Sous un parking, les restes de Richard III

Le Figaro - Dépêche du 24.08.2012
mardi 5 février 2013
par  Philippe Landru

Le roman fleuve des restes de Richard III !!!

Des archéologues ont entamé aujourd’hui des fouilles sous un parking en Angleterre à la recherche des restes du roi Richard III, dernier roi Plantegenêt.

Des historiens pensent que le roi, à la tête de l’Angleterre de 1483 à 1485, a été enterré dans une chapelle à Leicester (centre) après sa mort à la guerre des Deux-Roses. Mais la chapelle a été démolie au XVIe siècle et sa localisation exacte reste depuis un mystère.

Des chercheurs de l’université de Leicester pensent cependant l’avoir peut-être trouvée sous un parking du conseil municipal de Leicester. Les archéologues ont sondé le sol, et demain deux tranchées doivent être creusées.

« La grande question est de déterminer l’emplacement de l’église où le corps a été enterré », a expliqué Richard Buckley, co-directeur du département archéologie de l’université de Leicester. « Même s’il est peu probable que l’on trouve les restes du roi, a-t-il reconnu, c’est un défi que l’on doit entreprendre avec enthousiasme. »


Le squelette de Richard III a bien été authentifié à Leicester


Dépêche du 04 février 2013


Cinq siècles plus tard, les Anglais ont retrouvé leur roi. Des scientifiques de l’université de Leicester ont annoncé ce lundi 4 février avoir résolu le mystère du « roi du parking » : le squelette déterré en septembre sous un parking de Leicester (au centre de l’Angleterre) est bien celui du roi Richard III.

Au vu des tests ADN, « la conclusion de l’université de Leicester est que, au-delà de tout doute raisonnable, le corps exhumé en septembre 2012 (....) est bien celui de Richard III, dernier roi Plantagenêt en Angleterre », a déclaré le responsable des recherches archéologiques Richard Buckley sous une salve d’applaudissements. La dépouille du souverain sera inhumée dans la cathédrale de la ville, a assuré l’université coupant court aux destinations évoquées dans le passé : la cathédrale de York et l’abbaye de Westminster à Londres.

On savait jusqu’à présent que le monarque avait péri en 1485, défait par les Tudor les armes à la main à la bataille de Bosworth Field, à proximité de Leicester (centre de l’Angleterre). Un décès qui avait mis un terme à la guerre dite « des deux roses » entre les deux dynasties. Mais sa dépouille n’avait jamais été retrouvée. D’après certains écrits, le roi reposait dans une chapelle franciscaine, rasée au XVIe siècle. La rumeur disait aussi que son corps avait été jeté dans une rivière.

Fin août, des experts du département d’archéologie de l’université de Leicester avaient entrepris de fouiller sous le macadam d’un parking du centre-ville. Début septembre, ils avaient découvert le cadavre bien conservé d’un homme, présentant des indices troublants : une colonne vertébrale déformée et des blessures s’apparentant aux coups mortels infligés sur un champ de bataille. Le « mystère du roi du parking » avait lors mis en ébullition la communauté scientifique et fait les délices des tabloïds britanniques.

Immortalisé par William Shakespeare sous les traits d’un tyran bossu ayant fait trucider deux neveux qui lui barraient l’accès au trône d’Angleterre, Richard III est resté dans la postérité comme un individu détestable. Les scientifiques espèrent désormais que cette découverte sera l’occasion de porter un nouveau regard sur ses deux ans de règne.


500 ans après sa mort, le vrai visage de Richard III reconstitué


Dépêche du 05 février 2013


Contrairement aux écrits de Shakespeare, Richard III n’avait pas les traits déformés comme le montre un modelage, conçu par des experts écossais à partir d’un scanner en 3D de son crâne. Le roi Richard III, dont la dépouille a été retrouvée récemment sous un parking du centre de l’Angleterre 500 ans après sa mort, a désormais aussi un visage. Grâce à la technique de reconstruction faciale, on peut constater que celui-ci est beaucoup plus avenant que ne l’avait imaginé Shakespeare.

