BOULOGNE-BILLANCOURT (92) : nouveau cimetière

Visité en juin 2003
mercredi 31 décembre 2008
par  Philippe Landru

Quatrième cimetière de la commune, il est le dernier en date puisqu’il fut édifié en 1886. Pour l’histoire des trois précédents, on consultera l’article sur l’ancien cimetière de Boulogne.
Ici, vous ne vous perdrez ni dans les chapelles, ni dans la végétation, ni dans la statuaire : c’est un grand cimetière fonctionnel de banlieue comme il en existe tant, où les visiteurs se font rares. Le seul endroit sympathique du lieu est un petit « jardin de méditation » élaboré au sein de la troisième division, proposant une petite mare où viennent s’abreuver les pigeons (des canards, nous n’en avons pas vu...).

Curiosités

-  le jardin de méditation, espace peu classique dans les cimetières.
-  la bordure nord (à droite en entrant) regroupe les tombes de certains anciens maires et d’édiles municipaux de la ville. On y trouve ainsi les sépultures de Jules Henripre (maire de 1922 à 1923), de Maurice Agogue (maire de 1965 à 1971), des députés Alfred Costes et Alphonse Le Gallo (voir plus bas), du conseiller municipal Eugène Lagriffoul qui fut le promoteur de la manufacture de Sèvres...
-  Au fond du cimetière, entre la 6ème et la 7ème division, sont regroupés le monument aux morts (œuvre de 1924 réalisée par Paul Landowski) et plusieurs monuments commémoratifs dédiés aux victimes de la guerre de différents corps ou corporations (pompiers, pupilles, employés communaux, blanchisseurs…). Dans la 9ème division, un autre monument aux morts est dédié aux victimes de la Seconde Guerre mondiale.
-  la statuaire : peu de choses donc

    • Le buste du conseiller général Victor Bizet (bordure nord),
    • Le buste en bronze de Louis Crestey, par Vaillant-Martin (bordure nord),
    • Un ange sculpté sur la stèle du jeune Michel Harlaut (1ère division),
    • Le monument composite en calcaire des Burgan Decaux (8ème division),
    • Le médaillon en bronze du coureur automobile Ferdinand Delcros par Lucien Gibert (2ème division),
    • Un casque de poilu et une couronne de lauriers en bronze sur la tombe Delperier (1ère division),
    • Un petit médaillon en bronze sur la tombe Delpuech-Giguelle (3ème division),
    • Un médaillon en bronze sur la tombe Frauziol (1ère division),
    • Le buste en calcaire d’Ada Frenkel de Thielen (1ère division),
    • Une statue de jeune femme sur la tombe Kapferer (6ème division),
    • Un visage de femme en bronze sur la tombe Malard-Daviniere (8ème division),
    • Une lyre sur la tombe de Nicolas de Mangell (3ème division),
    • L’expressif buste en marbre d’Etienne Meusy (2nde division),
    • Deux bas-reliefs de facture moderne présentant les étapes de la vie du Christ sur la tombe Rovai (6ème division),
    • Une Pieta de facture moderne sur la tombe Tchamkerten (4ème division),
    • Le médaillon de Charles Vial par D.Vial (8ème division).

Les célébrités : les incontournables...

Pas de « grandes figures » à proprement parler. Les célébrités les plus connues, intimement liées à la commune, sont
- Albert KAHN
-  Marcel LANDOWSKI
-  Paul LANDOWSKI

