Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?

vendredi 20 novembre 2009
par  Philippe Landru

Très souvent, on me pose la question : d’où vous vient ce goût pour les cimetières ? Le fait que vous y passiez tant de temps ? Je suis toujours gêné d’y répondre, non pas par pudeur, mais parce que cette question génère des réponses complexes, multiples, complémentaires. Ce petit article a pour but d’en faire la liste. Peut-être que d’autres s’y reconnaîtront...

On ne naît pas avec une passion pour les cimetières : celle-ci arrive progressivement, succession de cheminements psychologiques et intellectuels. Il ne s’agit pas ici de dresser une réponse définitive, et encore moins une réponse universelle : j’ai assez fréquenté ces lieux pour savoir que chacun a son propre parcours, et qu’il existe des tas de raisons qui amènent les un(e)s et les autres en de tels lieux. Néanmoins, malgré nos différences, il arrive cependant que nous retrouvions sur quelques fondamentaux.

Pour ma part, comme je l’ai annoncé, « l’entrée en cimetière » (comme « l’entrée en religion ») est une sorte d’aboutissement de cheminements intellectuels. Un peu de « webpsychanalyse » car il est intéressant de comprendre cette suite de liens.

- Le rapport à la mort tout d’abord : alors évidemment, pour ceux qui voient encore le cimetière comme un lieu sinistre, source d’attraction des natures morbides, c’est la première chose qui vient à l’esprit, et on a rapidement droit à tous les poncifs. Si ce type d’attirance peut exister chez quelques uns, elle n’a aucun sens pour la grande majorité des arpenteurs de nécropoles. Les habitués des cimetières savent à quel point nous avons évacué la dimension purement funéraire, à tel point qu’il faille régulièrement redescendre sur terre pour se souvenir de la fonction première de l’endroit. En premier lieu, je ne me sens pas particulièrement macabre. Je ne suis pas particulièrement « gothique » et si les crânes me plaisent pour leur esthétique, je ne les collectionne pas et ils ne me font pas vibrer. J’ai eu évidemment à affronter le deuil comme la plupart des gens, et cela ne m’a jamais enthousiasmé. Etudiant, j’ai même travaillé quelques temps dans une morgue sans en éprouver aucun plaisir. Je fuis l’hôpital que je trouve vraiment sinistre... Bref, rien du nécrophile patent. La peur de la mort alors ? Sans doute, comme beaucoup là encore. Ce qui est vrai, c’est que dès mon plus jeune âge, la mort a fait partie de mon univers. Je ne l’ai jamais occulté d’un revers de la main. Encore que plus que la mort, c’est l’oubli qui m’effraie. Pas tant l’oubli de ma propre personne (étant athée et très cartésien dans ce domaine, après moi le déluge...) que l’oubli tout court, ce processus d’effacement progressif de l’ensemble des mémoires, à l’image d’une bougie en fin de parcours. L’oubli ne m’effraie pas : il m’obsède, me panique... Il renvoie à l’insignifiance, au néant, à la vacuité de toute choses. On pourra me rétorquer que si les individus disparaissent, leur oeuvre ne disparaît pas avec eux. C’est un fait, mais j’ai là un profond respect de la notion de « paternité » : c’est sans doute là l’une des premières vraies clés pour comprendre cette passion... Rendre à César... Ne jamais laissé un objet, une oeuvre, un concept, une entreprise, une chanson, un film, orphelins de celui ou celle qui en est l’auteur. Pourquoi cherchez toujours le créateur derrière la création ? Je n’en sais rien ! Pour le coup, il faudrait sans doute faire une psychanalyse, mais je n’ai pas le temps : j’ai un site à faire (c’est une psychanalyse comme les autres) ! Alors évidemment, le cimetière est le réceptacle ultime de toutes les paternités. La plupart ayant été oubliées, il faut les retrouver. Pour combler le plus possible l’oubli. Et puis il y a aussi la reconnaissance, une manière de remercier ceux qui sont venus avant vous pour les idées géniales qu’ils ont pu avoir. Et si, pour résumer les Mémoires d’entre-tombes de Beyern, l’ouvrage le plus subtil et le plus pénétrant qui existe sur cette passion coupable, plus que la peur de la mort, la fréquentation des cimetières ne dissimulait pas plutôt une peur de la vie ?

