SAINT-BRIEUC (22) : cimetière Saint-Michel

mercredi 14 janvier 2009
par  Philippe Landru

Le cimetière St Michel est le plus ancien cimetière de la ville, il a été créé en 1839. Ici reposent sur 2.44ha, entre 15000 et 20000 personnes dans 5000 concessions.

Il possède encore un gran nombre de tombes anciennes, en particulier celles de soldats des armées napoléoniennes.


Curiosités


- Théophile-Marie Laennec, père de l’inventeur du stéthoscope, reposait dans ce cimetière mais sa tombe a disparu.

- le père d’Albert Camus, Lucien Camus, mort en 1914 à la guerre repose dans ce cimetière. L’écrivain relate dans son roman inachevé, Le premier homme, l’émotion qu’il eut à découvrir la tombe de son père lors de son voyage à Saint-Brieuc.

- l’abbé Armand Vallée (1909-1945), qui fut arrêté par la Gestapo pour faits de résistant et mourut en déportation, repose sous un médaillon.

- La tombe de l’ancien maire Gabriel Hérault (+1872) est ornée d’un buste en marbre de Ludovic Durand.

- L’aviateur Edouard Le Mounier possède un tombeau ouvragé : un buste en bronze sur une colonne de marbre rose, ainsi qu’une statue de femme voilée en deuil personnifiant la France, étreignant dans ses bras un oiseau blessé. Elle est l’oeuvre de Jean Boucher.

- Un médaillon en bronze signé Elie Le Goff sur la tombe de Pierre Giffard.


Célébrités : les incontournables...


Aucune.


... mais aussi


- Henri AVRIL (1888-1949), qui fut député de 1919 à 1924.

- Le Baron Germain-Joseph BOULLÉ (1786-1875), qui fut préfet du Tarn-et-Garonne en 1833, de l’Aude en 1834, puis du Finistère de 1836 à 1848.

- L’amiral Léonard-Victor CHARNER (1797-1869), qui effectua de nombreuses campagnes et participa notamment à l’expédition d’Alger. Capitaine de corvette en 1837, il était commandant en second de la Belle Poule lorsque cette frégate rapporta de Sainte-Hélène les cendres de l’empereur Napoléon 1er. Après la Révolution de 1848, il fut élu député dans le département des Côtes-du-Nord et le resta jusqu’en 1851. Lors de la guerre de Crimée, il participa aux opérations de Yalta et Sébastopol. En 1860, le vice-amiral Charner reçut le commandement en chef des forces navales en Extrême-Orient, le plus grand commandement maritime qui ait été exercé en France depuis le Premier Empire. Commandant en chef et plénipotentiaire en Cochinchine, il participa à ce titre à la conquête de la Cochinchine, où il organisa la colonie avant d’être rappelé en France à la fin de l’année 1861. Nommé sénateur inamovible en 1862, Léopold Victor Charner fut élevé à la dignité d’amiral de France en 1864. Ses obsèques eurent lieu aux Invalides à Paris, mais il fut inhumé dans sa ville natale. Il donna son nom à plusieurs navires militaires de la marine française.

- Famille COLLIN : le tombeau de la famille Collin abrite toute une famille d’organistes et de maîtres de chapelle à la suite du père, Julien COLLIN (1789-1852), titulaire des orgues de Saint-Brieuc jusqu’en 1845. Ses six fils deviennent tous des musiciens, dont deux organistes, Charles (1827-1911) et Pierre (1833-1905). Les quatre autres fils sont chanoines : Jules (1816-1876), Louis (1830-1887), Félix (1835-1891) et Auguste (1838-1901). Ils dirigent chacun leur tour la maîtrise de la cathédrale et sont chantres, compositeurs, concertistes, critiques musicaux. Le plus connu d’entre-eux, Charles-René COLLIN (1827-1911), fut organiste du grand-orgue Cavaillé-Coll de la Cathédrale de Saint-Brieuc de 1845 à 1909. Il était l’ami de Cavaillé-Coll et l’un des très rares élèves d’orgue de Lefébure-Wely. Très tôt il s’intéressa à la musique traditionnelle bretonne et recueillit des airs dans les pardons et fêtes et fut l’un des premiers compositeurs à s’intéresser aux cantiques populaires. Il composa également des cantates, beaucoup de musique religieuse (pièces pour orgue ou harmonium, chœurs, messes), mais aussi des oeuvres profanes. Les liens très actifs (visites régulières et correspondance suivie) qu’il entretenait avec ses collègues et amis parisiens tels Franck, Gigout, Guilmant ou Widor montrent qu’il ne fut jamais un organiste isolé dans sa province.

