LE MANS (72) : cathédrale Saint-Julien

Visité en décembre 2012
lundi 26 janvier 2015
par  Philippe Landru

La cathédrale Saint-Julien du Mans, l’un des plus grands édifices de l’époque gothique-romane de France et un cas unique dans l’Ouest, possède une riche collection de tombeaux, de dalles et de plaques funéraires. L’édifice aurait été édifié sur le tombeau de Saint-Julien, évangélisateur de la région. Parmi ces oeuvres funéraires, quelques unes appartiennent à des personnalités pas totalement oubliées :

-  Geoffroy V le Bel (1113-1151), comte d’Anjou et du Maine, devenu duc de Normandie, fut surnommé Plantagenêt à cause du brin de genêt qu’il avait l’habitude de porter à son chapeau. Fils de Foulque V, comte d’Anjou et roi de Jérusalem, Geoffroy épousa Mathilde l’Emperesse, fille d’Henri Ier d’Angleterre dit Beauclerc et veuve d’Henri V du Saint-Empire, empereur romain germanique. Cette union représenta un gage de paix entre l’Anjou et la Normandie. Leur fils, Henri II, fut le fondateur de la dynastie Plantagenêt des rois anglais. Geoffroy s’empara de la Normandie, devenant ainsi le plus puissant vassal du roi de France. Il mourut d’un refroidissement suite à une baignade dans le Loir. Son corps fut inhumé dans la cathédrale du Mans. Plus rien ne subsiste de son tombeau, hormis la plaque tombale en cuivre et émail champlevée, commandée par Guillaume de Passavant, évêque de la ville, et ciselée peu avant 1160, qui est actuellement conservée au musée Le Carré Plantagenêt du Mans. C’est la plus grande pièce (63 x 34 cm) qu’ait laissé le Moyen Âge occidental.

- le comte de Maine Charles IV d’Anjou (1414-1472), fils de Louis II d’Anjou et de Yolande d’Aragon, fut notamment le favori de Charles VII de 1433 à 1445. À partir de 1437, il participa aux campagnes de son roi contre les Anglais, dont il fut parfois le maître d’œuvre. Il louvoya ensuite, ce qui lui valut la disgrâce de Louis XI. Son gisant est attribué à Francesco Laurana. Il repose sur un sarcophage antique. Front ceint d’une couronne, vêtu d’une armure recouverte d’une cotte d’arme fleurdelisée avec la bordure brisée du petit lion grimpant des armoiries du Maine, les pieds du comte s’appuient sur son heaume, lui-même ceint d’une couronne.

- Guillaume du BELLAY (1491-1543), historien, soldat et diplomate, fut le cousin du célèbre Joachim de Bellay. Gouverneur de Turin en 1537, il fut ensuite vice-roi du Piémont ; il y reprit diverses places sur les impériaux. Prince de la Renaissance, à la fois versé dans les lettres (on a de lui plusieurs ouvrages) et le mécénat, son gisant, attribué à Germain Pilon, est accoudé à la manière antique sur un sarcophage orné de divinités nautiques. Il tient son épée et un livre à la main, rappelant les différentes fonctions du défunt.

- Une plaque funéraire dresse la liste des membres de la famille de Beaumanoir reposant dans cette cathédrale. Parmi eux, le maréchal de France Jean de BEAUMANOIR (1551-1614), qui se rallia à Henri IV et fut nommé gouverneur du Maine et du Perche. Il se trouvait dans le carrosse d’Henri IV lorsque celui-ci fut assassiné. Il fut ensuite nommé ambassadeur en Angleterre.

- Le cardinal Georges GRENTE (1872-1959), évêque-archevêque du Mans, mais aussi historien et essayiste. Il rédigea un imposant Dictionnaire des lettres françaises en plusieurs volumes Il fut élu à l’Académie française en 1936. Il repose sous un gisant de André Bizette-Lindet.


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