- Le goût pour l’histoire, ou encore le « c’est logique de s’intéresser aux cimetières puisque vous êtes historien… ». Tordons une bonne fois pour toutes le cou à cette croyance. Par mon métier, je suis évidemment amené à fréquenter un très grand nombre d’historiens de formation. La plupart ne s’intéressent absolument pas aux cimetières, et leur réaction est similaire à celles des autres : de l’amusement à l’incompréhension. Je n’ai pas fait plus d’émules chez eux que dans les autres corps de métiers. Contrairement aux apparences, l’histoire ne mène pas aux cimetières.

- Le goût esthétique : contrairement à beaucoup de gens pour lesquels c’est l’entrée en matière pour les cimetières, l’aspect esthétique est loin d’avoir primé dans mes premières incursions. C’est plus tard que, progressivement, je me suis mis à m’intéresser à la statuaire, à l’architecture, à apprécier les oeuvres funéraires, leurs codes et leurs vocabulaires. Et puis, avouons-le, pour quelques tombes présentant un intérêt dans ce domaine, l’immense majorité est constituée de dalles sans grand éclat. C’est ailleurs qu’il faut donc chercher la motivation.

- Un lieu passéiste : voilà une autre clé fondamentale, que j’assume totalement même si elle renvoie pour beaucoup à des connotations péjoratives. Il est très classique, quand on est peu satisfait de la société dans laquelle on vit, d’aller se réfugier dans le passé. Encore qu’il faille préciser : étant historien de formation, n’allez pas me faire dire « que c’était mieux hier ». Hier, on vivait durement, on mourrait jeune et les loisirs étaient une utopie. Je serais bien ingrat, moi qui passe tant de temps à décrire les cimetières par le menu, de renier une société qui en quelque sorte m’accorde ce luxe. Il ne s’agit donc pas de ce passéisme là, mais plutôt d’un goût mélancolique pour ce qui n’est plus. Comme je l’ai écris ailleurs, les cimetières, plus que notre mémoire, sont la somme des mémoires de ceux qui nous ont précédés, c’est à dire des mémoires mortes que l’on se plait à faire resurgir. Le passé, délivré des scories qui rendent le quotidien parfois insupportable, prend une patine admirable. Le goût romantique pour le passé est évidemment illusoire, mais il comble en moi un besoin régressif, créant une sorte de quiétude confortable et protectrice.

- Le goût des panthéons et des listes : ça aussi, cela me vient de loin sans que je sache en expliquer l’origine. Dresser des listes à n’en plus finir... Etre finalement plus un compilateur qu’un acteur : les présidents du Conseil, les académiciens, les Goncourt, les Nobel, les doyens, les souverains, les ancêtres (je suis aussi généalogiste)... Je collectionne les listes, et je ne suis pas le seul. J’aime dresser mes panthéons personnels, dans des domaines extrêmement divers. J’aime également les suites chronologiques, sans doute dans un but candide et vain d’arrêter la course du temps : si chacun a un devancier et un successeur, il est un maillon d’une chaîne qui forme un tout et ne peut donc être tout à fait oublié !!!

- l’introspection : tout ceux qui me connaissent savent que les cimetières comblent en moi un profond besoin de solitude et de méditation. Ils sont un lieu idéal pour l’introspection. Je ne pense pas être le seul à le penser. Bertrand Beyern a écrit dans ses Mémoires d’entre-tombes cette phrase que je trouve admirable : « Face au marbre et au granit qui dissimulent leurs restes, je ne recherche aucun dialogue ni ne leur pose la moindre question. C’est à moi que je parle mais je me parle d’eux ».

- Le goût du jeu de piste : je compare souvent la quête des tombes dans les cimetières au plaisir ludique qu’ont les enfants à aller chercher les chocolats de Pâques dans les jardins. Certains ironiseront sur le plaisir régressif que cela procure : assumons. Cette satisfaction furtive mais intense, cette mini montée d’adrénaline provoquée par la découverte inopinée d’un oeuf ou d’un lapin que l’on recherche, cette sensation juvénile que beaucoup se remémoreront, sont pour moi identiques à celles éprouvées lors de la découverte d’une tombe recherchée (et peut-être plus encore à celle d’en trouver une que l’on attendait pas).