Le buste médaillon en haut-relief est d’Ogé fils, et le bas-relief en bronze, une composition équilibrée des attributs de la musique et du sacerdoce, est de Paul Guibé.

- Le peintre décorateur Raphaël DONGUY (1812-1877), dont la spécialité était la décoration des voutes des églises, et dont plusieurs témoignages subsistent dans le département.

-  Le luthier Charles ENEL (1880-1954).

- L’historien et amateur d’art éclairé Henri FROTIER de la MESSELIÈRE (1876-1965) qui fut l’auteur de plus de cent carnets de dessins du patrimoine architectural de France, réalisés entre 1895 et 1934. Les dessins concernant le patrimoine du département, regroupés dans le Guide pittoresque archéologique de l’Ille-et-Vilaine, permettent aujourd’hui de découvrir des monuments disparus ou fortement défigurés.

- L’architecte Alphonse GUÉPIN (1808-1878).

- L’écrivain classé populiste Louis GUILLOUX (1899-1980), auteur du Sang noir, qui accompagna Gide lors de son voyage en URSS, et qui fut l’ami de nombreux écrivains, particulièrement d’Albert Camus, d’André Malraux, de Jean Guéhenno et de Jean Grenier. Il s’engagea activement en politique, devenant secrétaire du 1er Congrès mondial des écrivains antifascistes en 1935, puis responsable du Secours Rouge International (plus tard Secours populaire), qui vient en aide aux réfugiés de l’Allemagne hitlérienne, puis aux républicains espagnols. Il reçut de nombreux prix et demeure une personnalité importante de Saint-Brieuc. Le bas-relief en granit qui orne sa tombe est de Charles Lemoine.

- L’artiste plasticien Raymond HAINS (1926-2005), qui exposa pour la première fois en 1948. Il conçut autour de 1950 des photographies abstraites qu’il nomma « hypnagogiques », réalisées à partir de jeux de miroirs complexes ou d’un objectif en verre cannelé qui lui permettait de démultiplier le motif. Il a appartenu au mouvement des Nouveaux Réalistes, aux côtés de Arman, César ou encore Klein. Son travail évoque la dérive de la société : il récupèrait des affiches publicitaires ou politiques déchirées par les passants, exposait des sculptures taggées... Il s’est ensuite éloigné de ce mouvement pour jouer avec les mots, le language.

- L’avocat Jean-Marie HOUVENAGLE (1813-1865), qui fut député du département de 1848 à 1849. La statue en tuffau très abîmée qui orne sa tombe représente la ville de Saint-Brieuc.

- L’écrivain Achille LATIMIER du CLÉSIEUX (1806-1893), ami de Châteaubriand, qui mobilisa sa fortune dans la création et la gestion d’oeuvres religieuses et sociales, telle la colonie agricole et l’œuvre de Saint-Ilan.

- La famille d’artistes LE GOFF : Elie (1858-1938), le père, à qui l’on doit de nombreuses oeuvres à Saint-Brieuc et dans la région, notamment des monuments aux morts. Trois de ses fils (Elie, Paul et Henri) suivirent sa vocation mas furent tués pendant la Première Guerre mondiale. Leur tombe, érigée par leur père, est ornée d’un médaillon en bronze reproduisant leurs trois visages ainsi que d’une étonnante sculpture taillée dans le granit par Paul Le Goff intitulée Funérailles en Bretagne. Elle représente cinq processionnaires.

- Le pharmacien Charles LE MAOUT (1805-1887), fils du créateur de la « moutarde celtique de santé », qui suivit les cours du physicien Ampère. Dès 1832, quand surgit le choléra, il effectua des expériences en chimie microscopique, mais l’Académie des sciences de Paris ne prêta aucune attention à ses découvertes. De 1836 à 1887, il édita un journal : Le Publicateur des Côtes-d’Armor. En 1854, il participa à la guerre de Crimée, où il observa des perturbations atmosphériques dans le ciel d’Odessa (Ukraine), qu’il attribua au tir des canons. Il publia en 1861 Effets du canon et du son des cloches sur l’atmosphère, et en 1865, un traité décrivant les filons de plomb argentifère découverts lors des travaux du chemin de fer Paris - Brest. Jusqu’en 1880, il remplit vingt-quatre volumes de notes.

- Meven MORDIERN (René Le Roux : 1878-1949), qui fut aux côtés de François Vallée le co-inventeur du breton unifié alors que, d’origine bordelaise, il n’avait pas de lien avec la Bretagne sinon une fascination pour la culture celte. Il mourut dans la misère.

