GENÊTS (50) : cimetière

visité en janvier 2013
mardi 15 janvier 2013
par  Philippe Landru

Petit tour d’horizon du cimetière de Genêts, autour de son église, à quelques encablures du Mont-Saint-Michel.

Quelques vieilles pierres tombales semblant dater d’un autre âge sont toujours là.

Reposent ici :

- Le peintre Adolphe Alexandre LESREL (1839-1929), ancien élève de Jean-Léon Gérôme, auteur de scènes de genre, d’inspiration historique. On peut rapprocher le travail de Lesrel de la peinture de genre hollandaise du XVIIe siècle, comme Meissonier.

- Emile Aubert PIGEON (1829-1902) : ecclésiastique et historien de la Manche, il publia en 1865 une Histoire monumentale du Mont-Saint-Michel, suivie en 1875 par une Histoire de la cathédrale de Coutances dont il devient chanoine. Son sarcophage est ornée d’un beau bas-relief sur lequel il est représenté agenouillé face à la Vierge, le Mont-Saint-Michel se détachant à l’horizon.

La célébrité principale demeure néanmoins l’intendant militaire Louis ADRIAN (1859-1933). Originaire de Metz, il fut durant la Première Guerre mondiale chargé des questions d’habillement. Il prit l’initiative de fournir aux soldats des chapes en peau de mouton pour l’hiver, des bottes de tranchées. En août 1915, les tentes venant à manquer, il proposa des baraquements démontables, qu’on utilisa jusqu’en Afrique, à Salonique et à Corfou. Mais c’est l’hiver 1914 qu’il s’attaqua au problème le plus grave. 77 % des blessés parmi les poilus l’étaient à la tête, et plus de 80 % de ces blessures étaint mortelles. En décembre, Adrian proposa la cervelière, qui se plaçait sous le képi, puis un casque, très léger (700 grammes de tôle d’acier). Pas cher, et de fabrication simple, 7 millions de casques « Adrian » furent fabriqués dans l’année. Les Belges, les Italiens, les Serbes, les Roumains, et les Russes l’adoptèrent. L’effet fut spectaculaire : en 1916 on ne comptait plus que 22 % de blessures à la tête, et la moitié n’étaient pas mortelles. Adrian sauva ainsi des centaines de milliers d’hommes. Il mit au point des cuirasses, des lunettes pare-éclats, des tourelles blindées pour aviateurs, étudia l’énergie solaire. Clemenceau l’appela, il épata son monde en localisant par triangulation, à partir des impacts des obus tombés sur Paris, dans la forêt de Compiègne, les « canons de Paris (Pariser Kanonen ou Wilhelmgeschutze en allemand, un canon de gros calibre de 210 mm) qui bombardaient Paris à partir du 23 mars 1918.

Sa tombe est coiffée d’un casque Adrian de granit.


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vendredi 14 février 2014

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