- Le goût du puzzle : un autre plaisir à relier sans doute au précédent pour son aspect ludique. J’aime les puzzles, c’est un fait, et ce n’est pas un hasard si l’un des livres qui m’a le plus fasciné est La Vie : mode d’emploi de Pérec. Les cimetières sont des puzzles dont les pièces sont dans le plus grand désordre. Il y a néanmoins une différence : les puzzles, même les plus grands, ont toujours une fin. Les cimetières n’en ont pas. D’une personnalité à l’autre, de tombes en cases, on poursuit la quête permanente et perpétuelle du « qui c’etait celui-là ? ».

- Le plaisir d’apprendre : on ne l’oubliera pas celui-là ! Il ne faudrait tout de même pas croire que le goût pour les cimetières n’est conditionné que par les névroses ou des plaisirs régressifs. Tous que nous sommes, nous avons tous des « patrimoines culturels » conditionnés par nos passions. Untel, versé en lettres, méconnaîtra totalement le domaine des sciences. Tel autre, passionné par le sport, ignorera tout du cinéma. L’avantage des cimetières est qu’ils permettent de se confronter à tous les pans de la culture, ceux que l’on connaît et aussi les autres. Bien que totalement hermétique au sport et peu versé dans la culture scientifique, les tombes ont permis une intrusion culturelle dans des domaines qui me seraient sans-doute restés en grande partie inconnus. Et j’avoue avoir toujours du plaisir à découvrir la tombe d’un Nobel de physique ou d’un champion du Monde de football. Les recherches que l’on mène ensuite sur eux, même si elles peuvent être parfois relativement superficielles, rendent moins bête et ouvre toujours davantage ce patrimoine culturel... Jusqu’à parfois se surprendre à connaître tel footballeur que les fans de foot ont oublié !

- L’antijeu : c’est une dimension. Peut-être pas essentielle, mais présente tout de même. Vous pensez que tout cela n’a aucun intérêt ? Et bien moi je trouve que si ! Allez dans les cimetières est une quête vaine : ok ! J’y passerai tout mon temps ! Puérile ? Sans-doute un peu, mais pas plus que passer son temps devant des matchs, des cours de la bourse ou des canevas... Comme toute activité réservée à un petit groupe, il y a un plaisir solitaire à s’emparer d’un tel projet. Pas étonnant d’ailleurs de voir tant de gens au Père Lachaise persuadés que le cimetière est leur domaine, leur royaume...

- Un loisir d’inadapté. C’est, je crois, l’un des fils rouges de la plupart des amateurs de cimetière. Cela rassurera les « esprits sains » qui ne s’intéressent pas aux cimetières (en même temps, je ne vois pas pourquoi ils liraient cet article !...) Certes, tous ne partagent pas la même inadaptation, mais chez tous ceux que j’ai rencontré, on voyait rapidement pointer une fêlure, un accident, un petit « je-ne-sais-quoi » qui faisait sourire pour son effet miroir. Plus ou moins consciemment d’ailleurs, nous nous reconnaissons dans ce fil rouge. Soyons franc : le monde et la société tels qu’ils nous sont vendus ne proposent pas, dans le packaging, « connaissance et goût pour les cimetières ». Nos proches nous le font d’ailleurs souvent remarquer jusqu’à ce que, vaincus par notre entêtement, ils ne finissent pas l’admettre à défaut de le comprendre. Chez certains évidemment, passer son temps dans les cimetières altère définitivement le comportement : les « fous de cimetières » sont légion, et amusent ceux qui ont gardé un peu de santé mentale (jusqu’à quand ?). Beyern a écrit de très belles pages là dessus. Untel n’avait pas d’amis étant jeune, telle autre a des tocs ; untel a été frappé par un deuil dont il ne se remet pas... Souvent, il y a une difficulté à vivre avec les vivants (sans pour autant être attiré par la mort : je ne pense pas qu’il y ait plus de suicidaires chez les taphophiles... je suis même sans aucune preuve persuadé du contraire). Un exemple parmi tant d’autres que j’ai remarqué dans un très grand nombre de cas, sans que je puisse établir aucun lien de cause à effet : la forte proportion d’homosexuels passionnés par les cimetières. Quand la société ne veut pas forcément entendre ce qu’on a à lui dire, on a toujours le loisir d’aller en parler avec les morts ! Quoiqu’il en soit, quel que soit l’inadaptation en question, nous l’assumons tout plutôt bien je crois et, entre-nous, nous rions beaucoup des « gens normaux ».