- Le romancier Roger NIMIER (1925-1962), : démobilisé au printemps 1945, son premier roman, L’Étrangère, ne fut publié qu’après sa mort. Admirateur de Giraudoux et de Cocteau, son oeuvre violente faite preuve de désillusion face aux engagements et aux idéologies (Les Épées). Avec la parution du Hussard bleu, Nimier s’imposa comme la figure littéraire la plus marquante de sa génération : avec Blondin, Drieu la Rochelle et quelques autres, il précéda le mouvement du Nouveau Roman et constitua le groupe dit des Hussards. Il se consacra ensuite journalisme, au cinéma et à l’édition, et signa le scénario et les dialogues d’Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle. Il mourut dans un accident de voiture qui coûta également la vie à la jeune romancière Sunsiaré de Larcône.

Avec lui repose son père, l’ingénieur Paul NIMIER (1890-1939), qui fut notamment l’inventeur de la télécommande de l’éclairage public, mise au point après sa mort, et de l’horloge parlante de l’Observatoire.

- Le sculpteur briochin Pierre-Marie OGÉ (1817-1867), qui repose sous un buste réalisé par son fils.

- La comtesse Véfa de SAINT-PIERRE (1872-1967), qui fut chasseresse, exploratrice, reporter, écrivain, mécène et ardente militante du mouvement culturel breton. Novice d’une congrégation missionnaire, elle traversa l’Equateur à cheval en 1899, puis troqua définitivement l’habit religieux contre des pantalons et un fusil pour une nouvelle vie placée sous le signe de l’anticonformisme et de l’aventure.

- François VALLÉE (1860-1949) : linguiste breton, Il participa en 1898 à Morlaix à la création de l’Union régionaliste bretonne, située sous la présidence d’Anatole Le Braz. Il fut le principal instigateur avec Meven Mordiern du mouvement de création massive de néologismes à partir de racines bretonnes. Son œuvre la plus importante est le Grand dictionnaire français-breton. Sa tombe se trouve à coté de celle de l’abbé Armand Vallée.

- Jean-Baptiste VEILLET-DUFRECHE (1838-1892), qui fut député conservateur du département en 1876, puis de 1877 à 1878.


Compléments issus d’un article (01/11/2011) du Télégramme.com (Saint-Michel. Le « Père Lachaise » briochin).

- Charles Baratoux (1846-1898). Conseiller municipal puis maire de Saint-Brieuc de 1890 à 1898, Charles Baratoux se concentra notamment sur l’agrandissement, l’embellissement et l’assainissement de la cité briochine. C’est à ce maire que Saint-Brieuc doit son alimentation en eau potable.
- Mireille Chrisostome (1924-1944). Une résistante « morte pour la France ». Voilà l’histoire tragique de MireilleChrisostome, qui fut convoyeuse et agent de liaison d’un réseau de résistance. Arrêtée au cours d’une mission en juillet1944, cette femme fut ensuite exécutée à la Butte Rouge. Elle n’avait alors que 20ans... Une rue porte son nom aujourd’hui.
- Gaspard Riollay (1783-1861). Officier sous Napoléon 1er et député, il a participé aux plus grandes batailles de l’histoire napoléonienne, d’Austerlitz (1805) à la Berezina (1812) en passant par Wagram (1809), sans oublier les combats devant Strasbourg (1815) qui conduisent à la chute de Napoléon1er.
- Charles Royer (1884-1971). L’histoire connaît Charles Royer comme le maire de la Libération. Membre du comité de Libération, il fut propulsé à la tête de la ville en août1944, une fois Saint-Brieuc libérée.
- Pierre-Marie Oge (1817-1867). Ce sculpteur a réalisé nombre de sculptures et bustes, dont le fronton du palais de justice de Saint-Brieuc. Son buste en bronze orne sa sépulture.
- Gabriel Hérault (1802-1872). Maire de Saint-Brieuc de 1864 à 1872, ce notaire institua la ville légataire d’une partie de sa fortune personnelle. En reconnaissance de ce don, mais aussi pour services rendus, la ville éleva un buste le représentant sur sa tombe. Un buste blanc toujours bien visible aujourd’hui.
- Léonard Charner (1797-1869). Située à l’opposé de l’entrée du cimetière, sa chapelle est bien visible des visiteurs. Léonard Charner fut élevé au grade d’amiral de France par Napoléon III en personne. Distinction qui est la plus haute dans la Marine française.
- Les trois frères Le Goff. L’une des plus connues des rues de la ville. Mais aussi et surtout trois frères : Élie (1881-1915), Paul (1883-1915) et Henri (1887-1918), tous les trois sculpteurs comme leur père Élie Le Goff (1858-1938). Les trois frères Le Goff décédèrent tous tragiquement au cours de la Première Guerre mondiale.
- Famille Bacciochi. Une famille alliée des Bonaparte ! Le comte Jules-Étienne Bacciochi (1836-1879) fut le secrétaire particulier de sa cousine Élisa Bacciochi (1806-1869), elle-même nièce de Napoléon 1er et cousine de Napoléon III. Rien que ça...
- Louis Guilloux (1899-1980). On ne présente plus ce célèbre écrivain briochin et ses romans comme « Le Sang noir » ou encore « Le Jeu de patience ».
- Lucien Camus. Le père de l’auteur de « L’Étranger », « La Peste » ou encore « La Chute », Albert Camus, a sa sépulture dans le carré militaire du cimetière Saint-Michel. Il s’agit de Lucien Camus, mort pour la France en 1914. Blessé à la bataille de la Marne, il aurait été évacué le 11 octobre à l’hôpital militaire de Saint-Brieuc où il meurt le 17octobre 1914.
- Antoine Mazier (1908-1964). Maire de la ville de 1962 à 1964, il décéda, emporté par la maladie, au cours de son mandat. Il fut également député et conseiller général. La fac porte aujourd’hui son nom.


