LE DONJON (03) : cimetière

samedi 9 janvier 2016
par  Philippe Landru

Cimetière non visité de manière exhaustive

C’est sous une tombe recouverte par le lierre du cimetière du Donjon que reposent, comme l’indique la plaque, « deux beaux-frères » « proscrits tous les deux en 1851 et compagnons d’exil de Victor Hugo ».

PNG - 61.6 ko Prosper Barthélémy TERRIER (1805-1876) était médecin. Maire du Donjon en 1847, député de l’Allier en 1848 ; c’est lui qui, de Paris, avertit les républicains donjonnais du coup d’État du 2 décembre 1851. Proscrit et obligé de partir en exil, il passa sept ans à Jersey et Guernesey en présence de Victor Hugo dont il devint le médecin personnel et l’ami. En 1858, alors que Victor Hugo était condamné par tous les médecins, Terrier se dévoua pour le sauver d’un anthrax, maladie grave à l’époque. En témoignage de sa reconnaissance, le poète lui offrit deux cadeaux : le fauteuil témoin de sa maladie et de son calvaire et un livre contenant l’ensemble de ses œuvres, ainsi dédicacé : « Je vous donne ce livre comme à l’un des hommes que j’aime et que j’estime le plus au monde. Dans deux maladies graves, vous avez guéri ma fille, et vous m’avez guéri. Je dirais sauvé, si Dieu n’avait pas été là pour vous aider. Dans ces deux occasions inoubliables, vous avez été pour moi, pour nous, un admirable ami. C’est à l’ami que j’offre ce livre. Je l’offre aussi à l’intègre représentant du peuple qui a défendu la République et au vaillant proscrit qui honore l’exil. »

Au-dessus de la tombe, sur une plaque émaillée figure un poème de sa composition intitulé « Réconciliation » qui explique le choix de sa tombe, la plus naturelle possible.

Avec lui repose donc son beau-frère, Bernard Honoré PRÉVERAUD (1823-1920), qui fut également frappé d’expulsion du territoire français en 1851. Barthélémy Terrier possèdant un passeport spécial pour lui et sa femme, c’est déguisé qu’Honoré Préveraud franchit la frontière belge en compagnie du docteur, se faisant passer pour Madame Terrier (anecdote relatée par Victor Hugo dans Histoire d’un crime).

Condamné à mort par contumace en 1852, il fut contraint à l’exil à Jersey où il se lia également d’amitié avec Victor Hugo. Il fut de tous les combats de l’écrivain. Il fut élu en 1882 député d’extrême gauche de l’Allier. JPEG - 86.4 ko JPEG - 54.4 ko


Merci à Jean-Jacques Fejard pour les photos.


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