Au final, venus tous pour des motivations différentes, nous finissons tous par occuper des fonctions équivalente : celle d’être des archéologues du contemporain. Le taphophile, tout comme l’archéologue, va dénicher les traces parfois ténues, parfois abîmées, d’un passé plus ou moins récent. Ses temples en ruines à lui, ce sont les dalles moussues qu’il nettoie. Puis vient la phase des recherches, de la compilation. Plus encore, nous sommes des empêcheurs d’oublier en rond. Une chose que les taphophiles découvrent assez vite en se plongeant dans la littérature spécialisée, c’est qu’à toutes les époques, ils ont eu des devanciers. Certains ont écrit, d’autres pas, mais tous forment une chaîne de passeurs (ceci pour répondre à ceux qui considéreraient que dans notre société déracinée, la passion correspond à un besoin de retrouver des racines....). En pleine révolution industrielle, là aussi où il fallait aller de l’avant et se débarrasser des vieux fantômes, il y eut quelques illuminés pour dresser des catalogues de défunts des nécropoles parisiennes. Nous continuons cette œuvre illusoire avec un bel acharnement.


Commentaires

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
mardi 4 juin 2013 à 14h39 - par  La décente ose en faire

Le printemps réfléchit
les bras croisés
sur la vitesse des racines amères

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
mardi 4 juin 2013 à 10h02 - par  La décente ose en faire

Demeure d’air, de terre souple au songe, dernier lieu de l’effacement, du souffle qui s’éteint, des restes qui cessent d’exister. Qu’est-ce que j’attends ? Qu’est-ce que je regarde ? Un moutonnement de tiges, de corolles, d’écorces éparses et serrées, dures ou flexibles, sous quoi viennent le pépiement des morts, les non-dits, les appels des morts. Ou leur indifférence heureuse. Et toi mère, dans toutes ces voix, je veux entendre la tienne seule, visiteur arrêté au bord du rien, dans l’absence tout à coup éblouissante de limites et de regrets.

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
mardi 4 juin 2013 à 09h57 - par  La décente ose en faire

Bonds et rebonds, appels, surgissements, puis assoupissement de la lumière. Une musique, peut-être, un chant brillant au pré, aux tiges, aux frondaisons, j’écoute le fourmillement lumineux qui monte des arbres, s’accroît, s’étend, vibre, tourne comme un vol et s’endort aux sucs et aux cimes. Plutôt est-ce moi, ici, qui dors ? Je me souviens d’un jardin dans quelques rêves où je le vois plus clairement qu’à le regarder et à l’écrire. »

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
mardi 4 juin 2013 à 09h30 - par  La décente ose en faire

la question serait plutôt : pourquoi ne pas s’interesser au cimetière ?
La nature tout entière y est présente, à peine régulée par la main de l’homme et la presence de la pierre et du marbre ne font que la sublimer

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
lundi 25 février 2013 à 15h08 - par  pastoche

J’aime aussi les vieux cimetière surtout le père Lachaise pourquoi ? j’en sais rien ou peut être parce que c’est le premier cimetière de paris que j’ais visiter e connais aussi Montmartre, Montparnasse, assez ben mais le père Lachaise c’est mon cimetière par excellence, mon épouse le sait je veut être la bas a ma mort qui j’espère est très loin j’ais que 50 ans mais !!!!! je vais bientôt visiter Passy les catacombes et j’aimerais le panthéon et chaque visite a Paris se passe 1 journée paris et dimanche le père Lachaise , j’aime beaucoup ta façon de parler de ta passion pour les cimetières c’est un peut cette pensée que j’ais a deux ou trois détail prés ... merci pour tes paroles et a peut être un de ses jours dans un grand cimetière

j’ais fait une page facebook avec des photos du net mais beaucoup de photos a moi

Site web : ............
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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
mardi 19 juin 2012 à 11h34 - par  sebadive

Moi j’aime bien les cimetières, mais je ne fait pas tous, je m’intèresse surtout à ceux ou il a des personnalités (je le visite principalement comme un musée, une manière aussi « d’approcher » des gens connu(e)s ou alors pour la sculpture funéraires. Par contre je vais très rarement voir les tombes de mes proches, je n’y ressent rien, ils sont dans mon coeur.
Le seul truc que je n’ose pas c’est prendre des photos, j’ai envie quand c’est des célébrités mais je freine toujours (à part bien sur quand il a personne). Sinon quand j’y vais ce n’est pas pour éviter les enfants lol (au contraire je les aimes biens), mais les voitures.

