FERRY Jules (1832-1893) et Abel (1881-1918)

cimetière de Saint-Dié (88)
dimanche 6 novembre 2011
par  Philippe Landru

Avocat, il s’en prit régulièrement au Second Empire dans des articles pamphlétaires, qui lui valurent plusieurs condamnations. Élu en 1869 député de la Seine, après avoir réclamé durant sa campagne la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la décentralisation et une réforme de la justice, il entra après la défaite de Sedan, au gouvernement de défense nationale et devint maire de Paris. Avec Gambetta et Grévy, il devint une figure de l’opposition. Nommé en 1879 ministre de l’Instruction publique, il est ainsi à l’origine de la loi sur la laïcité du 28 mars 1882 et de l’avènement de l’instruction civique à l’école. Président du Conseil en 1880 ( il le fut à nouveau en 1883), il sema le trouble en relançant la conquête coloniale, afin de redorer le blason d’une France blessée depuis une décennie par la défaite contre la Prusse. Elu au sénat en 1891, il mourut en 1893 d’une crise cardiaque, laissant derrière lui une carrière politique bien remplie malgré son âge peu avancé.

Jules Ferry repose sous un obélisque ornée d’un buste en bronze par Eugène Guillaume.

Juste devant se trouve la tombe de son neveu, Abel FERRY (1881-1918). Issu d’une famille dans laquelle tous les hommes étaient parlementaires, cet avocat de formation devint député des Vosges à son tour en 1909. Il siège à la chambre dans le groupe de la Gauche radicale. Il devint en juin 1914 sous-secrétaire d’État aux Affaires Étrangères, mais démissionna en août pour rejoindre le 166e régiment d’infanterie de ligne à Verdun comme caporal (sa démission fut refusée, mais il resta dans son régiment et monta au front) : il resta au gouvernement jusqu’en octobre 1915 ! Avec son régiment il participe aux combats en Woëvre, sur la Crête des Éparges, en Argonne jusqu’en juin 1916, tout en contribuant aux travaux gouvernementaux puis parlementaires. Le 8 septembre 1918, alors qu’il vérifiait, en compagnie d’un député d’Angers et un lieutenant, le fonctionnement d’un nouveau fusil mitrailleur dans les premières lignes dans l’Aisne, il est fauché par un obus. Il en meurt quelques jours plus tard. Une rue du XVIe arrondissement de Paris porte son nom. Il repose sous une massive dalle en bronze sur laquelle est gravée une jeune victoire ailée éplorée étendue, tenant la palme destinée aux héros. Cette œuvre est signée Jean-René Carrière).

Les deux tombes se répondent : alors que sur l’obélisque de Jules on peut lire un extrait de son testament : « Je désire reposer en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus.”, sur le bronze de celle d’Abel est inscrit : »Ce n’est pas la plainte des vaincus qui monte vers toi, c’est le cri de la France victorieuse que toi et tes pareils vous avez faite de votre sang” (extrait d’un discours qu’il fut à la Chambre des députés le 17 septembre 1918).


Merci à Eric Meunier pour les photos.


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