QUIMPERLÉ (29) : cimetière Saint-David

Visité en décembre 2016
samedi 21 janvier 2017
par  Philippe Landru

Le cimetière de Saint-David date au moins du XVIe siècle, époque de la construction de la chapelle qui s’élève en son centre. Il était à l’origine rattaché à la paroisse de Rédéné. En plus des Rédénois, les habitants du Bourgneuf y étaient inhumés. C’est en 1791 qu’il est rattaché à Quimperlé. En 1827, la municipalité décide de ne plus autoriser d’inhumation dans les cimetières de Saint-Michel (1796) et Saint-Colomban (1797) ». Le cimetière s’est agrandi, au fil des siècles, autour de la chapelle Saint-David. Désormais, la plus ancienne tombe du cimetière Saint-David date de 1824.

Le site se visite avec plaisir : a proximité de la chapelle se trouvent les plus anciens tombeaux, dont certains de prêtres remarquablement ouvragés. Quelques belles chapelles, et une forte présence de familles à consonances aristocratiques.


Curiosités


- La chapelle est un petit édifice rectangulaire sur laquelle divers ajouts, modifications, reconstructions se sont succédées jusqu’au XIXème siècle, témoin d’un profond remaniement par l’architecte Joseph Bigot. Sa tour-porche rappelle le campanile de la chapelle Sainte Barbe au Faouët.(56).

- Contre le mur de l’église se trouvent plusieurs tombes de la famille Peyron : il s’agit de celles des ancêtres des navigateurs Loïck et Bruno Peyron, en particulier leur trisaïeul Jean-Baptiste, mort en 1825.

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Le monument de la famille de Kerguern
Apparentés aux Hersart de la Villemarqué. Y repose un colonel mort à la prise de Sébastopol en 1851.

Célébrités : les incontournables...


Si Hersart de la Villemarqué est une grande figure bretonne, il est relativement peu connu en dehors de cette province. Pas de plus grande pointure ici !


... mais aussi


- Le peintre Adolphe BEAUFRÈRE (1876-1960) : peintre et graveur de la Bretagne, ancien élève de Gustave Moreau puis de Fernand Cormon. Il exposa au Salon et illustra de nombreux ouvrages. Son oeuvre n’est pas sans faire penser à l’Ecole de Pont-Aven.

- Le médecin Charles COTONNEC (1876-1935), surtout connu pour son travail pour le gouren, la lutte bretonne, qu’il a modernisée en en fixant les règles.

- Le philologue Théodore HERSART de la VILLEMARQUÉ (1815-1895), spécialiste de la culture bretonne. Ses fréquentations dans les salons parisiens, le poussèrent à s’investir dans la promotion de la Bretagne. Au contact de Jean-François-Marie Le Gonidec, véritable rénovateur de la langue bretonne, il étudia les chants et apprit à maîtriser son breton écrit. En 1839, il publia le Barzaz Breiz, chants populaires de la Bretagne qui lui donna à 24 ans un extraordinaire succès mondain et littéraire. Il publia le Dictionnaire Français-Breton qu’il avait travaillé en collaboration avec le Gonidec, mort entre temps, en 1857. Cumulant les honneurs, il devint en 1858 membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Le cimetière possède plusieurs tombes de cette famille.

- L’ingénieur Arthur KREBS (1850-1935) : officier de l’armée, mais également pionnier de l’aéronautique avec les frères Tissandier. Il participa à l’invention du bateau électrique sous-marin Gymnote en 1888, considéré comme le premier sous-marin moderne et l’équipa d’un moteur, d’un périscope et d’un gyroscope électrique. Il fut en outre directeur général de Panhard de 1897 à 1916. On lui doit de nombreuses inventions techniques. Il repose dans le caveau de famille de son épouse, qui rappelle également le souvenir d’un cousin de celle-ci, l’écrivain de la mer et nationaliste breton Jean Merrien (René de la Poix de Fréminville : 1905-1972).

- Jean-François LE GUILLOU de STANGALEN (1757-1832) : Conseiller du Roi, avocat, Sénéchal du Morbihan et dernier sénéchal, il fut maire et député de Carhaix, dans ce même département.

- Le joueur de bombarde MATILIN AN DALL (Mathurin Furic : 1789-1859), devenu une véritable légende locale. Il se produisit tant dans les fêtes agricoles que devant des personnalités politiques, à Paris comme en Bretagne (il joua ainsi devant Louis-Philippe, puis devant Napoléon III lors de sa visite à Quimper en 1858). De nombreuses chansons lui ont été consacrées.

- Henry de MAUDUIT (1897-1974) : administrateur colonial, il fut gouverneur de Côte d’Ivoire de 1945 à 1946, puis, de 1949 à 1951, gouverneur du Tchad.

- Le peintre paysagiste Louis NOËL (1824-1904), qui travailla pour les céramistes de Quimper. Il repose sous un menhir.

- Alexis SAVARY (1851-1899) : Ingénieur de l’École des arts et métiers, maire de Quimperlé de 1886 à sa mort, il fut sénateur du Finistère, inscrit au groupe de la Gauche républicaine, de 1894 à 1899.


Commentaires

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QUIMPERLÉ (29) : cimetière Saint-David
samedi 21 janvier 2017 à 04h13 - par  Jacques IBRY

Bonsoir,
LE GUILLOU de STANGALEN ne fût pas Député

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