ROUGET de LISLE Claude (1760-1836)

Cimetière de Choisy-le-Roi (94), puis crypte des gouverneurs de la cathédrale Saint-Louis des Invalides de Paris
mercredi 24 septembre 2014
par  Philippe Landru

Faut-il encore présenter l’auteur de notre hymne national ? Rappelons le contexte : soldat en garnison à Strasbourg, au début de la Révolution, il fit la connaissance de Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de la ville, dans une loge maçonnique. À la demande de celui-ci, il composa plusieurs chants patriotiques, dont Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, le 25 avril 1792, chanté par Philippe-Frédéric de Dietrich lui-même (et non pas par Rouget de Lisle) pour la première fois en public dans son salon.

Face à l’invasion des armées coalisées, l’Assemblée déclare la « patrie en danger », et les fédérés des provinces gagnent Paris pour participer à la défense de la Patrie. Des fédérés marseillais entonnent et répandent sur leur chemin le chant de Rouget de Lisle, qui était déjà parvenu chez eux. C’est ainsi que Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin devient la Marche des Marseillois, puis La Marseillaise.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il fut quelques années plus tard, sous la Restauration, l’auteur d’un hymne royaliste (Vive le roi). Proche des monarchiens, favorable à une monarchie parlementaire modérée ; hostile à l’Empire, il fit plusieurs séjours en prison et échappa de peu à la guillotine. Lorsqu’il mourut, sous la Monarchie de Juillet, il fut inhumé dans l’ancien cimetière de Choisy-le-Roi. Dix ans plus tard, le général Blein fait transporter le corps de son ami dans sa propriété à Thiais. En 1861, une concession achetée à perpétuité permet d’inhumer le corps de Rouget de Lisle et de rattacher son souvenir à la ville dans laquelle il a achevé son existence. En 1901, la pierre tombale, composée d’un obélisque orné d’une lyre, est déplacée à l’extrémité de l’allée nord du cimetière : on installe un cénotaphe de marbre à l’emplacement originel de la tombe.

Si ce dernier avait servi dans l’armée - comme la très grande majorité des hommes de l’époque - rien n’autorisait a priori la présence de ses cendres aux Invalides. Mais en pleine guerre mondiale, la République française décida de faire de Rouget de Lisle un symbole national. Le 14 juillet 1915, la France ordonna le transfert des cendres du compositeur au Panthéon. Pour être effective, la décision devait être entérinée par un vote des deux chambres. Problème : à cause de la guerre, le Sénat et l’Assemblée nationale ne pouvaient se réunir. Ses cendres furent donc provisoirement transférées aux Invalides en 1915. Une situation “provisoire”, qui dure depuis bientôt 100 ans.

On distinguera donc :

- Son premier tombeau, déplacé.

- Son second tombeau réalisé en 1902 sur les plans de l’architecte communal Léon Bonnenfant.

- La plaque « provisoire » actuelle dans le caveau des Gouverneurs des Invalides.

Avec ses déplacements, personne ne pourrait authentifier en réalité les restes qui s’y trouvent !


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