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
lundi 18 juin 2012 à 10h09 - par  Nathalie Houdebine

Taphophile de naissance, je salue ce texte ! J’aime les puzzles, les listes et la méditation d’entre deux tombes. Paysagistes, artistes et taphophiles, Laurence Garfield et moi venons de d’exposer au salon Jardins, jardin aux Tuileries un projet de petit jardin d’éternité. Notre approche est sensible et nous proposons, à la place de la pierre tombale, la création d’un lieu de mémoire dont certains éléments pourront faire écho à la personne défunte. Ce petit lieu de souvenir est rendu vivant par une forte présence végétale : le cycle de la vie continue.
Si cela vous intéresse, notre site est en ligne : www.2m2deternite.com
Votre site est très documenté, la visite au cimetière des Gonards à Versailles pourrait être agrémentée de nouvelles images, particulièrement sur le carré des indigents.
Merci pour le partage de votre passion,
cordialement,
Nathalie Houdebine

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
vendredi 25 novembre 2011 à 20h22 - par  GEGE71

Bonjour, J’ai passé mon enfance près d’un cimetiere dont mon grand père assurait la surveillance , pour moi ce voisinage n’a jamais été contrairement a certaines personnes synonyme de frayeurs ou de cauchemars...mais plutot de calme et de souvenir.
Plus tard habitant la capitale , j’ai pu passer beaucoup de temps à visiter le Père Lachaise ou le cimetière de Montmartre , là ou l’on peut se receuillir et « cotoyer » tant de gens qui ont marqué notre histoire hors des bruits de la ville et pour quelques moments en dehors du temps...
On peut considerer ce point du vue un peu« décalé » mais ces lieux sont de veritable musées en plein air et souvent pour certains , d’une architecture très interessante et surprenante.
Bravo , ce site est formidable et une source incontestable de culture generale...
A conseiller à tous , ont lit ça comme un livre d’histoire.......

Site web : Les cimetieres
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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
lundi 8 août 2011 à 11h15 - par  Guillaume L.

Article passionnant qui a tout d’abord le mérite d’aborder le sujet.

Je me souviens des jours quand, étudiant à Paris, j’allais parfois manquer des cours pour me promener au Père-Lachaise.
D’autre part, j’aime aussi beaucoup les églises. Ce sont sans doute là les derniers endroits où je me sens en complète sécurité ; là, et aussi dans la lande bretonne, et dans ma chambre, bien entendu.

Ce qui est drôle, si je puis dire, c’est que je suis homosexuel moi-même.

Excellente continuation,
Guillaume L.

Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
samedi 6 août 2011 à 02h23

Bonjour, moi aussi j’aime vraiment aller au cimetière. Surtout le cimetière où reposent les personnes qui me sont chères. Effectivement c’est un endroit calme, paisible, où l’on se sent accompagné par une force (certainement due à ce silence, à la présence de toutes ces tombes, ...) j’aime également le chemin que je traverse, plein de petit gravillons qui crissent sous mes pas, j’aime admirer les sculptures qui ornent les tombes. Dans ce tout petit cimetière, j’aime aussi respirer pleinement l’air, sachant que je suis chanceuse d’y être de mon vivant. Je ressens un énorme respect dans cet endroit, et de plus j’adore m’y rendre en soirée, après une journée ensoleillée, pour sentir a quel point la pierre de ma tombe familiale est chaude, et pour m’y allonger. Cela peut paraitre étrange, je ne sais pas pourquoi, mais quand je suis allongée sur leur tombe, je me sens bien. Je me sens proche d’eux car il faut oser le faire, mais y être, poser ma main contre la pierre et m’imaginer qu’ils sont en dessous, ça réconforte beaucoup plus que de lire leur nom pour la millième fois. Au cimetière, je me pose un millier de questions sur la vie, et la mort. Mais je suis toujours rassurée, car j’y ressens un sentiment qu’il n’y a que là-bas. J’ai dix-sept ans et je ne pense qu’à ça, j’ai besoin d’aller au cimetière, c’est l’endroit où je peux échapper aux griffes du monde, à toutes mes difficultés. Au cimetière il n’y a aucun jugement, le temps s’arrête. J’espère que beaucoup de personnes comprennent ce sentiment, c’est tellement agréable une « pause » dans un cimetière. Enfin voila ^^ au revoir