Merci à Marie B. pour les photos.

- La photo de la tombe Le Maout provient de http://fr.topic-topos.com
- Les photos des tombes Frotier de la Messelière, François Vallée et Veillet-Dufreche proviennent de http://www.bretagneweb.com
- Les photos Hérault et Houvenagle proviennent de http://www.mairie-saint-brieuc.fr


Commentaires

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SAINT-BRIEUC (22) : cimetière Saint-Michel
vendredi 17 février 2017 à 10h21 - par  Arnaud0

Présence également de la tombe de l’architecte Jean Fauny (1895-1973)

Site web : Arnaud BALEY
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SAINT-BRIEUC (22) : cimetière Saint-Michel
mardi 22 juillet 2014 à 18h40 - par  Dgabrielli

Y reposent également le célèbre généalogiste Jean-Baptiste JULLIEN, chevalier de COURCELLES (1759-1834), et sa seconde épouse Adélaide PICOT de La MOTTE. Leur fille Marie-Louise épousera Joseph Marie Renaud, marquis du DRESNAY, d’où descendance dans la famille de La GOUBLAYE de NANTOIS (Pléneuf-Val-André)

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jeudi 31 juillet 2014 à 10h19 - par  Dgabrielli

Ainsi que les familles LEUDUGER-FORTMOREL, LOSSIEUX de La SAUDRE, SEBERT, le NEPVOU de CARFORT.

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mardi 22 juillet 2014 à 18h59 - par  Dgabrielli

De nombreux descendants des frères et sœurs et cousins de Dom Jean LEUDUGER (1649-1722), fondateur de la Congrégation des Filles du Saint-Esprit y reposent aussi, représentés de nos jours par les Familles NIMIER, des COGNETS, GAULTIER de KERMOAL, VITEL, DACHEUX-TOGNON, le BALCH, LANGLAMET, LIBERGE, AULANIER, MARCEL, de GUIBERT, le BRET, PRUDHOMME, COLLIN, DESURY, HAMON, GOLFIER, DUVAL, des GRÉES du LOU....

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SAINT-BRIEUC (22) : cimetière Saint-Michel
samedi 1er décembre 2012 à 16h48 - par  Dgabrielli

N’oublions pas non plus les parents de la maréchale FOCH, ainsi que les résistants qui donnèrent leurs vies pour la libération de Saint-Brieuc en 1944.

SAINT-BRIEUC (22) : cimetière Saint-Michel
vendredi 24 février 2012 à 19h10

A été oublié le sculpteur briochin Francis RENAUD

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SAINT-BRIEUC (22) : cimetière Saint-Michel
mercredi 6 janvier 2010 à 22h54 - par  Juliianaise

je viens de voir la vie d’Albert Camus à la télé et je cherchais des infos sur sa vie et j’avais entendu que son père était inhumé à St Brieuc , donc j’ai visité votre page et je vais continuer -

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vendredi 8 janvier 2010 à 18h04 - par  bernard

Effectivement le pere d’Albert Camus est enterré a Saint Brieuc avec ses camarades soldats dans le carré militaire.

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SAINT-BRIEUC (22) : cimetière Saint-Michel
jeudi 24 décembre 2009 à 10h12 - par  jean

merci pour votre site si instructif sur nos disparus, des petites visites simposes à travers notre département, et nos petits cimetiere

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