ANNET-SUR-MARNE (77) : cimetière

Visité en mars 2007
samedi 19 novembre 2011
par  Philippe Landru

Le petit cimetière d’Annet, découvert par une froide aube d’hiver, recèle entre autres tombes celle de « 141 soldats allemands décédés dans les ambulances d’Annet entre 1870 et 1871 », rappelant s’il en était besoin la proximité du front d’une guerre d’un autre temps.

Le cimetière est surtout connu pour héberger la dernière demeure du plasticien d’origine hongroise Victor VASARELY (Vásárhelyi Győző : 1906-1997). Installé en France puis naturalisé en 1961, il débuta comme artiste graphiste dans des agences publicitaires (Havas...). C’est là qu’il effectua son premier travail majeur, Zebra (1940), considéré aujourd’hui comme le premier travail dans le genre Op art. Pendant les deux décennies suivantes, il développa son propre modèle d’art abstrait géométrique, travaillant dans divers matériaux, mais employant un nombre minimal de formes et de couleurs. Avec son épouse Claire, il créa la Fondation Vasarely, reconnue d’utilité publique en 1971.

Il travailla avec son fils YVARAL (Jean-Pierre Vasarely : 1934-2002), également plasticien, qui conjugua art, mathématique et optique. Dans les installations dans la rue que réalisa le groupe GRAV (Groupe de recherche d’art visuel) dont il fut l’un des cofondateurs, il impliquait le spectateur en l’incitant à manipuler des objets (Disques à manipuler) ou à pénétrer dans des structures. On dit qu’il fut le créateur de l’expression « art numérique » avant même que celui-ci ne soit informatisé. Il poursuivit en grande partie les champs d’explorations ouverts par son père. C’est ainsi au père et au fils que l’on dut, en 1972, la métamorphose du sigle Renault.

À la mort de Mme Vasarely, en 1990, son mari fit édifier une pierre tombale sur laquelle il fit graver le cercle et le carré, de l’unité plastique, qui symbolisaient son œuvre. À la mort de Victor Vasarely, le 15 mars 1997, son fils compléta le tombeau par une stèle où figurait l’épitaphe suivante « Ce n’est pas le nom de l’artiste qui doit briller, mais son oeuvre ». La tombe d’Yvaral, qui repose dans le même cimetière, a pour épitaphe « Les artistes viennent tous d’un même pays, celui des rêves et des illusions ».


Commentaires

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ANNET-SUR-MARNE (77) : cimetière
samedi 18 mai 2019 à 01h01 - par  cp

Point besoin d’aller au fin fond de la Seine-et-Marne profonde pour voir une tombe « Vasarely », le cimetière d’Antony compte aussi la sienne, mais il s’agit de celle d’Henriette Vasarely, sa belle-fille que rejoindra sans doute un jour son mari, fils aîné du peintre, plus effacé que son cadet, et qui devînt médecin à la sécurité sociale. L’embrouillamini de la succession du peintre tenant des atrides à Dallas, on se reportera à l’ultime interview testamentaire de Jean-Christophe Averty, sur France Culture deux ans avant sa mort, qui détesta faire un portrait télé du peintre, tant sa manière de travailler tenait de l’industrie où chaque matin il donnait un feuillet 21x27 à une armée de collaborateurs qui développaient en grand les fulgurances du maître !
Averty racontait aussi comment il avait dû élaguer longuement au sécateur la bande son du documentaire car Vasarely avait un tic de langage, il agrémentait son discours de « N’est-ce pas... » qui mis bout à bout représentaient 12 minutes ! Le fils d’Yvaral a récemment co-écrit un livre sur son grand-père, ses enfants, ses brus, Charles Debbasch, le président contesté de la fondation, un véritable western...

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