CHÂTEAUNEUF-SUR-CHARENTE (16) : cimetière

visité en juillet 2020
mercredi 2 décembre 2020
par  Philippe Landru

Le cimetière de Châteauneuf-sur-Charente se trouve en face de la très belle église romane Saint-Pierre.

Le cimetière possède une particularité : un ossuaire, dont on connait mal l’histoire, qui fut découvert à la fin du XIXe siècle lors de travaux pour bâtir un nouveau caveau. On y retrouva des ossements rangés ainsi que des restes de poteries du Haut Moyen-Age. Il sert à nouveau à recueillir les restes des défunts exhumés.

Ici repose le très oublié Ernest MONIS (1846-1928). D’origine modeste, il devint avocat et s’engagea en politique : Républicain radical, il fut successivement député de la Gironde de 1885 à 1889 puis sénateur de la Gironde de 1891 à 1920. Plusieurs fois ministre (Justice de 1899 à 1902, Marine de 1913 à 1914), il fut un éphémère président du Conseil des ministres entre mars et juin 1911. C’est durant ce court mandat qu’il fut grièvement blessé lors du départ de la course d’aviation Paris-Madrid dans l’accident qui coûta la vie à Maurice Berteaux, le Ministre de la Guerre, sur le terrain d’aviation d’Issy-les-Moulineaux. Il repose dans le caveau de famille : son identité n’y est pas portée ! Ce n’est pas le cas de son fils, Pierre-Antoine MONIS (1882-1952), qui repose également dans la chapelle. Haut-fonctionnaire, il fut préfet de la Seine-et-Marne, du Vaucluse, d’Oran (Algérie), puis de l’Hérault (à ce dernier poste, il fut chargé en 1939, de l’accueil et l’internement administratif de nombreux réfugiés espagnols fuyant la guerre civile et le franquisme).

On y trouve également la tombe du Compagnon de la Libération Jean LA QUINTINIE (1909-1941). Médecin militaire, affecté comme médecin chef à l’hôpital indigène de Douala, il décida en juin 1940 de poursuivre la lutte et fit partie de ceux qui accueillirent à Douala le commandant Leclerc, envoyé du général de Gaulle. Il prit part à la campagne du Gabon jusqu’au 15 novembre 1940. De retour au Cameroun Jean Laquintinie continua de s’occuper de ses malades et, en décembre 1940, fut rappelé d’urgence pour participer aux opérations de Libye. Malade, atteint de paludisme, il n’en organisa pas moins, comme chef de l’antenne médicale, le service chirurgical de la Colonne Leclerc en préparation des opérations de Libye et participa à la première victoire française avec la prise de l’oasis de Koufra. Evacué sur Fort-Lamy au Tchad puis sur Yaoundé, il y succomba d’une septicémie.


Merci à Nicolas Badin pour la photo Laquintinie


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