MAGNY-LES-HAMEAUX (78) : cimetière

visité en juin 2011
jeudi 26 octobre 2017
par  Philippe Landru

La commune de Magny-les-Hameaux est marquée par l’histoire de l’abbaye de Port-Royal des Champs (à l’extrême ouest du territoire communal) qui accueillit des religieuses cisterciennes et fut un haut-lieu du jansénisme jusqu’en 1709, date de l’expulsion des religieuses par Louis XIV. S’il ne reste plus grand chose du site originel, l’église Saint-Germain (autour de laquelle se trouve le cimetière) abrite encore son souvenir : en 1711, les cercueils en plombs et 11 cœurs provenant de Port-Royal des Champs avaient été réinhumés dans l’église selon une disposition inspirée de celle qu’elles avaient primitivement dans l’abbaye. En 1863, par souci de conservation, le curé et les habitants de la commune firent placer les pierres tombales de Port-Royal au mur de l’église et firent réaliser un sol en bitume.

Le cimetière garde également la trace de cette communauté religieuse sous la forme de stèles rappelant la présence de certains d’entre-eux.

Le poète symboliste Albert Samain mourut en 1900 de la tuberculose dans ce village dans lequel l’avait accueilli son ami Raymond Bonheur (voir plus loin). Bien qu’inhumé au cimetière de l’Est de Lille (59), un monument du cimetière célèbre sa mémoire.

  • Reposent dans ce cimetière :

- L’architecte André AUBERT (1905-1987), qui participa la conception du Musée d’art moderne de la ville de Paris. A la Libération, il fut architecte en chef de la reconstruction des villes de Vendôme et de Blois. Il réalisa une part importante de son activité professionnelle pour le ministère de l’Education nationale et le ministère des Postes et télécommunications.

- Trois vieilles stèles de guingois sont celles de la famille BONHEUR. Il s’agit de la tombe du frère de la peintre Rosa Bonheur et de sa descendance. Y reposent donc Auguste (1824-1884), son frère, également peintre paysagiste et animalier, ancien élève de Delaroche aux Beaux-Arts, et Raymond (1861-1939), fils du précédent, compositeur qui mit en musique les élégies d’André Gide, son grand ami. Il fut l’intime des grands artistes de son époque ; confident privilégié de Claude Debussy, Albert Samain, Ernest Chausson ou encore Eugène Carrière. Il fut également l’ami et le commentateur musical de Francis Jammes. C’est lui qui accueillit Albert Samain, phtisique et agonisant, à Magny-les-Hameaux. Il fut en outre conseiller municipal du village.

- Qui ne se souvient pas, dans les brumes des souvenirs de ses cours d’économie, des cycles de Juglar et de Kondratieff ? Médecin et économiste, Clément JUGLAR (1819-1905) a appartenu à l’Institut international de statistique ainsi qu’à l’Académie des sciences morales et politiques. Dans son ouvrage Des crises commerciales et de leur retour périodique en France, en Angleterre et aux États-Unis (1862), il mit en relief la relative régularité du retour des crises économiques et formula ainsi une des premières analyses consistantes du « cycle économique ». Son catholicisme était fortement teinté de jansénisme, ce qui explique sa présence ici, auprès de ses ancêtres également jansénistes.

- Louise WEISS (1893-1983) fréquenta les exilés tchèques et slovaques à Paris, Tomáš Masaryk, Edvard Beneš et Milan Stefanik et s’intéressa alors aux relations internationales, puis s’engagea comme infirmière pendant la guerre dans un hôpital pour soldats. Femme de convictions et marquée par l’horreur du premier conflit mondial, elle chercha à rapprocher la France et l’Allemagne. Elle fonda et dirigea notamment la revue L’Europe nouvelle entre 1920 et 1934. Elle s’engagea dans le combat féministe et devint militante pour le vote des Françaises, menant des actions spectaculaires destinés à attirer l’attention de la presse. Elle fonda l’association « La Femme nouvelle » qui compta plusieurs dizaines de milliers d’adhérentes. Elle couvrit le procès de Nuremberg comme journaliste, puis parcourut le monde, réalisant de nombreux films documentaires. Elue député européenne en 1979, elle en fut la doyenne. Elle repose auprès de ses parents (son père, ingénieur des Mines, fut maire du village) et de sa famille dans un tombeau sur lequel est écrit Brouessy, hameau du village dans lequel se trouvait leur résidence secondaire (leur château est représenté sur la stèle de la tombe) : leur identité est à l’arrière du monument.


Photo Juglar : B. Prieur pour Wikipédia.


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