Ces figures de l’histoire qui reposent dans le Tonnerrois

Article de www.lyonne.fr - 28 octobre 2014
mardi 28 octobre 2014
par  Philippe Landru

La sépulture du plus célèbre des Tonnerrois, le chevalier d’Éon, se trouve en Angleterre. Mais, plusieurs personnalités - parfois tombées dans l’oubli - reposent dans les cimetières locaux.

Ils se sont illustrés à la guerre, se sont fait un nom dans le domaine des arts, des sports ou de la voyance. Leur souvenir est encore bien présent ou s’efface peu à peu dans les mémoires. Tour d’horizon, non exhaustif, de ces célébrités qui reposent dans les cimetières de Tonnerre et ses environs.

À Tonnerre

Sur les hauteurs de la ville, le cimetière Saint-Pierre est la dernière demeure du peintre voyageur André Maire (1898-1984). L’élève d’Émile Bernard, autre artiste lié à Tonnerre, a contribué à faire connaître par ses somptueux dessins le site d’Angkor. Ses oeuvres sont entrées dans les collections du musée du Quai Branly et du Musée Guimet.

On croise un autre nom familier dans la même allée, celui d’Élie Wermelinger (1906-1993) qui fut commissaire général du Tour de France de 1958 à 1972. Ce journaliste de L’Équipe a aussi fait revivre sous sa plume le Tonnerre de son enfance.

Qui se souvient du lieutenant Jean Chaput (1893-1918) ? Ce pilote émérite de la Première Guerre mondiale a remporté 16 victoires homologuées. Une carte postale à l’effigie de cet as de l’aviation a même été éditée pendant la guerre. Le jeune commandant d’escadrille, tué au combat dans la Somme, a été inhumé dans le caveau familial, près du carré militaire du cimetière Saint-Pierre.

À Carisey

Sur sa pierre tombale usée par les années, on peut encore déchiffrer l’inscription « Le dernier de Waterloo ». Victor Baillot (1793-1898), natif de Percey, participa aux campagnes napoléoniennes d’Allemagne et de Belgique entre 1813 et 1815. Il doit sa célébrité au fait d’être le dernier gnognard français de la Grande Armée. Laissé pour mort sur le champ de bataille de Waterloo, prisonnier pendant un an en Angleterre, le fantassin finit paisiblement sa vie à Carisey à l’âge de 104 ans.

À Poilly-sur-Serein

Le mage Edmond, alias Ernest Billaudot, est décédé il y a 133 ans mais ce célèbre voyant a encore des admirateurs. « Des gens viennent d’un peu partout pour chercher sa tombe, y déposer des fleurs », note Joël Rintjema, le maire de Poilly. Deux petits bouquets et des plaques de remerciement ornent la tombe en forme de rocher de ce médium qui s’attira une prestigieuse clientèle. « C’était quelqu’un de relativement connu à la fin du XIXe siècle. Des personnalités comme Victor Hugo le consultaient », indique l’élu. Cet enfant de Poilly a livré ses prédictions et ses conseils aux plus grands de son temps : Napoléon III, l’impératrice Eugénie, Alexandre Dumas, Eugène Sue ou Auguste Renoir…

À Nitry

Le nom de Lucien Blanvillain (1889-1915) figure sur le monument aux morts de Nitry sans plus de précision. Ce jeune coordonnier n’était pourtant pas un poilu tout à fait comme les autres. Atteint de surdité, il s’est engagé volontairement dans l’armée, refusant de se faire exempter en raison de ce handicap. Affecté au front en 1915, il sera tué à l’ennemi sur le plateau de Vimy, dans le Pas-de-Calais. Un destin singulier qui vient d’inspirer une bande dessinée à l’auteure Sandrine Allier-Guépin, elle aussi sourde de naissance.

Patricia Piquet


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