SEILLANS (83) : cimetière
par
Je n’ai pas encore visité ce cimetière, mais un fidèle correspondant du site, Thierry Engels, l’a fait à ma place et m’a aimablement fait parvenir ses photos, permettant ainsi de réaliser cet article.
Seillans est un charmant village provençal classé comme l’un des plus beaux villages de France. Site médiéval, le village étonne par son labyrinthe de ruelles pavées, de porches rustiques, de cours ombragées et de fontaines anciennes. Ses maisons, échelonnées en gradin, mélangent harmonieusement les couleurs ocres et rousses. Max Ernst, qui y termina sa vie, n’y repose pas : pourtant, le cimetière abrite quelques sépultures dignes d’intérêt.
Curiosités
Le beau tombeau d’André Martin Pellicot (1789-1886), « ancien chirurgien des armées navales du 1er Empire ».
Les célébrités : les incontournables...
Aucune, a priori.
... mais aussi
Le peintre Stanislas APPENZELLER (1901-1980). D’origine polonaise, mais né à Menton dans un milieu aristocrate et mondain, ses tableaux sont le reflet d’un tumulte intérieur face à l’évolution d’un monde extérieur qu’il ne parvint pas à accepter. Il ne retrouvait la paix que dans les portraits de sa femme.
Guillaume Antoine BARON, baron de CLAVIERS (1774-1846) : industriel, il installa à Seillans une fabrique de coton. Nommé directeur des magasins militaires à Milan puis à Rome, il s’installa à Paris sous l’Empire et devint directeur adjoint du Mont de Piété, la principale banque de l’époque. A ce poste, il rendit service à de nombreux notables émigrés auxquels il permit de sauvegarder leur fortune. Ceux ci, le recommandèrent à Louis XVIII, qui l’éleva au grade de directeur, puis le fit Baron. Il fut député conservateur du Var de 1821 à 1830.
L’artiste Jean-Pierre BRELET (1937-1999).
Jean-Paul CRESPELLE (1910-1994) : Journaliste et critique d’art, il devint en 1947 rédacteur en chef de France-dimanche. De 1948 à 1968, il fut responsable des informations et critique d’art à France-Soir et au Journal du dimanche. Ses oeuvres principales traitent du Fauvisme, de l’Impressionnisme, de l’Ecole de Paris, des Maîtres de la Belle Epoque, de la vie des artistes à Montparnasse. Il fut en particulier l’auteur, dans la collection « La vie quotidienne », de deux ouvrages très riches en informations (La vie quotidienne a Montmartre au temps de Picasso, 1900-1910, La vie quotidienne à Montparnasse à la grande époque 1905-1930).
TRAMEL (Antoine Martel : 1880-1948) : artiste de variété, il eut deux carrières. La première, à ses débuts, fut consacrée à la chanson : monté à Paris, il parvint à percer à la Cigale puis rejoignit Dranem à l’Eldorado. Portant à l’époque canotier et moustaches, ses tours de chants avec Bach, Mayol ou Raimu furent appréciés, et il grava plusieurs disques. Cette notoriété lui valut de tourner de plus en plus au cinéma, où il fit l’essentiel de sa « seconde » carrière : second rôle dans une soixantaine de films, on loua son jeu discret. Il se fit particulièrement remarqué dans le personnage du Bouif, un redresseur de tort habitué des champs de courses, qui fut le héros de huit films.
L’écrivain Patrick WALDBERG (1913-1985) : natif de Californie, mais installé jeune à Paris, il y rencontra Georges Bataille, Raymond Queneau, Boris Souvarine. Il se lia aussi à cette époque avec Max Ernst, Yves Tanguy, André Masson, les Prévert et Robert Desnos. Il collabora à la revue Acéphale, puis fit paraître après la guerre ses premiers textes de critique d’art. Il s’installa à Paris et se consacra à la littérature et à l’art. Il fut à la fois le témoin et l’essayiste du mouvement surréaliste. Il collectionna également les tableaux de ses peintres préférés : De Chirico, Ernst, Masson, Magritte, Tanguy sur lesquels il écrivit d’importantes monographies. Son seul et unique roman, La Clé de Cendre a été illustré par Max Ernst, André Masson, Joan Miro et Philippe Labarthe. Il repose sous une pleureuse dans le tombeau de famille Guès.
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