SAINT-MARCEAUX René de (1845-1915)

Cimetière de Cuy-Saint-Fiacre (76)
lundi 9 mars 2015
par  Philippe Landru

Fils d’un négociant de champagne et petit-fils du maire de la ville, son chemin de vie était tout tracé, et il suffisait qu’il prenne la succession de l’entreprise familiale. Pourtant, attiré par la sculpture, il partit à Paris étudier à l’Ecole des Beaux-Arts où il fut l’élève du sculpteur François Jouffroy.

Il fit ses débuts au Salon de Paris en 1868. Malgré une polyarthrite rhumatoïde qui le fit souffrir toute sa vie, il ne se détourna jamais de sa passion pour la sculpture. Il fut une figure représentative de ces nombreux artistes de la Troisième République, exposant aux Salons et multipliant les concours et les honneurs (il était membre de l’Académie des beaux-arts). Le succès de Rodin, bien plus novateur, éclipsa la renommée de Saint-Marceaux (Saint-Marceaux fut injustement classé parmi les oisifs fortunés « s’occupant de sculpture
 » par désœuvrement). C’est dommage dans la mesure où son oeuvre est intéressante. En outre, en ce qui concerne notre sujet, il laissa un certain nombre d’oeuvres dans les cimetières, parmi les plus connues.

Il fut un grand ami de son praticien, François Pompon, et aida financièrement, en lui trouvant des commandes, celui qui, à la fin de sa vie, vivait dans la gène.

Il avait épousé en 1892, Marguerite Jourdain (1850-1930), veuve du peintre Eugène Baugnies, de la fortune duquel elle hérita. Le salon de musique de madame de Saint-Marceaux, au 100, boulevard Malesherbes, rivalisa avec celui de la princesse de Polignac. Marguerite servit de modèle, parmi d’autres, au personnage de Madame Verdurin du roman À la recherche du temps perdu de Marcel Proust. René de Saint-Marceaux adopta les trois fils que Marguerite eut de son premier mariage. Ils ajoutèrent à leur nom de naissance celui de leur père adoptif : Baugnies de Paul de Saint-Marceaux.

Leur tombeau est très subtilement orné : une composition sur le fronton du dais, mais également deux gravures en pieds des défunts à la manière des gisants sur la pierre tombale.

Les tombeaux de la famille

- Au cimetière du Nord de Reims se trouve le tombeau du grand-père, Augustin de Saint-Marceaux (1790-1870). Fondateur en 1831 d’une maison de vins de Champagne, il fut maire de Reims de 1835 à 1837, en 1839, puis de 1841 à 1845. Il repose sous un tombeau portant pour épitaphe : Rheims que j’ai aimé de toutes les forces de mon intelligence, reçois mes cendres et mon nom parmi tes morts.

- Dans ce même cimetière de Reims, mais dans un autre tombeau, reposent les parents du sculpteur. Leur tombeau d’origine fut en partie détruit par la Première Guerre mondiale. Après la guerre, la veuve de Saint-Marceaux demanda à Pompon qu’il place l’une des oeuvres de son époux, Sur le chemin de la vie, sur le tombeau de ses parents.

Réalisations funéraires de Saint-Marceaux

Au cimetière du nord de Reims se trouvent deux autres oeuvres :

- L’Élévation des âmes du purgatoire (pour la famille David, Cimetière du Nord, Reims),
- le gisant de l’Abbé Miroy (bronze, Cimetière du Nord, Reims),

Les autres oeuvres funéraires de Saint-Marceaux (retrouvées pour l’instant : il y en a peut-être d’autres) se trouvent à Paris :
- le fameux gisant de Félix Faure (cimetière du Père Lachaise, Paris)
- La statue du Devoir et le médaillon qui ornent le tombeau de Pierre Tirard (Père Lachaise, 51e).
- Le buste Degeorge (Père Lachaise, 92ème division).
- Le tombeau d’Alexandre Dumas fils, au cimetière Montmartre.


Merci à M. Beleyme pour le tombeau d’Augustin.


Commentaires

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SAINT-MARCEAUX René de (1845-1915)
mercredi 7 septembre 2016 à 12h25 - par  Lucette Turbet

Bravo pour votre article !

Je suis en cours de constitution d’une association « René de Saint-Marceaux » pour remettre la statue de l’Abbé Miroy que vous montrez en place au cimetière du Nord de Reims. Il a été enlevé il y a maintenant 10 ans pour raison de sécurité - des vols importants avaient été commis dans le cimetière - et la résine promise par la municipalité précédente est passée aux oubliettes.

Notre association a donc pour but d’ouvrir une souscription pour récolter la somme nécessaire (environ 6000 Euros) pour pouvoir commander nous-mêmes la résine à un artisan compétent.

Si vous voulez illustrer la montée des âmes au purgatoire de la tombe des David au cimetière du Nord qui est notre petit Père Lachaise, je peux vous envoyer une photo mais là, je ne sais comment faire. Pouvez-vous m’envoyer une adresse mail ou m’indiquer la marche à suivre ? Il faut que ce ne soit pas trop compliqué, je ne suis pas un as de l’informatique...

Merci encore de ce site intéressant et bien documenté si j’en juge par celui sur Saint-Marceaux. Salutations cordiales.
Lucette Turbet

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mercredi 7 septembre 2016 à 19h27 - par  Philippe Landru

Merci pour votre offre : vous pouvez m’envoyer la photo sur mon mail (philandru@aol.com).