... mais aussi

-  Hagop ARAKELIAN (1894-1977), qui fut des années 30 aux années 60 le maquilleur vedette du cinéma. Il participa effectivement à un très grand nombre de films, en particulier ceux d’Abel Gance (Napoléon, Austerlitz...), de L’Herbier, de Marc Allégret, de Grémillon… On lui doit les maquillages de Et Dieu créa la femme de Vadim, mais sa prestation la plus fameuse demeure la transformation de Jean Marais dans La belle et la bête. Dans le même tombeau repose le statuaire arménien Akop GURDJAN (1881-1948), dont on connaît plusieurs œuvres à Paris : le buste de Léon Tolstoï (dans le square qui porte son nom), ou la descente de croix sur la tombe Goukassow, dans la 97ème division du Père-Lachaise (2nde division).
-  Le général Georges BALAN (1847-1905), qui participa à la guerre de 1870 puis servit en Afrique (8ème division).
-  L’accordéoniste Joss BASELI (Joseph Basile : 1926- 1982) : accompagnateur de nombreuses vedettes (Patachou, Tino Rossi, Colette Renard, Renaud, Bourvil, Reggiani et surtout Barbara), il fit tout pour faire connaître son instrument et le sortir du carcan populaire dans lequel il était cantonné : création de l’Académie de l’accordéon pour faire éclore de nouveaux talents, lancement en 1972 de l’émission télévisée Le monde de l’accordéon, fondation d’une maison d’édition musicale… Il composa également pour les chanteurs, le cinéma (musique de l’Astragale) et pour la télévision (les génériques originaux de Schulmeister, espion de l’empereur et du Manège enchanté, c’est lui !) (9ème division).
-  Le général André CAILLE (1881-1940), qui fut tué alors qu’il défendait Boulogne-sur-Mer encerclé par les Allemands (2nde division).
-  L’actrice Louise CARLETTI (Louise Carboni : 1922-2002), qui tourna des années 30 aux années 60. Elle était la mère de l’animatrice de télévision Ariane Carletti (mais si, l’Ariane de Récré A2 !!!).
- Henry CASTILLOU (1921-1994) : romancier français, il reçut en 1952 le Grand Prix du roman de l’Académie française pour Le feu de l’Etna, et en 1948 le prix interallié pour son roman Cortiz s’est révolté (6ème division).
-  Le philosophe russe Léon CHESTOV (1866-1938).
-  Nicole CHOLLET (1914-2003) : actrice française, elle tourna des années 40 (elle jouait dans Le corbeau) aux années 90 (elle était Ginette Mauprivet dans Taty Danielle, celle « qui était gentille mais qu’est ce qu’elle était laide » dixit Taty herself !). Bref, une de ces seconds couteaux du cinéma comme il y en a tant mais que l’on aime à revoir de films en films ; pour lesquels la notoriété n’est pas assez grande pour avoir une nécrologie étoffée et dont on apprend la mort plusieurs années après… (Source Yvan Foucart).
-  Alfred COSTES (1888-1959) : ouvrier ajusteur, cadre de la CGT métallurgie dans une ville fortement industrialisé, il fut député communiste de la Seine de 1936 à 1940, puis de 1946 à 1955. Il a donné son nom à un lycée professionnel de Bobigny (bordure nord).
-  Le sculpteur et médailleur Georges CROUZAT (1904-1976), ancien élève de Landowski (5ème division).
- Maurice DELAFOSSE (1870-1926) : administrateur et explorateur, il parcourut l’arrière-pays de la Côte d’Ivoire entre 1895 et 1907 et devint gouverneur de l’Oubanghi-Chari en 1918. Professeur à l’École coloniale et à l’École des Langues Orientales vivantes de Paris, il fut l’auteur de nombreux ouvrages sur l’Afrique noire, ses mœurs et ses langues. Il participa à l’amélioration du régime du bagne et à l’abolition de l’esclavage.
-  Louis DESCHAMPS (1878-1925) : député de la Gauche républicaine de l’Ille-et-Vilaine de 1913 à 1924, il fut à deux reprises sous-secrétaire d’Etat : attaché à la démobilisation en 1919, puis aux Postes et Télégraphes de 1919 à 1921 (1ère division).
-  L’aviateur Marcel DORET (1896-1955) : pilote de raids, il remporta dix huit records internationaux mais ne parvint pas, malgré plusieurs tentatives, à réussir le raid Paris-Tokyo. C’est dans l’une de ces tentatives que les pilotes Le Brix et Mesmin perdirent la vie : Doret fut le seul survivant. Il fut également pilote de voltige, puis pilote de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.
-  Le romancier, poète, et directeur de publication Edouard DUCOTÉ (1870-1929), qui fut un proche de Gide (4ème division).
-  L’écrivain Roger DUGENY (1916-1994) (8ème division).
-  ERTÉ (Roman de Tyrtov : 1892-1990) : issu d’une famille aristocratique russe, il devint un dessinateur et illustrateur d’inspiration clairement Art déco. Son style est reconnaissable entre tous, et exerça une influence sur l’art de son époque : personnages élancés et sophistiqués, aux costumes fortement influencés par des fantasmatiques orientales (byzantines, arabes…) ; omniprésence des tissus bouffants et des drapés riches… Il travailla tant dans le domaine de la gravure (pour l’illustration) que dans celui des décors de théâtre, de revues ou de films de cinéma. On lui doit également des sculptures en bronze. Sa tombe, dalle somme toute ordinaire, reproduit les initiales qu’il s’était choisi pour pseudonyme (R et T) selon le modèle qu’il avait lui-même créé pour illustrer l’abécédaire (9ème division).
-  L’artiste lyrique Mireille FERRY (1933-1987).
-  Le sculpteur Siméon FOUCAULT (1884-1923), Prix de Rome en 1912, qui mourut prématurément. Une de ses statues orne sa tombe.
-  Le tombeau de famille GEORGE regroupant Félix (1858-1928) poète et membre de la Société des Gens de Lettres, Octavie (1859-1917), membre de la même société et Anna (+1929), artiste peintre. La tombe est recouverte de roses en bronze et de poèmes de Félix George, qui ne semble pas avoir eu une renommée durable !