Un modelage, conçu par des experts de l’université de Dundee en Ecosse à partir d’un scanner en 3D de son crâne, a été dévoilé ce mardi à Londres par la Société des amis de Richard III qui a financé le projet. « Pour tous ceux qui avaient en tête les multiples portraits qui le représentent avec un corps et des traits déformés, ce visage calme et pensif va être un choc », assure cette organisation qui s’efforce de réhabiliter l’image du souverain.

Selon elle, les portraits du roi réalisés après sa mort durcissent ses traits et rapetissent ses yeux, sans doute influencés par sa sinistre réputation. Car après le décès en 1485 du dernier des Plantagenêt, le trône d’Angleterre est passé à la dynastie des Tudor, qui l’a dépeint comme un tyran sanguinaire au corps difforme.

Une apparence plaisante et juvénile

Grand artisan de cette entreprise de démolisation, Shakespeare a ancré cette détestable réputation en immortalisant Richard III sous les traits d’un bossu ayant fait trucider deux neveux qui lui barraient l’accès au trône. Or, le souverain anglais , mort à la guerre à 32 ans, avait « une apparence bien plus plaisante et bien plus juvénile », « loin de l’image de traître agissant de sang-froid » présentée par Shakespeare, affirme la Société des amis de Richard III.

Grâce aux ossements découverts sous un parking de Leicester (centre de l’Angleterre), formellement identifiés lundi comme la dépouille disparue du roi, on savait déjà qu’il souffrait d’une scoliose, mais n’avait pas un bras atrophié et n’était pas bossu, comme le prétendait la légende.

Il ne reste aucun portrait réalisé de son vivant et « tous ceux qui ont subsisté se ressemblaient beaucoup, si bien qu’on a toujours pensé qu’ils s’inspiraient d’un portrait ou de plusieurs portraits peints de son vivant », a expliqué sur la BBC l’historien John Ashdown-Hill. Certains experts espèrent que la découverte de la dépouille de Richard III permettra de revisiter l’histoire de son court règne (2 ans) et de faire crédit à ce roi, vrai réformateur, d’importantes réalisations.

La découverte de ses restes a en tout cas suscité des vocations : des archéologues ont demandé l’autorisation d’exhumer d’une tombe anonyme à Winchester (sud) des ossements qui pourraient être ceux du roi Alfred le Grand (871-899), célèbre pour avoir organisé la défense du royaume contre les Vikings.


Richard III inhumé à l’université de Leicester


Dépêche du 28 mars 2013


Le squelette de Richard III découvert sous un parking dans la ville anglaise de Leicester va être inhumé dans la cathédrale de la ville. L’épilogue d’un mystère qui aura tenu en haleine des générations d’historiens.

Les restes du monarque ont été identifiés grâce à des analyses ADN menées sous l’égide de l’université de Leicester. La découverte du dernier souverain Plantagenêt d’Angleterre a mis un point final à cinq siècles de mystères et de légendes, dont l’une voulait que le corps du roi, tué à la bataille de Bosworth en 1485, ait été exhumé sous le règne de Henri VIII et jeté dans une rivière. Sa tombe aurait ainsi servi d’abreuvoir à chevaux. L’université de Leicester a obtenu l’autorisation d’inhumer le souverain dans la cathédrale de la ville, qui se trouve non loin du site de la bataille fatale au dernier souverain de la maison d’York. Mais des descendants du roi mal-aimé, regroupés au sein de l’association « Plantagenet Alliance », contestent ce choix et demandent que leur royal ancêtre repose dans la cathédrale d’York, ville du nord de l’Angleterre dont la famille de Richard portait le nom. « Nous avons écrit au ministère de la Justice et à l’Université de Leicester pour leur faire part de notre demande », a dit Matthew Howarth, avocat de la « Plantagenet Alliance » au sein de laquelle militent quinze descendants de Richard III. Ces derniers affirment qu’ils lanceront les procédures nécessaire dès que possible.


Où inhumera-t-on Richard III ? La justice tranchera


Dépêche du 13 mars 2014


La dernière bataille de Richard III, mort à la guerre en 1485, a commencé jeudi devant la haute cour de justice de Londres, à qui il reviendra de décider où inhumer le squelette du monarque retrouvé sous un stationnement de Leicester en 2012.

