EAUBONNE (95) : cimetière

Visité en octobre 2009
vendredi 8 janvier 2010
par  Philippe Landru

Le cimetière d’Eaubonne ouvrit ses portes en 1847. Aujourd’hui, on distingue sur le site la partie ancienne de la partie nouvelle, séparée par une rue. Peu arboré, aux allées rectilignes et globalement pauvre en statuaire, il n’en possède pas moins plusieurs tombeaux intéressants à divers égards.

Curiosités

- Saluons l’intiative de la municipalité d’Eaubonne qui a fait paraître une remarquable brochure qui présente les principales tombes intéressantes du cimetière, un véritable modèle qu’on aimerait voir dans tous les cimetières (on peut la consulter ici).

- Le cimetière d’Eaubonne à la particularité, dans sa partie ancienne, d’abriter plusieurs tombes de familles de célébrités (qui sont elles inhumées ailleurs). On citera :

  • Le tombeau de famille Le Verrier , grande famille d’ingénieurs. Dans cette très belle sépulture art-déco repose en particulier Louis- Paul Urbain Le Verrier (1848-1907), qui fut professeur au Conservatoire des Arts et Métiers. Il était le fils du célèbre astronome Urbain Le Verrier qui repose au cimetière Montparnasse ().
  • Le tombeau Merlin-Gohier abrite à la fois le général d’Empire, député en 1835 et Pair de France Antoine François Eugène MERLIN (1778-1854), qui était le fils du membre du Directoire Merlin de Douai, et son épouse Louise Gohier (1788-1853), fille de Louis-Jérôme Gohier, autre Directeur, qui repose au Père Lachaise.
  • Le tombeau de Jean-Baptiste Mouton-Duvernet (1826-1912), petit-fils du général baron Mouton-Duvernet, qui repose au cimetière de Loyasse de Lyon. Le médaillon en bronze qui ornait cette tombe a disparu (2ème division).
  • Le tombeau de famille Denfert-Rochereau qui abrite la dépouille du fils du célèbre colonel Pierre Denfert-Rochereau qui résista à Belfort, et qui repose au cimetière de Montbéliard, dans le Doubs (4ème division).

- Parmi plusieurs monuments commémoratifs, l’un d’entre-eux, érigé grâce à une souscription internationale, rend hommage aux volontaires de la guerre d’Espagne (1936-1939). Une première plaque rappelle que des membres des brigades internationales, grands blessés ramenés du front, ont été soignés à l’hôpital d’Eaubonne par la centrale sanitaire internationale. Une seconde plaque cite dix-neuf noms de grands blessés, neuf Français, un Russe, quatre Espagnols, un Italien, un Allemand, deux Polonais et un Cubain, preuve que ce conflit suscite à l’époque des engagements dans le monde entier. Une troisième plaque reprend une citation de H. Hita : ’ Les hommes qui donnent leur vie pour un idéal ne meurent jamais. ’

Célébrités : les incontournables...

... mais aussi

Dans l’ancien cimetière :

- Le dessinateur et graveur Jules HUYOT (1841-1921), qui fut maire d’Eaubonne, et qui créa la Société des Artistes dessinateur et graveur sur bois (1ère division).

- Lucien MAGNE (1849-1916), architecte français spécialisé dans les édifices religieux. Il prit une large part à l’achèvement de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à la mort de Paul Abadie, et créa le musée du vitrail du Trocadéro. Il restaura plusieurs églises (Montmorency, Bougival, Taverny, et surtout l’abbaye de Fontevrault) mais travailla aussi pour des particuliers. Enseignant à l’École nationale supérieure des beaux-arts et au Conservatoire national des Arts et Métiers, il avait épousé Lucille Le Verrier, fille de l’astronome Urbain Le Verrier, qui repose également dans cette tombe. Auprès d’eux repose leur fils, Henri-Marcel MAGNE (1877-1944), également architecte et professeur aux Arts et Métiers. Ils reposent dans une chapelle austère vue de l’extérieur, mais dont l’intérieur recèle leurs médaillons en bronze sur fond de magnifique mosaïques particulièrement lumineuses : celui de Lucien Magne fut réalisé par Hippolyte Lefebvre, celui de Lucille par Emile Hebert, et celui d’Henri par Pierre Turin. Deux autres mosaïques représentent des enfants morts en bas-âges (2ème division).

- Michel MOURRE (1928-1977) : tout amateur d’histoire le connaît forcément ! Ce natif d’Eaubonne, autodidacte et érudit, fut tout d’abord sensible à l’influence des auteurs d’extrême-droite (Maurras et Barrès en particulier) auxquels il consacra plusieurs ouvrages. Après une expérience décevante chez les dominicains, puis une approche du mouvement lettriste et situationniste, il décida de se lancer à partir de 1968 dans la réalisation d’une oeuvre encyclopédique. C’est ainsi qu’aujourd’hui, son nom reste associé au Dictionnaire Encyclopédique d’Histoire et à son célèbre Dictionnaire d’Histoire Universelle (Le Mourre) qui fait l’objet de nombreuses rééditions actualisées (13ème division).

- L’architecte Paul NIEF (1870-1943), qui fut maire de la commune, et réalisa plusieurs édifices à Eaubonne et dans la région (hôtel de Ville de Saint-Gratien) (12ème division) .

- Armand-Louis de VISME (1855-1928) : avocat à Paris, maire d’Eaubonne de 1896 à 1898 puis conseiller municipal de 1898 à 1908, ce passionné d’histoire, publia le premier essai historique consacré à Eaubonne en 1914. Il fut aussi à l’origine des armoiries de la ville (2ème division).

- Michel ZEVACO (1860-1918) : journaliste anarchiste et écrivain français, il fut condamné à plusieurs séjours à la prison Sainte-Pélagie en raison de la virulence de ses propos, en pleine période d’attentats anarchistes. Il se fit par la suite connaître comme auteur de romans populaires, notamment de la série de cape et d’épée Les Pardaillan, ou encore du Capitan (5ème division).

Dans le nouveau cimetière :

- Félix JOBBE-DUVAL (1879-1961) : issu d’une famille d’artistes

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renommés, il fut lui-même illustrateur pour la publicité et pour la littérature pour enfants. On ne doit pas le confondre avec son cousin, Félix Jobbe-Duval (1821-1889). Sa tombe est quasiment illisible (69ème division).

- Paul KENNY (Gaston Vandenpanhuyse : 1913-1981) : Paul Kenny est le pseudonyme derrière lequel se cachent deux auteurs belges : Jean Libert et Gaston VanDenpanhuyse. C’est sous ce nom qu’ont été signés à partir de 1953 plus d’une centaine de romans d’espionnage édités aux éditions Fleuve noir : la série narrant les aventures de Francis Coplan, agent secret français du Deuxième Bureau (18ème division).

- Gilbert PHILIPSON (1908-1983), qui fut préfet de plusieurs départements (Guadeloupe, Morbihan, Seine-et-Marne...) (4ème division) .

- La pianiste Jacqueline ROBIN (1917-2007), qui forma forme un célèbre duo de piano avec Geneviève Joy. Elle fut, d’abord sous le nom de Jacqueline Bonneau, la partenaire recherchée des plus grands chanteurs de son époque Schwarzkopf, Souzay, Haeflinger, Stich-Randal. Elle enseigna au Conservatoire national supérieur de Paris de 1968 à 1988.


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