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
dimanche 10 juillet 2011 à 23h07 - par  chachou

salut, je suis tombée sur ce site en faisant quelques recherches. Voila plus d’un ans que je me rend compte que j’adore allé au cimetiere... je me posais beaucoups de questions car je n’ai que 15 ans et je trouvais pas sa normal. Mais maintenant que je sais que je ne suis pas la seule et sa fais du bien ^^. J’ai toujours été plus ou moins dans un cimetiere. En 2 ans j’ai perdu 5 personnes proches... Je trouve que le cimetiere est un endroit calme souvent vert et peu visiter. Bref un vrai bonheur pour moi. J’aime la tranquillité et on ne peut pas faire mieux labas
Je ne me trouve pas morbide, j’aime les couleurs vives etc... enfin bref je ne suis pas seule alors tout vas bien =) bye

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
samedi 19 février 2011 à 16h31 - par  MARRY Ghislain- EVIGNY (Ardennes)

Question d’ordre général, mon capitaine : je souhaiterais connaître la réglementation actuelle en matière de prises de vues dans un cimetière, de sépultures de personnalités diverses décédées récemment.

Sachant qu’un cimetière communal est un endroit public où l’on peut s’ y promener en toute liberté et que chaque concession est un lieu privé, a-t-on le droit de photographier librement les tombes de célébrités, sans solliciter d’autorisations auprès de l’administration municipale et des ayant-droit ? En particulier dans le cas où ces clichés sont appelés à être diffusés dans un livre ou une revue ?

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Un internaute qui s’interroge.

Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
vendredi 11 février 2011 à 13h36

Je tombe par hasard sur votre site suite à une recherche de cimetière sur Google.
J’ai bien aimé et je voudrai vous dire pourquoi moi aussi j’aime bien aller dans les cimetières.
Je n’aime pas y aller pour des enterrements car c’est toujours triste mais j’aime bien m’y promener en dehors de ces ocasions.
Cela vient de ma jeunesse. Lorsque j’étais enfant j’habitais avec mes parents pas très loin du cimetière du père Lachaise à Paris.
Ma mère nous y emmenait faire des promenades car elle disait qu’il y avait beaucoup de verdure et que l’air y était moins polué, que c’était tranquille et qu’il n’y avait pas de danger car pas de voitures.
J’ai donc passé beaucoup de temps au père Lachaise et j’admirais les belles tombes. Je me souviens des gens bizares qui rodaient autour de la tombe d’Allan Kardec.
Les promenades dans les cimetières peuvent aussi être des moments gais. Je me souviens de la découverte de la tombe d’un certain Désiré Cucul dans un cimetière de Normandie.

Salutations
Christian

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
vendredi 19 novembre 2010 à 18h49 - par  Anicka

Bonjour,
Je vous avais contacté il y a plusieurs années. Je vois que votre site prospère et l’intérêt qu’on lui témoigne ne se dément pas : ce n’est que justice. Il est toujours signalé sur mon blog. Je n’ai pas trouvé comment écrire sur votre livre d’or alors j’écris ici ! C’est devenu une véritable encyclopédie, bravo et longue vie (si j’ose dire...). Pour ma part, j’aime l’histoire, les monuments, les « vieilles pierres » comme on dit. Je m’intéresse particulièrement au Moyen Age,époque où la mort était familière, apprivoisée par opposition à l’ « ensauvagée », comme dit l’historien Philippe Ariès, qu’elle est devenue pour nous. On peut dire aussi refoulée. Votre site est un lieu de parole pour ce qui est devenu indicible, qui n’a plus droit à être verbalisé. Une des clés du succès ? Il y a aussi l’intérêt esthétique indéniable mais peut-être pas le mieux partagé. A quand une étude sur les liens entre l’art funéraire et l’art de l’époque qui le produit ? Les cimetières sont aussi le reflet de notre relation aux vivants : en France, on a le culte du patrimoine : le moindre témoin du passé devient un lieu de mémoire, sacré, intangible (parfois ça va même très loin), mais dans des pays où la vie est dure, marqué par la guerre ou la dictature, on ne considère pas encore les cimetières comme des monuments historiques à part entière. Un de mes cimetières préférés est celui d’Olsany, à Prague. A ma dernière visite (2006 ?), j’ai constaté qu’il était très dégradé : pillage quasi-systématique des photos sur plaques de faïence et autres plaques, lierre envahissant, chapelles en ruine, squatteurs ? Le mur d’enceinte est facile à franchir et le gardien a des horaires « bureau ». Je pense qu’il n’y a pas d’associations pour sa sauvegarde et que tout le monde s’en fiche. Bcp de tombes sont sans doute sans propriétaires et il faudrait les restaurer car sont un témoignage important de l’histoire du pays. Le pays s’est relevé économiquement et se jette à corps perdu dans la consommation, regarde de l’avant et se désintéresse de son passé (cet aspect-là en tout cas).Vous en trouverez des photos sur mon blog.