De lointains descendants et admirateurs du dernier roi Plantagenet ont saisi la justice en espérant que le défunt trouvera le repos éternel en la cathédrale de York. Et non pas dans celle de Leicester, comme le voudraient les archéologues qui l’ont excavé.

Les scientifiques de l’université de Leicester bénéficient du soutien du ministère de la Justice et de la municipalité, qui espère augmenter dans cette affaire l’attractivité touristique de la ville du centre de l’Angleterre. Face à cette coalition, l’Alliance des Plantagenet affirme que le souhait « du dernier roi médiéval d’Angleterre », était d’être inhumé en sa bonne ville de York (nord). Cependant, les membres du cercle d’admirateurs de Richard III sont prêts à accepter un compromis : la tenue « d’une consultation populaire » en vue de départager les deux camps. Une troisième option consisterait à enterrer le roi à l’abbaye de Westminster.

La reine Elizabeth II s’est bien gardée d’intervenir dans le débat épineux, a relevé jeudi l’avocat des Plantagenet, Gerard Clarke, en déplorant ce « silence ». Il s’explique par le fait que le 14e arrière-grand-oncle de la reine sent encore le soufre, plus de cinq siècles après son trépas. Richard III n’a régné que deux ans, mais il est affublé d’une image d’usurpateur et de tyran sanguinaire, immortalisée par le dramaturge William Shakespeare.

Les ossements royaux ont été découverts en août 2012 lors de la construction d’un stationnement municipal. Les analyses d’ADN ont confirmé que le squelette voûté et présentant des blessures de guerre était bien celui du roi tombé à la bataille de Bosworth, non loin de là, et enterré en catimini par des frères franciscains.

Les débats de la haute cour présidés par trois juges se poursuivront vendredi. Le jugement final pourrait cependant se faire attendre, au grand dam d’Anya Proops. Intervenant au nom de l’université de Leicester, elle a déploré qu’« une des plus importantes découvertes historiques des temps modernes » ait dégénéré en « querelle indigne ».


Les ossements de Richard III seront enterrés à Leicester


Dépêche du 23 mai 2014


Les ossements du roi anglais Richard III seront finalement inhumés à Leicester, dans le centre de l’Angleterre, là où ils ont été retrouvés sous un terrain de stationnement en 2012. Un tribunal britannique a rendu une décision en ce sens vendredi, mettant fin aux espoirs de lointains proches qui souhaitaient que le monarque du 15e siècle soit enterré à York, dans le nord du pays.

Les trois juges ont statué que rien ne justifiait de renverser la décision du gouvernement, qui avait autorisé l’inhumation des restes du roi à la cathédrale de Leicester. Ils ont ajouté que le monarque ne semblait avoir exprimé aucune volonté quant à l’endroit où il serait enterré. La décision du gouvernement était contestée par Stephen Nicolay, le 16e petit-neveu du roi, et un groupe de faisant appeler l’Alliance Plantagenet.

Les juges ont rappelé que le roi compte entre un million et 10 millions de descendants, dont M. Nicolay et les autres ne forment qu’une infime fraction. Le roi Richard III a été déposé et tué lors d’une bataille près de Leicester en 1485. Il avait été rapidement enterré, sans cercueil, dans une église depuis disparue. Un squelette retrouvé sous un terrain de stationnement a été identifié avec des analyses génétiques et d’autres examens scientifiques.

Richard III est présenté comme un vilain bossu dans la pièce de Shakespeare du même nom, mais plusieurs historiens le voient plutôt comme un roi éclairé dont la réputation a été ternie par ses ennemis. On ne sait pas si l’Alliance Plantagenet compte porter la plus récente décision en appel.


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Sous un parking, les restes de Richard III
dimanche 22 mars 2015 à 16h40 - par  Pincettes

Dimanche 22 mars 2015, début de la célébration des funérailles de Richard lll.
5 jours de manifestations diverses qui se termineront jeudi, par une cérémonie solenelle et son inhumation en la cathédrale de Leicester.

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vendredi 14 février 2014

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