LOCTUDY (29) : cimetières

Visité en décembre 2016
mardi 17 janvier 2017
par  Philippe Landru

Comme dans la plupart des communes bretonnes, malheureusement, le cimetière a été déplacé. Cette commune a eu néanmoins l’intelligence de garder autour de l’église une bonne partie de ces tombeaux anciens, parfois ouvragés, ce qui nous a conduit à visiter les deux cimetières


ancien cimetière (autour de l’église)


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L’enclos paroissial de face
A gauche, le monument aux morts. On voit encore le mur d’enceinte et le porche d’entrée. A droite se trouvait l’ossuaire. On voit l’ange en bronze des tombes Astor-Arnoult

L’enclos paroissial qui constituait l’ancien cimetière est d’une certaine manière conservé.

-  Le monument aux morts fut réalisé par le sculpteur parisien Emile Bickel (1865-1937) qui s’était installé en Bretagne. Son fils était mort à la guerre, et son identité est portée sur le monument. Le sculpteur est inhumé derrière son oeuvre, dans une tombe sobre qui était surmonté d’une tête de Christ de sa composition, hélas disparue en 1996.
- Autre caractéristique de ce monument aux morts : la mention, pour les morts de la Seconde Guerre mondiale, de Corentin Cariou. Fusillé dans l’Oise, finalement transféré au Père Lachaise, il était natif de Loctudy, ce qui explique cette indication.

- Dans cet enclos, au chevet de l’église romane est dressée une stèle gauloise tronconique à la datation précise difficile (Ier millénaire av. J.-C.), christianisée par les premiers chrétiens aux alentours du ve siècle.

Dans le cimetière furent conservées les tombes des prêtres, des notabilités de cette paroisse, et de quelques tombes présentant un quelconque intérêt artistique, soit finalement pas mal de chose pour un si petit enclos :

- Le monument le plus visible est un élégant et imposant ange à la trompette en bronze qui orne la tombe des notaires Arnoult. Parmi eux repose Georges ARNOULT (1832-1887), qui fut député du Finistère de 1876 à 1885. Il siégea au centre gauche, comme républicain conservateur. Sa sœur avait épousé Joseph ASTOR (1824-1901), qui fut maire de Quimper de 1870 à 1895, et sénateur du Finistère de 1890 à 1901. Il fut également un grand collectionneur d’art, et son fils légua ses collections et son manoir à l’Institut de France. Il repose dans la chapelle anonyme derrière l’ange en bronze.

- Derrière le chevet de l’église repose, parmi d’autres membres de sa famille, l’enseigne de vaisseau Maurice BRIANT de LAUBRIÈRE (1854-1928), qui fut le cofondateur du Yacht club de France.

- Ce qui semble être la plus vieille tombe du cimetière abrite la dépouille de plusieurs propriétaires du manoir de Kerazan (qui appartint ensuite aux Arnoult et aux Astor). On peut encore lire les identités de l’architecte Louis DERRIEN (1766-1813), et de son gendre Édouard LE NORMANT des VARANNES (1787-1842). La présence de Alain BOHAN (?), qui fut maire de Quimper entre 1830 et 1832, y est également signalée.

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Cette tombe très ornementée (avec un petit gisant) est celle de l’abbé Yves Cléach né à Glévian, hameau de Loctudy, en 1842 et aumônier de l’hôpital de Quimperlé. Ses paroissiens, lors de son décès le 30 septembre 1885, souscrivent pour une tombe destinée à perpétuer sa mémoire, ce qui explique le choix du matériau, rarissime en Bretagne.

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Tombe à l’enfant
Cette tombe rappelle un drame survenu le 24 janvier 1875. Le sculpteur Eugène Brunet, ancien élève d’Aimé Millet installé ici vers 1870, reproduit l’effigie de sa petite fille de 1 an, Jeanne, victime de la foudre.


nouveau cimetière


Le nouveau cimetière de Loctudy n’a évidemment pas le cachet de l’ancien.

Deux « stars » y résident pourtant : Berthe Jaouen et Jeanne Gueguen !

En dehors de ces dernières, quelques éléments d’intérêts :

- la tombe du peintre Robert BLUTEAU (1914-1985) et de son épouse Jeanne (1916-2001), écrivaine et poète, membre fondateur de l’association des écrivains bretons.

- La tombe la plus massive du cimetière est celle de la famille de Penfentenyo de Kervéréguen, qui donna plusieurs officiers de marine.

- Au fond du cimetière, la stèle des marins disparus rappelle une dure réalité de la région. Parmi elles, signalons les cinq marins morts en 2004 dans le naufrage du Bugaled Breizh, chalutier de loctudy. L’enquête n’est toujours pas terminée.


Source : topic-topos


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vendredi 14 février 2014

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