SAINT-MALO (35) : cimetière de Rocabey

visité en juin 1992
dimanche 15 janvier 2017
par  Philippe Landru

Le cimetière de Rocabey est l’un des huit cimetières de Saint-Malo. Il en est le principal, et possède de ce fait la tombe d’un grand nombre de figures notables de Saint-Malo : armateurs, négociants, édiles locaux...

Son site n’a cependant guère d’intérêt : il ressemble en réalité, malgré son ancienneté, à l’une de ces grandes nécropoles urbaines nées au début du XXe siècle.

On en fera cependant la visite pour retrouver quelques personnalités à l’aura plus grande que la simple cité malouine.

Parmi celles-ci, la vedette est évidemment Robert SURCOUF (1773-1827).

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Acte de décès de Robert Surcouf - St Servan.

Apparenté par sa mère à Duguay-Trouin, il partit sur les mers à l’âge de 13 ans. En 1795, il prit le commandement du navire Emilie et commença sa carrière de corsaire. Il causa de grands troubles au commerce britannique : tandis que la france l’acclamait, sa tête était mise à prix de l’autre coté de la Manche. En 1801, il était à la tête d’une fortune immense. Après la chute de Napoléon, il se livra à de vastes entreprises commerciales et maritimes qui en firent le plus riche armateur de France.

On connait la célèbre anecdote : un jour qu’un Anglais lui reprochait : « Vous les Français, vous vous battez pour l’argent, tandis que nous nous battons pour l’honneur », Surcouf lui répondit : « Chacun se bat pour ce qui lui manque cruellement ». Il repose dans la 3ème division sud.

Son épitaphe est la suivante : Un célèbre marin a fini sa carrière / Il est dans le tombeau pour jamais endormi / Les matelots sont privés de leur père / Les malheureux ont perdu leur ami !!!

Surcouf repose en toute logique dans la partie la plus ancienne du cimetière, parmi d’autres tombeaux de notables, de corsaires et de capitaines aux longs cours.

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Des tombes de corsaires !...

Comme souvent dans les cimetières bretons, les stigmates de la guerre sont nombreux, de la Première comme de la seconde : tombes de soldats, de fusillés (dont plusieurs au Mont-Valérien)... Une tombe dans la partie militaire et le caveau de famille permettent de rappeler la mémoire des frères RUELLAN.Les frères Ruellan étaient une fratrie de Paramé (aujourd’hui rattachée à Saint-Malo) qui combattirent durant la Première Guerre mondiale. Sur dix-huit enfants, dix frères allèrent au front, six y tombèrent pour la France, ce qui en fit la fratrie française ayant eu le plus de morts pendant ce conflit. Un septième mourrut une dizaine d’années plus tard, victime du gazage qu’il avait subi pendant la guerre.

Plus près de nous, c’est dans le caveau de famille de ce même cimetière que fut inhumé le comédien Daniel GÉLIN (1921-2002) qui laissa derrière lui plus de 150 films. On se souvient de lui pour le couple glamour qu’il forma avec Danielle Delorme, pour sa participation, aux cotés de Micheline Presle, aux Saintes Chéries, ou, plus près de nous, pour son rôle de médecin égoïste dans la Vie est un long fleuve tranquille. Il est inhumé dans la 15ème section.

Reposent également dans ce cimetière :

- Le Compagnon de la Libération Henri COTTERET (1922-1970), qui répondit très jeune à l’appel du 18 juin. Envoyé au Cameroun, il servit en Afrique du Nord, en Italie puis débarqua en Provence. Il termina la guerre dans les Alpes. Son frère aîné Marcel fut aussi un grand nom de la résistance, et fut exécuté par les Allemands au Mont Valérien en 1943. Il repose dans ce même cimetière, mais dans une autre tombe.

- Charles GUERNIER (1870-1943) : député d’Ille-et-Vilaine de 1906 à 1924 puis de 1928 à 1940, il fut sous-secrétaire d’Etat à la Marine Marchande en 1914, puis ministre des PTT entre 1931 et 1932, puis ministre des Travaux Publics et de la Marine Marchande. Il repose sous un médaillon de Raymond Delamarre (13ème division).

- Guy LA CHAMBRE (1898-1975) : maire de Saint-Malo de 1947 à 1965, député d’Ille- et-Vilaine de 1928 à 1940, puis de 1951 à 1958, il fut plusieurs fois ministres dont ministre de la Marine Marchande en 1934 et ministre de l’Air de 1938 à 1940. Il comparut au Procès de Riom comme l’un des responsables de la défaite. Dans la chapelle de famille repose également son grand-père Charles-Emile LA CHAMBRE (1816-1907), qui fut député d’Ille-et-Vilaine de 1876 à 1878 et de 1889 à 1893, ainsi que son père Charles-Auguste LA CHAMBRE (1861-1937), également député d’Ille-et-Vilaine de 1902 à 1906, et homme de confiance du duc d’Orléans (1ère sud).

- Charles ROUXIN (1814-1891) : avocat et maire de Saint-Malo de 1855 à 1870, il fut député de la majorité dynastique de 1869 à 1870. Il est statufié par Alfred Caravanniez en train de plaider (1ère nord).


Commentaires

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SAINT-MALO (35) : cimetière de Rocabey
dimanche 20 mai 2012 à 19h25 - par  Antoine

Avant la reconstruction de Saint-Malo, Guy La Chambre avait bien contribué à la destruction de l’armée française en mai-juin 1940 par son imprévoyance , comme ministre de l’Air, dans sa dotation presque ridicule en avions de combat face à celle dont jouissait l’Allemagne, ce dont il était, avec d’autres, pleinement au courant à l’époque (d’où Riom).

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SAINT-MALO (35) : cimetière de Rocabey
mardi 9 février 2010 à 23h38 - par  Docteur Michel Tourtelier

Alfred Caravanniez qui , je le vois ici, a statufié au cimetière de Rocabey, Charles Rouxin, est également le sculpteur qui a réalisé la statue deSurcouf, sur les remparts de Saint Malo et la statue de Notre dame de Bizeux sur l’îlot au milieu de la Rance.Accessoirement, il a réalisé le buste de mon arrière grand père, Ernest Chat,1850-1923, pharmacien à Dinard.Le buste est en ma possession.J’accepte tout renseignement sur ce sculpteur, né à Saint Nazaire,mortà ? et qui a réalisé à Auray le monument au Comte de Chambord.

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mercredi 5 septembre 2012 à 22h41 - par  ROTH

Un grand merci pour les précisions du Docteur Tourtelier dont j’ai croisé le grand-père à Vierzon oû il était pharmacien au lendemanin de son mariage avec Henriette-Marie Chocarne en 1879 à Boulogne-sur-Seine ; il a ensuite fondé un usine de produits pharmaceutiques au château du Blosset à Vignoux-sur-Barangeon en 1890 ; au début du XXe s. il agagné un procès en contrefaçon intententé contre lui par M.Canonne, créateur des « pastilles Valda ». Le pharmacien Ernest-Claude Chat est né en 1850 à Corbigny ; il est décédé à La Ferté Vidame en 1923. Un reproduction du buste réalisé par Caravanniez permettrait d’illustrer un article en cours de rédaction. Christian ROTH

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vendredi 14 février 2014

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