-  L’historien Gilbert HATRY (1919-1992), qui fut le spécialiste de l’histoire de Renault et des usines automobiles qu’il fonda (9ème division).
-  Le peintre Leonidas INGLESIS (1882-1972), qui repose sous une stèle surmonté d’un clocheton à bulbe, et orné d’une icône en mosaïques (7ème division).
-  Le poète postsymboliste russe Vladislav KODASSEVITCH (1886-1939), qui vécut à Berlin, à Prague puis à Paris. Il fut le compagnon de la poétesse Nina Berberova. S’il occupe une place importante dans la littérature russe, il est peu connu en France (2ème division).
-  Le coureur de demi-fond Jules LADOUMÈGUE (1906-1973), qui après avoir battu le record de France du 3000m en 1927, être devenu médaille d’argent aux JO d’Amsterdam en 1928, avoir été tous les ans champion de France du 1500m entre 1928 et 1931 et avoir établit sept records du monde du 1000 eu 2000m entre 1930 et 1931, fut radié à vie en 1932 pour violation des règles de l’amateurisme. Héros populaire, 400 000 spectateurs vinrent lui rendre hommage sur les Champs-Élysées en 1935, mais sa carrière n’en fut pas moins brisée. Au-delà de son cas personnel, il fut le symbole de la lutte entre amateurs et professionnels qui déchirait les milieux sportifs de l’entre-deux-guerres. De nombreux complexes sportifs portent son nom, en particulier le stade de la porte de Pantin (8ème division).
-  Alphonse LE GALLO (1902-1965) : socialiste français, il fut maire de Boulogne de 1944 à 1965 et député de la Seine de 1962 à sa mort (bordure nord).
-  L’historien, écrivain et journaliste polonais Aleksander LITWIN (1909-1984) (9ème division).
-  Pierre LOCTIN (1931-1994), journaliste sportif sur France Inter (9ème division).
-  L’acteur Michel MARSAY (Maurice Maynier : 1913-1986), qui tourna des années 30 aux années 50 (Source Yvan Foucart).
-  Auguste MAURAGE (1874-1925) : compositeur, violoniste, chef d’orchestre et pédagogue belge, il mourut à Buenos-Aires. Une plaque dédicatoire en bronze offerte par ses élèves orne sa tombe (4ème division).
-  Henri PÉLISSIER (1889-1935) : coureur cycliste, il fut un des héros populaires de ce sport dans les années 20. De son immense palmarès, on gardera sa victoire du Tour de France 1923. Il fait partie des 19 cyclistes ayant remporté des étapes sur une période de 10 ans ou plus dans toute l’histoire de cette course. Il fut tué par sa compagne lors d’une dispute conjugale. Il appartenait à la fratrie Pélissier avec ses frères cadets Francis (inhumé dans ce cimetière mais dans une autre tombe) et Charles (inhumé au cimetière de Montrouge) (3ème division).
-  Francis PÉLISSIER (1894-1959) : frère du précédent, coureur cycliste entre 1919 et 1931, surnommé « le Grand » ou encore « le Sorcier », il remporta un grand nombre de courses comme le Paris-Tours, le Paris-Bordeaux, et deux étapes du Tour de France. Il fut en outre champion de France en 1921, 1923 et 1924. Il fut ensuite directeur sportif et entraîna Jacques Anquetil. (6ème division).
-  Claude PÉRAN (Claude Grosjean : 1913-1983) : réalisateur, producteur et acteur français, il fut crédité sur quelques films dans les années 40 et 50 (dont Quai des orfèvres). Il fit en outre du doublage, et fut en particulier l’une des voix française de Humphrey Bogart (3ème division).
-  Le violoniste Octave PIMBERT (1883-1953) (1ère division).
-  Le journaliste Raymond RAGEAU (1915-1993), qui fut membre fondateur,en 1961, de l’Union Pacifiste de France. Sur sa tombe, une plaque annonce la couleur : deux bras brisent un fusil.
-  Le sculpteur Joseph RIVIÈRE (1912-1961), tenant de la tradition classique. Il fut l’un des fondateurs, en 1948, du Salon de la jeune sculpture. On lui doit plusieurs monuments aux morts dans les Vosges, dont ceux de Charmes et de Luxeuil (1ère division).
-  Emmanuel ROBLÈS (1914-1995) : écrivain français. Amoureux de l’Afrique du nord, il dirigea la collection Méditerranée pour éditer les principaux romanciers musulmans d’expression française. On lui doit également plusieurs romans (l’Action, la Croisière). Il fut également membre de l’Académie Goncourt (9ème division).
-  Le peintre et décorateur d’intérieur russe Alexandre SEREBRIAKOFF (1907-1994), dont l’œuvre la plus connue en France est l’aménagement du parc et du château de Groussay. Il fut également un illustrateur d’ouvrages (4ème division).
-  Le comédien Gérard SETY (Gérard Plouviez : 1922- 1998) : imitateur et vedette de music-hall, il connut le succès avec un numéro de transformisme qui connut un succès planétaire. Il joua également au théâtre et au cinéma, où il interpréta un très grand nombre de rôles entre 1945 et 1995. On pourra citer, pour ses derniers rôles, une apparition dans Les Visiteurs et surtout le rôle du Docteur Gachet dans le Van Gogh de Pialat. (Source : Yvan Foucart).
-  Claude TARDITS (1921-2007) : ancien résistant, il devint ethnologue sur le tard après avoir suivit la formation de Claude Levi-Strauss. Il travailla sur l’Afrique, et plus particulièrement au Cameroun, chez les Bamouns auxquels il consacra sa thèse. Devenu spécialiste de ce pays, il enchaîna les conférences internationales et les publications.
-  Renée Jerôme-THARAUD (Renée Curet-Puget : 1878-1963) : sous le nom de Renée Parny, elle fut actrice dans la troupe de Lucien Guitry et joua avec Sarah Bernhardt. Après un premier mariage, puis une liaison avec Pierre Louÿs, elle épousa Jérôme Tharaud (qui repose au cimetière Montmartre) (3ème division).
-  L’aviateur Jean VINCENT (1906-1937), tué accidentellement lors d’un meeting aérien à Amiens. Initialement, sa tombe était ornée d’un buste en bronze par Jeanne Loyau qui a disparu (bordure nord).
-  Le peintre Cyrille Thano ZAPHIRATOS (1961-1998) (8ème division).


