant les années 1960. Il fut aussi à l’origine de l’école de voile des Glénans (1950), ainsi que du Conservatoire du littoral (1975). Il repose sous une lourde pièce de granit venue des Glénans. Son épouse ne s’y trouve pas : après une cérémonie au cimetière du Père-Lachaise en 2007, ses cendres furent dispersées à la pointe nord de Penfret, aux îles de Glénan.


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