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
jeudi 17 juin 2010 à 13h12 - par  maeva

un cimetière s’est pour mettre les décédent et y venir poser des choses sur les tombes . moi jaime pas aller au cimetière.

Site web : chirac 4810
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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
vendredi 4 décembre 2009 à 09h57 - par  Bruno

Bonjour,
Concernant la visite d’un cimetière, cette petite anecdote relatée sous mon pseudo « bruno 17 » sur le site consacré à la Grande Guerre « Pages 14-18 ». À noter que j’ai commencé à m’interesser aux cimetières en faisant des recherches sur un aïeul disparu en 1918 dans la Marne et, par extension, ai commencé à faire des recherches sur les Poilus de 14/18.
http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/Generalites/rencontre-cimetiere-parisien-sujet_9628_1.htm
Cordialement
Bruno

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
mardi 1er décembre 2009 à 10h40 - par  Esther i Tony

L’Art Funerari,surtout a l’Espagne,est oubliè et il y a beacoup de très magnifiques ouvres a decoubrir ;nous voulons compartir des http://imatgesdesilenci.blogspot.com/ ça que nous creyons interesant a cette Art,prisse personalment a notres voyages pour Europe.Excuse-moi pour mon pouvre français.Au revoir

Site web : Art Funerarie
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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
lundi 23 novembre 2009 à 06h38 - par  Monique

Très intéressante analyse. Je partage beaucoup les idées développées puisque je m’y retrouve. En revanche à la question « d’où te vient cette passion des cimetières », je ne suis pas gênée de répondre, bien au contraire. Je me fais plaisir à argumenter, y compris (peut-être même surtout) face aux incrédules et à toutes les personnes qui voient là très souvent une thérapie à une « névrose ». Monique, Grenoble, passionnée de cimetières et de patrimoine local, collectionneuse de listes et d’objets, généalogiste (depuis 23 ans), etc.

NB le site tout nouveau, sans prétention, encore en construction de l’association Saint-Roch ! Vous avez dit cimetière ?
cimetieresaintrochgrenoble.e-monsite.com

Logo de Nat
Enfin des réponses !!!
vendredi 20 novembre 2009 à 21h35 - par  Nat

Contente d’entrer un peu plus dans ton esprit pour comprendre tes motivations et le magnétisme que provoquent sur toi ces lieux cinégéniques ;o)

Bisous

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Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
vendredi 20 novembre 2009 à 18h53 - par  Lydia

Bravo pour cette très bonne analyse. Je n’ose jamais dire, moi non plus, que je m’intéresse aux cimetières car les réactions sont souvent négatives, certainement car cela touche un tabou, la mort...

Brèves

Une nouveauté méthodologique importante sur le site !

lundi 9 octobre 2017

Une nouveauté qui, si elle ne change pas la morphologie du site, va à terme considérablement améliorer la recherche.

Jusqu’alors, les rubriques « départements » dans l’onglet de gauche ne servaient qu’à y ranger les cimetières selon ce critère. Il ne vous aura pas échappé que contrairement à naguère, ceux-ci ne pouvaient pas être indiqués par ordre alphabétique : il fallait donc consulter toute la liste pour trouver le lieu que l’on cherchait.

Désormais (mais cela se fera très progressivement), la rubrique « département » devient la porte d’entrée pour chacun d’entre eux : non seulement j’y intègre les communes par liste alphabétique, mais j’y ajoute « l’Etat des lieux du patrimoine taphophilique » pour chacune. Ainsi, par codes couleurs, vous y trouverez l’intégralité des cimetières : ceux que j’ai visité, ceux dont j’ai fait la fiche grâce aux photos d’internautes, ceux ayant fait l’objet d’articles (presse, Internet...), et ceux enfin qui n’ont pas encore d’articles mais dont j’ai connaissance d’un patrimoine avec, pour les internautes du coin, la possibilité s’ils le désirent de venir compléter le site.

Le premier département à être à jour est le Territoire de Belfort, fiche sur laquelle vous pourrez constater les changements. Progressivement, c’est l’ensemble des départements qui auront cet aspect.

Bonne visite