Commentaires

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BOULOGNE-BILLANCOURT (92) : nouveau cimetière
dimanche 25 mai 2014 à 14h39 - par  Christine Grosjean

Claude Péran (Claude Grosjean pour l’état-civil) est mort en 1963 (et non en 1983 comme indiqué) et il était comédien (cinéma, théâtre, doublage, direction de doublage) et non pas réalisateur.

Merci de faire éventuellement les corrections.

Christine Grosjean, sa fille.

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BOULOGNE-BILLANCOURT (92) : nouveau cimetière
mercredi 9 octobre 2013 à 07h11 - par  Greg

Joss Baseli voyait encore les touches à 156 ans ? :’-))

Petite moquerie d’une grande facilité, je le sais, pardon Philippe ;-)

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BOULOGNE-BILLANCOURT (92) : nouveau cimetière
samedi 6 août 2011 à 22h24 - par  Lilia Kuzmina

Bonjour !
C’est dommage, qu’il n’y ya pas d’adresse du cimetiere ... :(
Tres attentivement,
Lilia Kuzmina

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dimanche 7 août 2011 à 11h37 - par  Lilia Kuzmina

Cher Philippe !
Merci beaucoup pour votre reponce. J’ai trouve beaucoup d’information sauf l’adresse.
Maintenant je sais qu’il faut prendre metro, ligne M9 jusqu’au Marcel Sembat. Puis suivre bd. Jean Jauree jusqu’au av. Pierre Grenier.
Si j’ai bien compris l’entree au cimetiere est de cote de cette avenue.

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dimanche 7 août 2011 à 07h48 - par  Philippe Landru

On me fait régulièrement ce reproche. En réalité, si le cimetière est celui d’une grande ville (comme c’est le cas de Boulogne), vous pouvez très facilement la trouver sur le net. Si c’est un petit village, l’adresse n’a strictement aucun intérêt. N’oubliez pas que si vous désirez contacter par écrit un cimetière, il faut passer, pour les villages, par la mairie.

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vendredi 14 février 2014

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